Coronavirus : le surplus de pommes de terre pousse un agriculteur à en faire don aux associations

Coronavirus: le surplus de pomme de terre pousse un agriculteur à en faire don aux associations
Coronavirus: le surplus de pomme de terre pousse un agriculteur à en faire don aux associations - © Tous droits réservés

La demande s’est écroulée dans le secteur de la pomme de terre. Résultat : des stocks en excès et des patates sans valeur. L’année sera noire pour les producteurs. La demande mondiale en frites, en pommes de terre a chuté de 40%. Face à ce surplus, le don aux associations est une piste.

Christian Fayt a fait ce choix. Il produit 3000 tonnes de pomme de terre annuellement. Récoltées en octobre, elles attendent patiemment dans son hangar mais avec la chute de la demande, impossible de trouver preneur : "Les industriels honorent d’abord leurs contrats. Moi il me reste 250 tonnes qui n’ont pas de contrat. Cela veut dire que je cherche le moment opportun pour les vendre au meilleur prix mais sans aucune demande… Elles ne valent plus rien et comme elles arrivent à leur point de germination, dans un mois elles ne seront plus consommables alors je me suis dit qu’il valait mieux en faire dont à ceux qui en ont besoin".

Associations au rendez-vous

Avec plusieurs dizaines de tonnes disponibles, les associations ne se sont pas fait prier et ce lundi matin, avant 8 heures, plusieurs remorques attendaient déjà avidement les précieuses bintjes car le besoin en repas pour les plus démunis reste très important : "C’est vrai que c’était devenu une denrée rare au début du confinement. Tout le monde, par peur sans doute, s’est jeté sur ces patates dans les supermarchés. Nous comptons toujours sur les invendus pour la distribution aux gens qui bénéficient de nos services et nous n’en avions plus à leur proposer. Nous avons sauté sur l’occasion dès qu’on a vu un message publié sur Facebook", explique Véronique Bol, responsable des invendus à la Croix-Rouge de Jumet.

Des solutions pour le secteur ?

Un beau geste contraint et forcé pour cet agriculteur. Les industriels n’en veulent pas, même gratuitement. Alors ces quantités importantes qui partent pour les associations représentent déjà une partie en moins à jeter ou envoyer pour la biométhanisation ou l’utilisation en nourriture pour le bétail. Et donc, moins à transporter aussi avec une série de coûts supplémentaires.

Mais de nombreux autres producteurs se retrouvent parfois avec des centaines voire des milliers de tonnes sur les bras. Des interpellations à ce sujet ont eu lieu au niveau du Parlement wallon. On a aussi discuté du sort des producteurs au niveau européen pour relancer les exportations afin de tenter de compenser une partie des pertes.

Au Pays-Bas, les agriculteurs reçoivent déjà 50 euros par tonne perdue. De quoi compenser un tiers du prix de revente habituel pour cette denrée.

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