Coronavirus : les règles de distanciation pas toujours respectées sur les chantiers

Depuis l’annonce des mesures de confinement du Conseil national de sécurité, le secteur de la construction fonctionne au ralenti. Certains chantiers ont été interrompus, cependant d’autres se poursuivent avec des règles pas toujours faciles à appliquer. Les mesures annoncées pour lutter contre la propagation du coronavirus prévoient qu’en cas d’impossibilité d’organiser du télétravail, une entreprise puisse poursuivre ses activités à la condition de respecter les consignes de distanciation physique entre les travailleurs. Et ce n’est pas toujours évident à mettre en place.

À six dans une camionnette

La rédaction de la RTBF a d’ailleurs reçu le témoignage de Pascal Rimeau, contrôleur de travaux pour la ville de Nivelles : "J’ai remarqué que de nombreux ouvriers ne respectaient pas les consignes de distanciation. J’ai vu notamment une camionnette avec 6 ouvriers à l’intérieur, ce qui est totalement interdit en cette période". Pascal insiste, s’il a tenu à témoigner c’est parce qu’il faut que tout le monde y mette du sien pour enrayer la propagation. "Je me rends bien compte que c’est difficile pour un petit entrepreneur de faire respecter ces consignes et je ne souhaite pas mettre fin à certains chantiers, bien au contraire. Ce signal d’alarme c’est aussi pour mieux prévenir des éventuels futurs contrôles. Le maître d’ouvrage a l’obligation de bien faire passer le message aux ouvriers. Parfois c’est plus compliqué comme ce sont des ouvriers étrangers mais il faut pouvoir leur donner une traduction".

Fermeture de chantiers

Le non-respect des règles de distanciation a déjà été sanctionné à plusieurs reprises depuis l’annonce des mesures par le Conseil national de sécurité. Plusieurs chantiers ont même été fermés par la police mercredi dans les provinces de Luxembourg, de Namur et de Flandre orientale. "La police a suspendu plusieurs chantiers et retenu des camions. Ce que nous déplorons", explique à l’agence Belga Jean-Pierre Waeytens, l’administrateur délégué de Bouwunie, la fédération des PME flamandes.

Selon la CSC bâtiment industrie et énergie (CSC-BIE), des mesures insuffisantes ont été prises sur certains chantiers. "De nombreux ouvriers se plaignent de devoir covoiturer, de ne pas avoir de désinfectant ou de savon pour se laver les mains, de l’absence de moyens pour désinfecter les outils et les engins de chantier, de devoir partager les réfectoires avec un grand nombre de personnes, ou encore de problèmes de communication avec certains sous-traitants étrangers qui ne comprennent pas toujours la langue", relève le syndicat, qui rappelle que la "préservation de la santé des travailleurs doit être la seule et unique ligne de conduite".

"Tout est fait pour bien informer"

Du côté de la Confédération Construction, on est au courant du problème. "C’est surtout la question de la distance sociale qui est problématique. On encourage vraiment les travailleurs à ne pas être trop nombreux dans les véhicules et d’en utiliser plusieurs pour ne pas être trop nombreux dans les camionnettes. Dans la mesure du possible, le mieux est aussi de prendre son véhicule personnel pour se rendre sur un chantier". Explique Sven Nouten, porte-parole de la Confédération. Il ajoute : "Depuis l’annonce des mesures, nous avons mis toutes les informations pour les professionnels du secteur sur notre site internet. On est au courant des difficultés de maintenir les distances et particulièrement dans les transports et nous insistons bien sur ce point. Le plus important pour nous, c’est que tout le monde soit bien informé". D'autant plus que les contrôles des autorités se sont poursuivis durant toute la semaine et cela devrait encore être le cas la semaine prochaine.

Un secteur durement touché

Le secteur de la construction subit de plein fouet l’épidémie de coronavirus. Selon une enquête de la Confédération Construction à laquelle ont participé 820 entreprises à travers tout le pays, deux entreprises sur trois rencontrent de sévères difficultés à cause de la crise et des mesures en vigueur. Quatre sociétés du secteur sur dix ont tout simplement suspendu leurs activités. Ajoutez à cela que l’acheminement en matériaux se fait de plus en plus difficile, n’en jetez plus la coupe est pleine.

Seule éclaircie dans la grisaille, le gouvernement fédéral a répondu à la demande du secteur d’étendre le chômage temporaire pour force majeure. Toutes les entreprises du secteur de la construction qui introduisent désormais un dossier de chômage temporaire à l’ONEM pourront invoquer la "force majeure".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK