Coronavirus : le spot publicitaire fédéral des six règles d'or a fait l'objet d'une plainte devant le Jury d'Ethique publicitaire

Ce spot est diffusé en TV, en radio et sur les réseaux sociaux.
Ce spot est diffusé en TV, en radio et sur les réseaux sociaux. - © Centre de crise

"Six règles d’or contre le coronavirus". Cette formule ponctue les différents spots publicitaires officiels des autorités fédérales visant à sensibiliser la population aux gestes de sécurité. Mais l’un d’eux n’a pas été au goût d’un citoyen belge. Celui-ci a introduit une plainte auprès du JEP, le Jury d’Ethique publicitaire, qui l'a jugée non fondée. 

Que vise cette plainte, adressée en néerlandais ? Elle pointe l’un des spots de la campagne (sur un total de neuf capsules), celui illustrant une jeune femme, présentant la photo d’un public à un festival. La voix off, en radio, en télé, comme sur les réseaux sociaux, dit : "Je le fais parce que je ne veux pas vivre un autre été sans festival". Comprenez : je suis les règles pour ne plus être privée de grands événements musicaux. Rappelons que les festivals et les concerts ont été annulés pendant le déconfinement afin d’éviter les rassemblements de masse.

La culpabilité des jeunes actifs

Pour le plaignant, "le message de cette campagne est manipulateur et repose sur un mensonge". Pour lui, suivre les règles ou non "n’affectera pas le nombre de festivals l’été prochain". Selon ce citoyen et ce que rapporte le JEP, "ce qui a une influence, c’est la disponibilité d’un vaccin". Il ajoute que sur base de la stratégie actuelle, "il n’y a pas de corrélation entre le comportement des jeunes et la non-organisation des festivals à l’époque".

Dernier élément : il regrette le résultat de cette campagne, qui va faire croire à une minorité, des jeunes actifs, qu’ils sont "coupables" de la situation.

Le Jury d’éthique publicitaire a analysé la plainte et rendu un avis le 7 octobre dernier (publié sur son site Internet). Que dit-il ? Tout d’abord, que le jury "se borne à examiner le contenu du matériel de campagne en question, sans considérer le débat social sur les mesures corona en tant que tel, qui ne relève pas de sa compétence". En clair : le jury ne juge pas le caractère scientifique du message.

Le matériel de campagne concerné ne vise en effet qu’à illustrer

Concernant un éventuel grief vis-à-vis des règles régissant la publicité non commerciale, il rappelle les précisions de l’annonceur : "Neuf images de campagne montrant de vraies personnes, avec de vraies raisons auxquelles chacun peut s’identifier (pour) faire prendre conscience que chacun de nous doit prendre ses responsabilités" et "indiquer que chacun de nous a aussi sa propre raison de suivre les six règles d’or".

Dès lors, pour le Jury, "le matériel de campagne concerné ne vise en effet qu’à illustrer, dans le contexte plus large de la campagne, l’importance d’une des règles d’or sur la base d’un thème pertinent pour un groupe cible particulier, sans toutefois être de nature à culpabiliser ce groupe cible".

Par ailleurs, "l’objectif susmentionné ressort clairement du matériel de campagne concerné", le libellé et les images qui y sont utilisés "sont directement et proportionnellement liés à l’objectif poursuivi par la campagne".

Aucune violation des dispositions légales ni d’autodiscipline du secteur, donc, selon le JEP. Ni de discréditation d’un groupe de population.

Des règles pour le secteur en période de pandémie

On rappellera que dès le début de l’épidémie de coronavirus, le JEP avait instruit plusieurs plaintes contre des publicités liées de près ou de loin au coronavirus. Des avis de retrait ou de modification de plusieurs campagnes avaient été ordonnés.

Des règles ont été édictées auprès des annonceurs par le JEP dans le contexte de pandémie. Exemples : ne pas jouer avec les sentiments de peur mais aussi ne pas mentionner d’allégations "explicites ou implicites sur l’efficacité spécifique" d’un produit pour prévenir le coronavirus ou lutter contre celui-ci.