Coronavirus : la mobilisation s'organise autour des femmes victimes de violences conjugales

Le huis-clos familial risque de provoquer une augmentation des violences conjugales
Le huis-clos familial risque de provoquer une augmentation des violences conjugales - © MARTIN BUREAU - AFP

Le confinement que nous connaissons actuellement pourrait engendrer une augmentation des violences intrafamiliales. C’est ce que redoutent plusieurs associations qui militent contre les violences faites aux femmes.
Ce week-end, la zone de police Bruxelles Nord (Schaerbeek, Evere, et Saint-Josse) annonçait son intention de reprendre contact par téléphone avec toutes les personnes qui avaient déposé plainte pour des actes de violence familiale, au cours des 3 derniers mois. Une manière de leur dire qu’elles ne sont pas seules pendant ces semaines de confinement.

Le confinement, c’est déjà difficile pour un couple qui va bien…

Une initiative saluée par Josiane Coruzzi, directrice de l'asbl Solidarité Femmes et Refuge pour femmes battues à La Louvière. "Tout ce qui permet aux victimes de ne pas se sentir isolées, seules et impuissantes est une bonne  initiative". Les autres zones de police devraient peut-être s’en inspirer, ajoute-t-elle. Car cette professionnelle redoute également l’impact du confinement sur l’ambiance au sein des familles. "Se retrouver 24 heures sur 24 avec un mari et des enfants qui s’ennuient, c’est de toute façon une épreuve. Mais si la violence fait déjà partie de la famille et que soudain, madame, excédée, répond à monsieur, cela risque de déraper vers des violences physiques".

Une task force pour limiter les risques d’amplification de la violence

Une inquiétude partagée par les autorités. Jeudi dernier, la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), la Région bruxelloise et la Cocof ont décidé de mettre sur pied une "task force" pour s’assurer que les infrastructures d’accueil soient suffisantes pour répondre aux besoins d’éloignement en urgence du domicile. Une campagne de communication, rappelant les différents numéros des services d’urgence, d’écoute et de soutien sera aussi diffusée tout comme le rappel de la ligne d’écoute gratuite : 0800/30.030. Par ailleurs, on a appris ce dimanche que le groupe de travail interministériel "Droits des Femmes", comprenant douze ministres, du fédéral et des entités fédérées, se réunira (en vidéoconférence) le 2 avril. L’objectif sera de faire le point en matière de prévention, d’information, d’accompagnement et de protection des victimes, ainsi que de répression et de suivi des auteurs.