Coronavirus : le Centre de Crise explique le but exact de la "bulle sociale" et pourquoi il a fallu la maintenir

La bulle sociale de 5 personnes : impensable, impraticable, disent de nombreux citoyens. Indispensable, réplique le centre de crise, qui a justifié cette mesure et son maintien lors du point presse "coronavirus" de 11 heures.

Le nombre de nouvelles contaminations au coronavirus est toujours à la baisse en Belgique. Au cours de la semaine précédente, on a détecté 493 nouvelles infections en moyenne par jour, ce qui constitue à nouveau une baisse. C’est le 8e jour de diminution consécutive. Cependant, l’objectif, à la rentrée scolaire, serait de descendre sous les 100 nouvelles infections par jour d’ici le 1er septembre. On en est loin, mais selon Catherine Jacobs, la porte-parole interfédérale, "c’est réalisable si on porte une attention spéciale et particulière aux règles d’or".

Explications et mise au point sur la "bulle"

Et parmi ces règles d’or, celle de limiter nos contacts physiques. A laquelle est lié le fameux concept, très décrié ces derniers temps, de "bulle sociale". Surtout depuis qu’elle est limitée à 5 personnes.

Antoine Iseux du Centre de crise a tenu à repréciser pourquoi cette mesure était importante pour lutter contre la propagation du Covid-19, et pourquoi elle avait été maintenue : "Limiter nos contacts physiques rapprochés est difficile, reconnaît-il. La 'bulle de contacts rapprochés', c’est limiter les contacts physiques rapprochés (de moins de 1,50 mètre) à un nombre réduit de personnes. Car un contact rapproché permet au virus de passer facilement d’une personne à l’autre".

Or, de nombreuses contaminations ont lieu à la maison : "Quelqu'un a été contaminé à l’extérieur, le ramène au sein de la bulle, et contamine ses proches avec les contacts intenses. Eviter les contacts à risque hors de notre bulle brise les potentielles chaînes de transmission du virus".

Voilà l’explication du Centre de crise après que le Conseil national de sécurité a maintenu la "bulle de cinq personnes" la semaine dernière.

"Les contacts sociaux avec des personnes qui n’appartiennent pas à notre bulle sont toujours possibles", rappelle toutefois Antoine Iseux. Mais uniquement si la distance de sécurité peut être respectée en continu.

Ces rencontres "non encadrées" sont toutefois limitées à 10 personnes pour éviter la multiplication des situations à risque.

Ça marche vraiment ?

Une étude de MedXRiv parue le 1er juillet dernier, non encore relue, a tenté de faire le point sur l’efficacité de ce qu’elle appelle la "bulle domestique".

Elle conclut sur base de modélisations que les bulles domestiques ont le potentiel de réduire le nombre d’admissions à l’hôpital pour le Covid-19 jusqu’à 90%. Le principe est le suivant : "Non seulement le nombre absolu et l’intensité des contacts physiques déterminent la dynamique de transmission et la charge de Covid-19, mais leur répétitivité est également influente. La recherche des contacts semble essentielle pour une libération contrôlée et persistante des mesures de verrouillage, mais nécessite une conformité rapide aux tests, aux rapports et à l’auto-isolement."

Réduire l’interaction avec des contacts répétés, plutôt qu’avec des contacts aléatoires, permet selon les auteurs de retarder le pic d’infections de 37%, de diminuer la hauteur du pic de 60% et cela se traduit par 30% d’individus infectés en moins à la fin de la simulation.

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