Les tests négatifs au Covid, exigés pour voyager, ont déjà fait l'objet de fraude: comment s'assurer de leur authenticité?

Coronavirus : les tests négatifs exigés pour voyager ont déjà fait l'objet de fraude
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Coronavirus : les tests négatifs exigés pour voyager ont déjà fait l'objet de fraude - © Anton Petrus - Getty Images

Un test PCR négatif. C’est un peu devenu le Graal pour pouvoir voyager. De nombreux pays l’exigent avant de vous autoriser à pénétrer sur leurs territoires. C’est le cas de la France, ou de l’Espagne, par exemple.

La Belgique l’exige aussi : toute personne n’ayant pas sa résidence principale en Belgique, et se rendant en Belgique pour plus de 48 heures, doit présenter un résultat de test négatif, sur base d’un test réalisé au plus tôt 72 heures avant son départ (et par ailleurs, rappelons-le, le voyage doit être considéré comme essentiel).

Pas de formulaire type, ni d’authentification

Quelle forme prend ce document ? Il y a bien quelques critères : le document doit être produit en néerlandais, français, allemand ou anglais. Il doit indiquer la date du prélèvement, le test doit être un test PCR, et l’analyse doit avoir été réalisée dans un laboratoire officiel du pays du voyageur et certifiée par un médecin ou pharmacien biologiste (équivalent n°Inami). Mais il n’y a pas de formulaire type, ni d’authentification : il s’agit simplement du formulaire reçu du laboratoire.

Des cas de fraude avérés

Chaque pays a ses propres exigences mais tous rencontrent les mêmes problèmes : sans standardisation, et sans authentification, la falsification est possible. Et il y a déjà eu des cas : Europol, l’agence européenne spécialisée dans la répression de la criminalité, vient d’alerter sur le fait que de faux certificats de test COVID-19 se vendent sous le manteau. Un réseau vendant des tests négatifs aux passagers a été démantelé à l’aéroport Charles De Gaulle, à Paris. Au Royaume-Uni, des fraudeurs ont été surpris en train de vendre de faux documents pour une centaine d’euros, et en décembre, une personne a été arrêtée en Espagne pour avoir vendu de faux résultats de test pour 40 euros.

Des contrôles par les compagnies aériennes et la police

Qui contrôle ces tests ? Le résultat du test doit être vérifié par le transporteur (les compagnies aériennes notamment) avant l’embarquement. Si le document n’est pas disponible, le passager ne peut pas être pris en charge. Pour les personnes arrivant en Belgique par leurs propres moyens, des contrôles aléatoires peuvent être menés au niveau des frontières.


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La police fédérale indique qu’elle contrôle avec les moyens qu’elle a à sa disposition, et que si elle a des soupçons, elle peut contrôler, par exemple, le nom du laboratoire. Elle rappelle aussi qu’un faux est une infraction grave, punissable par la loi. Mais, par la voix de son porte-parole, elle insiste surtout sur le fait qu’il est de la responsabilité de chacun de fournir des formulaires corrects, que le but de ces mesures est avant tout de nous permettre de sortir de cette crise.

La mise en place d’un document plus officiel, et donc plus sécurisé, est compliquée. Cela demanderait un accord international, et poserait des questions de protection des données, à l’image du débat qui entoure l’éventuelle création d’un passeport vaccinal. Les autorités comptent donc sur une collaboration solidaire de tous les citoyens, dans leur propre intérêt.

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