Coronavirus : "Le système hospitalier belge est prêt" si une seconde vague d'hospitalisations devait arriver

Coronavirus en Belgique : "Le système hospitalier belge est prêt" si une seconde vague d'hospitalisations devait arriver
Coronavirus en Belgique : "Le système hospitalier belge est prêt" si une seconde vague d'hospitalisations devait arriver - © OPHELIE DELAROUZEE - BELGA

Depuis la mi-juillet, le nombre de cas de coronavirus augmente significativement en Belgique, faisant planer l’ombre d’une seconde vague, dont l’importance dépendra de l’efficacité des stratégies de testing, de suivi de contacts, et de l’application des gestes barrières par la population. Depuis ce mardi 21 juillet, une tendance à la hausse est également remarquée au niveau des hospitalisations, bien qu’il soit trop tôt pour dire si elle est réellement significative.

Pas trop tôt en été, ni trop tard en hiver…

Le docteur Jacques Creteur, chef de service des soins intensifs de l’hôpital Erasme de Bruxelles, tient à rassurer sur la capacité des hôpitaux à encaisser une possible seconde vague, en insistant sur le fait que la période où elle arrivera est cruciale. "Tout le système hospitalier belge a beaucoup appris de la première vague. Le plan d’urgence hospitalier est capable d’être relancé dans sa phase active assez rapidement dans tous les hôpitaux. Nous avons appris à très rapidement mobiliser les unités d’hospitalisation dédiées aux malades covid. Mobiliser, et augmenter la capacité des unités de soins intensifs aussi. Je pense clairement que les hôpitaux sont prêts."

"Le problème majeur que je vois, c’est la période. C’est-à-dire que si effectivement nous constatons une augmentation conséquence des cas hospitaliers, ce qui n’est pas encore le cas, le moment où va arriver cette deuxième vague est important. Les hôpitaux, en été, ont une baisse d’activité, car il y a moins d’hospitalisations et de chirurgies programmées, et donc il y a moins de personnel, qui en plus, récupère aussi de la première vague. Donc si ce serait probablement une limitante si cette seconde vague devait arriver tôt en été. Maintenant si elle arrive plus tard, en hiver, ce serait la coïncidence avec la grippe classique. La période à laquelle cette deuxième vague arrive est importante."

Ce que confirme le Dr Philippe Olivier, directeur médical de l’hôpital du MontLégia à Liège. "L’enjeu d’une deuxième vague va être le momentum. Pendant la période estivale évidemment, une partie du personnel est en congé alors que l’autre partie est toujours au poste, n’a pas encore pris ses congés, et peine, quelque part, à récupérer de la première vague. Une seconde vague, en plein été, serait plus difficile à gérer."

Et d’ajouter, que si deuxième vague importante il y a dans les soins intensifs, le personnel de certaines unités serait réquisitionné pour les unités covid, et le fonctionnement "normal" de l’hôpital serait affecté. "On pourrait devoir de nouveau revenir à des annulations d’activités chirurgicales programmées".

Moins de cas sévères, mais personne n’est à l’abri de complications

Une caractéristique importante de cette recrudescence de cas, est que ce sont les personnes entre 20 et 45 ans qui sont principalement touchés, alors que lors de la première vague, c’étaient plutôt les personnes âgées les plus touchées (comme l’illustre notre article mettant en graphiques les principaux chiffres du coronavirus en Belgique). "Ce sont les corps d’âge les plus exposés qui gardent leurs mesures de sécurité et leur niveau de vigilance extrême, et ce sont les populations qui sont le moins exposées et qui donc mesurent moins le risque qui ont plus rapidement diminué la garde", commente le directeur médical de l’hôpital du MontLégia.

Un pattern qui a une incidence sur les hospitalisations, précise Jacques Creteur d’Erasme. "Ce sont des personnes qui font, statistiquement, des maladies au coronavirus beaucoup moins sévères que les autres, et ça explique pourquoi, en parallèle à l’augmentation des cas, il n’y a pas actuellement pas une augmentation importante des hospitalisations. Et dans les unités de soins intensifs, on est très très loin d’avoir beaucoup de cas."


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Mais de rappeler que personnes n’est à l’abri de complications face à ce virus, et que chacun d’entre nous a la responsabilité de continuer à appliquer les gestes barrière et de porter le masque. "Si, statistiquement, c’est vrai que les jeunes font des maladies moins graves, nous avons tous eu des cas des patients de moins de 40 ans, même de moins de 30 ans, qui sont restés des semaines en unité d’hospitalisation, ou dans les unités de soins intensifs. Et certains sont mêmes décédés. Ça n’épargne aucune tranche d’âge."

Continuer à appliquer les gestes barrières

"Il ne faut pas négliger la situation, et la population doit comprendre, qu’à côté des décisions politiques, il y a la responsabilité de tout un chacun de continuer à avoir les gestes barrières et de porter le masque. Le virus continue à circuler, c’est clair et net. On sort d’une période terrible de trois, quatre mois, et maintenant c’est l’été, je comprends que les gens aient envie de plus de liberté, mais je pense qu’ils doivent comprendre qu’il va de notre responsabilité maintenant d’éviter que ça reflambe, car nous allons très vite reperdre tout ce qu’on a gagné ces dernières semaines."

"La baisse des comportements de type barrière, ajoute Philippe Olivier de Montlégia, va faciliter la circulation du virus et pourrait lui ouvrir un boulevard". Et de rappeler qu’il s’en est fallu de peu pour que le système hospitalier soit débordé lors de la première vague. "Les hôpitaux sont un peu le système d’airbag du système de santé dans le cadre du covid. Un airbag, on fait tout pour ne pas devoir s’en servir. Si les hôpitaux sont débordés, après il n’y a plus rien derrière. Il faut donc absolument tout faire pour ne pas revenir à la situation que l’on a connue lors de la première vague. On s’est félicité que le système hospitalier ait tenu bon, mais il était quand même moins une. Il s’en est fallu de peu pour qu’il ait une saturation des structures de soins."


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JT du 22/07/2020 - Hopitaux prêts pour une 2eme vague ?

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