Coronavirus : "Le système sanitaire belge est solide" et prêt à absorber la crise, selon François Perl (Inami)

A l’heure où l’Italie tout entière est désormais placée sous quarantaine, l’épidémie de coronavirus continue d’inquiéter chez nous. Faut-il imiter nos voisins transalpins ? Pour François Perl, directeur général du service des indemnités de l’Inami, le système belge est pourtant plus résilient, ce qui explique que nous ne soyons pas réduits à de telles mesures. "L’épidémie n’est pas encore étendue au point que les hôpitaux doivent s’organiser pour faire face à un afflux de malades, expliquait-il ce mardi au micro de Matin Première. D’autre part parce qu’il a des éléments de résilience par rapport à d’autres systèmes qui le rendent très solide."

Parmi ces éléments, une très bonne couverture géographique, avec une très forte densité hospitalière : 102 hôpitaux aigus répartis sur 198 sites distincts (rapport KCE 2016). "Il y a également une bonne couverture en termes de lits de soins intensifs et aigus, parce que ça ne sert à rien d’avoir des lits hospitaliers s’ils ne peuvent pas accueillir des personnes en situation d’urgence", note François Perl. Il ajoute que la Belgique est le "quatrième pays européen en termes de couverture hospitalière par habitant" (avec 5,64 hôpitaux pour 1000 habitants en 2018, selon les chiffres de l’OCDE).

On ne peut pas mettre un policier ou un médecin derrière chaque citoyen

Pourtant, la Chine et l’Italie aussi ont des hôpitaux, et ont pourtant été dépassés et contraints au confinement. Pour François Perl, cette situation ne risque pas d’arriver en Belgique grâce à "une très bonne première ligne de soin", c’est-à-dire les médecins généralistes. "En Chine, il n’y a pas de médecine générale, explique-t-il. Tous les malades se sont précipités dans les hôpitaux, qui ont été saturés." En Italie, c’est sans doute aussi ce qui s’est passé. C’est ce qui motive la mesure prise ce lundi par le collège des médecins : prendre des consultations par téléphone, sans que le patient n’ait besoin de se déplacer. "Il s’agit de créer une sorte de tampon entre l’épidémie et les urgences pour éviter d’engorger avec des cas qui ne sont pas urgents, ne nécessitent pas d’hospitalisation", précise François Perl. D’autant que le test est désormais totalement gratuit : "l’Inami a décidé de suspendre la tarification", affirme le directeur général du service des indemnités.


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L’enjeu, désormais, est de rendre la courbe de l’épidémie absorbable par le système de santé belge. Pour cela, il ne faut pas précipiter les choses, estime le directeur général du service des indemnités de l’Inami : "il faut prendre des mesures qui ont une réelle efficacité, qui sont proportionnées à la situation. Dire 'on va tout fermer' n’a pas beaucoup de sens si on ne sait pas l’appliquer !" Au lieu du confinement, la priorité est donc de respecter les précautions déjà édictées : se laver les mains régulièrement, ne plus s’embrasser ou se serrer la main pour dire bonjour, etc. "On ne peut pas mettre un policier ou un médecin derrière chaque citoyen", admet François Perl. Et pourtant, c’est bien avec ce genre de mesures que l’on a pu réduire les contaminations pour d’autres épidémies, comme Ebola.


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Se laver les mains est "un premier rempart". La seconde étape, c’est d’interdire par exemple les rassemblements. Des mesures "rationnelles, qui peuvent avoir un impact réel", selon François Perl. Quant à savoir si la lasagne institutionnelle pourrait créer la confusion dans la gestion de l’épidémie, le directeur général du service des indemnités de l’Inami estime que les choses ne sont pas aussi complexes qu’on le croit. "Au niveau de la gestion sanitaire, les compétences sont très clairement définies : c’est le fédéral, le SPF Santé publique et Sciensano, explique-t-il. On est dans un modèle collaboratif […] On a quatre ministres réellement opérationnels, les régions et le fédéral, et il y a une très bonne coordination entre ces instances."

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