Coronavirus : le dexaméthasone, efficace contre les formes graves, ne doit pas être donné au début de la maladie

Coronavirus : le dexaméthasone, efficace contre les formes graves, ne doit pas être donné au début de la maladie
Coronavirus : le dexaméthasone, efficace contre les formes graves, ne doit pas être donné au début de la maladie - © Bill Oxford - Getty Images/iStockphoto

La dexaméthasone, premier médicament à avoir prouvé qu’il pouvait sauver des malades du Covid-19, ne doit probablement pas être administrée aux patients qui sont aux stades initiaux de la maladie et n’ont pas besoin d’assistance respiratoire, selon les résultats complets d’un essai clinique publiés vendredi.

C’est le seul médicament, avec l’antiviral remdesivir, à faire partie à ce jour de l’arsenal à l’efficacité prouvée contre le coronavirus, grâce à de grands essais cliniques qui ont comparé leurs effets de façon rigoureuse à d’autres traitements (le remdesivir réduit la durée d’hospitalisation mais pas la mortalité), alors que d’autres médicaments, comme l’hydroxychloroquine, ont échoué à montrer un effet.


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Dans la foulée, ces médicaments ont été adoptés dans les recommandations thérapeutiques internationales, et leur production augmente. Le faible coût de la dexaméthasone, un vieux médicament, devrait faciliter son usage dans le monde.

Des résultats prometteurs, confirmés

L’essai britannique Recovery avait annoncé dans un communiqué le 16 juin que la dexaméthasone, un corticoïde (anti-inflammatoire), réduisait d’un tiers la mortalité par rapport aux traitements standards chez les patients intubés, et d’un cinquième chez les patients qui recevaient de l’oxygène mais sans être sous respirateur artificiel.

Les résultats complets de cet essai, très attendus et auquel 15% des patients britanniques hospitalisés pour le coronavirus ont participé, ont été publiés dans la revue médicale New England Journal of Medicine ; ils confirment et détaillent les résultats annoncés en juin.

29,3% des patients intubés ayant pris de la dexaméthasone (6 mg par jour) sont morts dans les 28 jours, contre 41,4% pour les patients intubés ayant reçu un traitement standard, à des âges comparables. La réduction est moindre pour ceux qui recevaient de l’oxygène de façon non invasive (23,3% contre 26,2%).

Les résultats sont les meilleurs chez ceux qui avaient des symptômes depuis sept jours ou plus.

La bonne dose, au bon moment

Les données confirment que la dexaméthasone ne doit pas être donnée aux patients au début de leur maladie, ce qui semble logique, puisque les stéroïdes ont pour but de diminuer la réponse immunitaire. C’est seulement quand la maladie progresse qu’un emballement du système immunitaire apparaît chez le malade et provoque les graves inflammations dans divers organes du corps, qui sont souvent la cause de la mort.

Chez les patients sans assistance respiratoire, le nombre de morts était plus grand dans le groupe dexaméthasone que dans l’autre, une différence statistiquement peu significative, mais les auteurs évoquent un "possible effet nocif".


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"C’est parfaitement compatible avec le fait qu’au début de l’infection, on a besoin du système immunitaire pour attaquer le virus", avait expliqué Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses, en juin à l’AFP.

Les effets bénéfiques de cette famille de médicaments, concluent les auteurs de l’article, "dépendent probablement de la sélection de la bonne dose, au bon moment, chez le bon patient".

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