Coronavirus : la recontamination est possible, mais pas nécessairement inquiétante

CORONAVIRUS : la recontamination est possible, mais pas nécessairement inquiétante
CORONAVIRUS : la recontamination est possible, mais pas nécessairement inquiétante - © Alex Grimm - Getty Images

Un premier cas de recontamination au coronavirus a été signalé en Belgique. Il s’agit d’une personne testée positive en mars et présentant, une nouvelle fois des symptômes en juin. D’autres cas de recontamination ont été répertoriés à Honk-Kong et aux Pays-Bas. Ce n’est ni étonnant, ni spécialement inquiétant, pour les spécialistes en maladies infectieuses.

Cette Belge, une dame de 50 ans a été positive une première fois en mars. En juin, elle a présenté une nouvelle fois des symptômes, moins forts que lors de la première contamination. La patiente a été testée positive à une autre variante du virus. Son état n’a pas nécessité d’hospitalisation. Ce cas de réinfection au Covid-19 est rare. L’OMS, Organisation mondiale de la Santé, estime d’ailleurs que les cas de réinfection seront très peu nombreux.

La recontamination n’est pas due à un système immunitaire défaillant

Une nouvelle contamination au Covid-19 est-elle le signe que le système immunitaire n’a pas fonctionné correctement ? Le corps a-t-il été incapable de se défendre efficacement contre une nouvelle attaque du virus ? Pas forcément, pour Stéphane De Wit, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint Pierre, à Bruxelles : "L’immunité n’empêche pas de rencontrer de nouveau le virus et de nouveau de l’attraper. L’immunité permet de réagir tout de suite, que le corps réagisse tout de suite, que l’individu se défende et que donc, il ne développe pas de symptômes ou qu’il développe une forme beaucoup moins sévère, beaucoup plus bénigne de la maladie, c’est à ça que sert l’immunité, ça n’est pas une barrière mécanique", explique le spécialiste des maladies infectieuses.

D’autres cas de réinfection au Covid-19 ont été signalés dans le monde, dont un aux Pays-Bas chez un patient âgé, au système immunitaire affaibli. Un autre cas est celui d’un habitant de Honk-Kong, âgé de 33 ans. Il revenait d’Espagne, il était asymptomatique, mais a été détecté positif au coronavirus à son retour au pays. Pour les spécialistes, ces cas assez rares ne sont ni inquiétants ni inédits : "C’est tout à fait commun. La preuve, c’est que vous pouvez faire une grippe en 2019 et refaire la grippe en 2020 et que vous pouvez faire quatre rhumes sur la saison. Nous sommes tous confrontés à tout moment à des agents infectieux et, simplement, si nous avons développé ce qu’on appelle la mémoire immunologique par rapport à ces agents-là, nous allons beaucoup mieux nous défendre contre eux", explique Stéphane De Wit, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint Pierre, Bruxelles.

Pour le Dr Yves Coppieters, épidémiologiste et Professeur de santé publique à l’ULB, "il ne faut pas s’avancer trop vite sur deux ou trois cas. Si le Sars-COV2, le virus du Covid-19, était un véritable virus saisonnier, il disparaîtrait, risquerait de muter en chemin et de revenir à la saison suivante. Là, on risquerait des réinfections. Mais ce n’est pas le cas, le virus reste. Donc, on développe une immunité en continu. On le voit pour les autres coronavirus. Pour le SRAS, on développait des anticorps neutralisants pour deux ans. Les autres coronavirus plus bénins, on développait des anticorps et une immunité pour plusieurs mois. C’est la même chose pour le Covid-19, on développe cette protection parce qu’il est présent. Cette immunité nous protège des réinfections ou, au minimum, des formes graves", estime le Professeur Yves Coppieters.

L’exposition au virus, comme via la vaccination permet au corps d’apprendre à se défendre.

Il est donc essentiel que le système immunitaire se développe et apprenne de son exposition au virus. Les vaccins, lorsqu’ils sont administrés, fonctionnent d’ailleurs sur ce principe, préparer le corps à une future exposition au virus en vue d’en atténuer les effets : "Je pense que, par rapport aux vaccins, ce que cette observation rappelle, c’est que le but essentiel des vaccins va être, dans un premier temps, d’empêcher la survenue d’infections graves, de faire en sorte que le virus ne se multiplie pas dans les poumons et dans l’organisme en général", estime le Professeur Michel Goldman, immunologue à l’ULB.

Il n’y a, à ce jour, pas de recensement précis des cas de réinfection au Covid-19, qui permettrait de mesurer l’ampleur du phénomène. Des patients asymptomatiques, par exemple, ne sont pas testés et passent sous les radars.

Reportage dans notre 13h de ce mardi 25 août :

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