Coronavirus : la pandémie s’accompagne d’une hausse de la cybercriminalité, alerte la directrice d'Europol

A cause du confinement dû à la pandémie du covid-19, de nombreuses personnes sont forcées de travailler à domicile. Selon un rapport d’Europol publié ce vendredi, cela pourrait donner lieu à une hausse de la criminalité en ligne. "Avec un nombre record de victimes potentielles confinées chez elles et utilisant des services en ligne dans l’Union européenne, les moyens des cybercriminels se sont multipliés", écrit l’agence européenne de police criminelle.

Les attaques par "phishing" (hameçonnage) sont ainsi plus nombreuses et plus sophistiquées. "Elles visent des infrastructures critiques, comme les hôpitaux ou les supermarchés", précise Catherine De Bolle, directrice de l'agence, à la RTBF. Le plus inquiétant est que cela demande parfois de débrancher tout un système informatique. C’est ce qui est arrivé en République tchèque, explique la directrice d’Europol, et des opérations urgentes n’ont pas pu se faire.


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Les cybercriminels profitent également de la crise pour lancer des attaques au "ransomware" (rançongiciel en français) : un logiciel installé sur l’ordinateur de la victime (souvent une organisation), qui prend en otage des données et ne les rend qu’après le paiement d’une rançon. "Le ransomware a été la menace cybercriminelle la plus courante ces dernières années, précise Europol. La crise actuelle ne risque pas de changer cette dynamique, car la pandémie peut multiplier l’impact d’une attaque réussie contre certaines institutions."

Pédopornographie et arnaques sur les produits de santé

Europol s’inquiète également de la hausse des agressions pédophiles et de l’exploitation de données pédopornographiques, de plus de 50%. "De nombreuses personnes appellent sur les hotlines des Etats membres pour nous le signaler", explique Catherine De Bolle. Sur certains serveurs de discussion surveillés, des utilisateurs évoquent la situation actuelle, où beaucoup d’enfants passent plus de temps en ligne sans surveillance, et s’exposent à des agresseurs potentiels, notamment via les jeux vidéo ou les réseaux sociaux. Les adultes en télétravail ne seront pas toujours capables d’assurer une assez bonne surveillance, estime Europol.


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L’agence de police note toutefois que certaines pratiques n’explosent pas, notamment la vente de produits illicites sur le "dark web". "Pour les drogues, cela va dépendre des chaînes de livraison, précise Europol. Si cela devient plus difficile pour certains d’obtenir les drogues qu’ils veulent, les personnes accros pourraient essayer de trouver un autre moyen de s’en procurer." En revanche, la forte demande de matériel sanitaire, comme des masques FFP2 et FFP3 fait craindre à Europol une hausse des ventes frauduleuses. "Vous devez être sûr que vous achetez dans un environnement fiable, auprès d’une entreprise fiable, et que les masques ont été testés", rappelle Catherine De Bolle.



Enfin, l’agence avertit des risques de la désinformation en ligne. "Les criminels voient que de nombreuses personnes ont peur et cherchent des informations sur la crise du covid-19, explique Catherine De Bolle. Elles veulent aussi acheter des biens pour se protéger et protéger leur santé. Les criminels abusent de cette situation." Certains se font notamment passer pour des figures d’autorité, face à des personnes vulnérables et notamment les personnes âgées.

Et en Belgique ? "Nous sommes très vigilants et prêts à agir, estime Eric Snoek, directeur général de la Police Judiciaire Fédérale. Le plus important reste la prévention, le centre pour la cybersécurité en Belgique fait son œuvre de ce côté-là."

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