Coronavirus: le premier cas en Belgique, l'opportunité d'avancer rapidement pour trouver un médicament

Michelle Dusart et Emmanuel André étaient les invités de La Première.
Michelle Dusart et Emmanuel André étaient les invités de La Première. - © Capture d'écran.

Une des 9 personnes rapatriées ce dimanche de la province de Wuhan est infectée du coronavirus. Le patient a été transféré à l’hôpital CHU Saint-Pierre, hôpital de référence pour traiter de la maladie. En Belgique, les chercheurs sont sur le pied de guerre "pour trouver une solution globale comprenant toutes les mesures de santé publique", expliquait dans Matin Première Emmanuel André, microbiologiste et professeur de médecine à la KU Leuven, membre de l’équipe de référence sur les coronavirus.

La Belgique a l’ambition de faire partie de ceux qui apportent une solution

Certes, la priorité reste le patient. Et en Belgique, les laboratoires et les hôpitaux sont mieux préparés. Le CHU Saint-Pierre et les chercheurs de la KULeuven travaillent main dans la main. Pour le patient qui a été diagnostiqué et testé positif au coronavirus, les tests ont pu être effectués très rapidement, car " quand on a les moyens d’aller plus vite on le fait. Et quand il y a une urgence de santé nationale on a été capable de travailler toute la nuit pour faire le diagnostic et le séquençage génomique. A 5h30 du matin, soit en moins de 24 heures, nous étions en mesure d’établir le diagnostic", explique Emmanuel André.


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En réalité, souligne le chercheur, c’est l’interconnexion, au niveau international, de tous les laboratoires de recherche qui permet une réponse si rapide au cas belge. "En Chine, la recherche s’est fortement développée et nos équipes de recherche de la KUL sont en contact avec le centre de virologie de Wuhan. Ce centre a été à la pointe pour diffuser très rapidement les séquences génétiques du virus, ce qui a donné la possibilité aux autres pays d’être mieux préparé."

Vers la recherche d’un médicament

Cette interconnexion se constate au niveau global. "La souche du virus avait déjà été isolée ailleurs et elle devait nous parvenir", indique Emmanuel André. Mais, le fait d’avoir un patient sur le sol belge pourrait accélérer la recherche. Désormais, commente Emmanuel André, "on va pouvoir travailler sur les prélèvements, et même si la priorité est donnée au patient, tout ce qu’on va apprendre va nous servir, au-delà du patient. Avoir la souche va nous permettre de tester l’activité de la molécule de certains médicaments contre ce virus".

Et à nouveau, cette recherche, qui se passe au niveau global, est un vrai plus. Le partage de données et des découvertes réalisées par les chercheurs permettent d’aller plus vite. Par exemple, " cette nuit, des chercheurs de Wuhan ont montré que deux médicaments, déjà disponibles sur le marché ont, in vitro, une très bonne activité contre ce coronavirus. Ce qui va nous permettre, à la KUL, de prendre en compte cela et d’aller plus rapidement vers des médicaments actifs contre ce virus".

Le but est à la fois de trouver un médicament, " de retarder l’épidémie mondiale et de prévenir, par la suite, avec un vaccin. Nous travaillons sur tous les fronts", indique le chercheur.

Coronavirus vs grippe

En attendant la crise sanitaire est bien là. Et, les hôpitaux sont prêts et compétents pour réagir, insistent les spécialistes. "Depuis l’épidémie de Sras (2003, ndlr), on a des unités qui sont préparées pour ça […] et tout notre personnel est formé", rassure Michelle Dusart, médecin chef du CHU Saint-Pierre à Bruxelles.


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Néanmoins, la crise pourrait quelque peu se compliquer. Dans un premier temps, le fait d’avoir séjourné en Chine ne sera bientôt plus un critère discriminant dans la mesure où la contagion aura tendance à s’internationaliser.


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Et, par-dessus le marché, le coronavirus risque de se superposer au virus de la grippe. Ce qui pourrait engorger les hôpitaux, explique la médecin cheffe du CHU Saint-Pierre.

Malgré tout, Michelle Dusart se veut rassurante, expliquant que " 80% des personnes atteintes par le coronavirus ne contractent pas une maladie sévère et 20% contractent une version plus sévère. Mais nous maîtrisons bien la façon de les prendre en charge. Et avec les médicaments qui apparaissent, il n’y a pas de raison de s’en faire". Ce qui n’empêche pas d’être précautionneux. La médecin invite les gens à se faire vacciner contre la grippe.

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