Coronavirus : les anticorps ne resteraient que deux à trois mois dans le sang

Coronavirus : les anticorps ne resteraient que deux à trois mois dans le sang
Coronavirus : les anticorps ne resteraient que deux à trois mois dans le sang - © WIN MCNAMEE - AFP

Les personnes atteintes de Covid-19 ne garderaient les anticorps dans leur sang que durant une courte période. Selon diverses études chinoises, ceux-ci ne seraient en effet observables que deux à trois mois dans le sang des personnes infectées.

Pour d’autres virus semblables, tels que le SRAS ou le MERS, les anticorps ne sont décelables que jusqu’à un an tout au plus. Les conséquences de ces résultats sur l’immunité contre le Covid sont encore peu claires.


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Une étude menée auprès de 179 malades du Covid-19 dans la ville de Wuhan, source du virus, a notamment montré que dix pour cent d’entre eux n’avaient déjà plus aucune trace d’anticorps après quelques semaines seulement.

Pour trois quarts d’entre eux, ceux-ci avaient disparu après deux à trois mois seulement.

C’est auprès des malades asymptomatiques que les traces d’anticorps disparaissent le plus rapidement, selon les recherches.


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Menée sur quelques mois, cette étude en appelle d’autres, bien entendu. Notamment pour relever la moyenne d’âge (41 ans) des malades observés.

Les plus âgés perdent plus rapidement leurs anticorps. "Mais ce n’est pas parce que des anticorps disparaissent ou diminuent très fort, que l’individu n’a plus de protection", précise Yves Van Laethem.

Porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus, l’infectiologue trace les limites de cette étude et, par conséquent, de ses résultats.

D’autres outils peuvent lutter contre le virus : "surtout les cellules-mémoires. Les anticorps sont faits par une partie de nos lymphocytes (les B) et certains d’entre eux servent de mémoire. On y stocke la capacité de refaire éventuellement des mois ou des années plus tard le même type d’anticorps."

Cette étude ne s’est pas intéressée à l’existence de ce type de mémoire immunitaire, "mémoire qui pourrait être rapidement lancée dans le cas d’un retour du virus, pas plus qu’elle ne s’est intéressée à la présence d’autres lymphocytes (T) qui attaquent directement les cellules infectées pour les détruire."

Voilà des possibilités d’immunités qui "viendraient à la rescousse du déclin assez précoce des anticorps."

L’infectiologue élargit la réflexion aux vaccins : "leur étude nous dira si le vaccin est meilleur que l’immunité naturelle."