Coronavirus : la Forêt de Soignes sous pression, comme les Fagnes

Coronavirus : la Forêt de Soignes sous pression, comme les Fagnes
Coronavirus : la Forêt de Soignes sous pression, comme les Fagnes - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

C’est le poumon vert de la capitale. C’est là que les Bruxellois confinés vont s’aérer, changer d’air, respirer un coup en dehors de leurs quatre murs. La Forêt de Soignes est sous pression. Les conflits entre usagers augmentent. "On n’est pas encore au stade des Fagnes, il n’y a pas eu de bousculade, mais clairement, la tension est plus forte qu’avant", explique Stéphane Van Wijnsberghe, ingénieur responsable de la division "Forêt et Nature" de Bruxelles Environnement.

Les VTT foncent sur ces chemins où se bousculent, entre autres, des familles avec enfants. Les surveillants forestiers le constatent : les promeneurs et les cyclistes sont beaucoup plus nombreux. Ils viennent le week-end et le mercredi après-midi comme avant, mais aussi tous les jours de la semaine, et ils ne se cantonnent plus au Rouge-Cloître ou à l’Hippodrome de Boitsfort, ils investissent toute la forêt.

Des promeneurs qui sortent des sentiers battus

"Toute la forêt", cela veut bien dire "toute la forêt". Certains promeneurs aiment sortir des sentiers battus. Ils piétinent alors la flore, ce qui peut engendrer une perte de biodiversité, et provoquer un tassement du sol (or la végétation a plus de mal à se développer sur un sol tassé).

Les flâneurs dérangent aussi la faune. Un chevreuil dérangé consomme la graisse qu’il est censé garder pour affronter le froid. Au printemps dernier, les chiens ont perturbé la reproduction des poules d’eau, en plongeant dans les étangs (celui des enfants noyés, en particulier) et en détruisant leurs nids. Ils ont dérangé les batraciens en pleine période de reproduction, et les oiseaux nicheurs au sol, comme le troglodyte mignon.

Deux surveillants forestiers supplémentaires

Depuis le premier confinement, les promeneurs sont donc appelés à garder leurs chiens en laisse, et à rester sur les sentiers balisés. Deux surveillants forestiers supplémentaires vont être engagés. Ils renforceront une équipe composée de huit gardes forestiers et quatre surveillants. "Leur rôle est surtout d’informer, de sensibiliser le public, insiste Stéphane Van Wijnsberghe, mais ils peuvent aussi, après plusieurs avertissements, dresser des procès-verbaux." Comptez 50 euros pour un écart par rapport à la réglementation en forêt (si vous circulez en dehors des chemins, si vous ne tenez pas votre chien en laisse, ou si vous roulez à vélo sur des chemins réservés aux piétons), le double pour une récidive.

Concentrer le public sur sept portes d’accès

Certains parkings forestiers ont aussi été fermés. C’est le cas du parking de la drève des Deux Montagnes et de celui du chemin Berckmans. Leur fermeture était prévue de longue date (dans le plan de gestion de la forêt de Soignes, adopté en juin 2019), mais elle a été accélérée, nous dit Stéphane Van Wijnsberghe : "dans le cadre du premier confinement, on ne pouvait se promener qu’à proximité de son domicile. La Région flamande a du coup décidé de fermer des parkings forestiers sur son territoire, et nous avons suivi. Et il a été décidé de ne plus les rouvrir."

Vu le besoin d’évasion des Bruxellois, en pleine crise sanitaire, le moment était-il bien choisi ? "L’idée c’est vraiment de soulager un noyau central de la forêt pour permettre à la biodiversité de se maintenir. On ne réduit pas le nombre de places des parkings, on les relocalise." Le but est de concentrer le public sur sept portes d’accueil. Pour la partie bruxelloise, il s’agit de l’Hippodrome de Boitsfort (où plus de places de parking sont prévues) et du domaine du Rouge-Cloître. "On a commencé en 2000, on est 20 ans plus tard, on essaie vraiment d’y aller petit à petit ! On a aussi installé des parkings à vélo, pour inciter les gens à venir à vélo, à laisser leur vélo au parking et, ensuite, aller se balader."

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