Coronavirus: l'OMS recommande le masque pour les enfants dès 12 ans "dans les mêmes conditions que les adultes

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que les enfants âgés de 12 ans et plus devraient porter un masque pour aider à lutter contre la pandémie de COVID-19 dans les mêmes conditions que les adultes.

Le masque pour les enfants de 12 ans et plus et déjà une réalité en Belgique dans de nombreux cas comme les écoles, les transports en commun et certains lieux publics. En fin de semaine dernière, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a réuni un groupe d’experts international et pluridisciplinaire chargé de passer en revue les données sur le Covid-19 et sa transmission chez l’enfant. Les travaux de ce groupe d’experts permettent à l’OMS de préciser les choses en matière de port du masque chez les plus jeunes.

En tenant compte du fait que les enfants sont, le plus souvent, des porteurs asymptomatiques du virus et prenant en considération d’autres facteurs tels que les besoins psychosociaux des enfants et les différentes étapes de leur développement, l’Organisation mondiale de la Santé a publié vendredi des recommandations détaillées pour les enfants, par tranche d’âge. L’OMS en distingue trois : les 5 ans et moins, ceux de 6 à 11 ans et enfin ceux qui ont 12 ans et plus.

Nécessaire au-dessus de 12 ans, à éviter en dessous de cinq ans

Pour l’OMS, les enfants âgés de 12 ans et plus devraient surtout porter un masque lorsqu’une distance sanitaire d’un mètre ne peut être garantie et qu’ils se trouvent dans une région touchée par le virus, écrivent l’OMS et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) dans un document daté du 21 août publié sur internet. Ainsi, les plus de 12 ans " doivent utiliser le masque dans les mêmes conditions que les adultes ", estime l’OMS.

Pour les enfants plus jeunes, ceux qui ont entre 6 et 11 ans, l’OMS ne recommande pas un port du masque systématique. Mais estime qu’il faut le décider dans certains cas, en fonction de plusieurs facteurs, parmi lesquels le niveau de transmission du virus dans la zone où réside l’enfant et sa capacité à utiliser un masque correctement et en toute sécurité. Il faut aussi, selon l’OMS tenir compte de la manière dont des adultes supervisent les enfants appelés à porter un masque. Les enfants ont-ils, par exemple aussi, la possibilité de laver les masques ou de les remplacer lorsque c’est nécessaire ?

Pour les 6 à 11 ans, il faut aussi, selon l’OMS, tenir compte des incidences potentielles du port du masque sur l’apprentissage et le développement psychosocial. Elle recommande aussi de tenir compte du risque que ces enfants contaminent, lors de contacts rapprochés, d’autres personnes plus vulnérables et avec un risque élevé de développer une maladie grave, telles que les personnes âgées et celles souffrant d’autres affections préexistantes.

Pour les enfants de moins de cinq ans, l’OMS estime qu’ils ne devraient eux pas être obligés de porter un masque. Et ce, estiment les experts de l’organisation internationale, parce qu’il faut tenir compte de facteurs tels que " la sécurité et l’intérêt global de l’enfant, et sur sa capacité à utiliser un masque correctement avec une assistance minimale ".

Pas de masques pour le sport ou en cas de handicap

Quel que soit l’âge de l’enfant, l’OMS estime que le masque ne doit pas être obligatoire pour les enfants qui souffrent de handicaps, de troubles du développement ou qui ont des problèmes de santé spécifiques. Pour ces enfants, il faudrait évaluer, au cas par cas, la possibilité de porter un masque.

Lorsqu’ils pratiquent une activité sportive ou physique, comme courir, sauter, jouer sur une aire de jeu, par exemple, les enfants ne devraient pas porter de masque pour éviter que cela gêne leur respiration. L’idéal, selon l’OMS, serait que dans ces cas, les enfants gardent une distance d’un mètre entre eux.

Pour ce qui est du type de masque, l’OMS indique que les enfants qui sont en bonne santé peuvent porter un masque non médical ou en tissu, et souligne que l’adulte qui fournit le masque doit s’assurer que le masque en tissu est de la bonne taille et qu’il couvre suffisamment le nez, la bouche et le menton.

De bonnes recommandations qui arrivent un peu tard ?

Une bonne mesure qui arrive un peu trop tard, c’est en résumé l’avis de Jean-Luc Gala, Chef de clinique à Saint-Luc, spécialiste des maladies infectieuses qui s'exprimait dans un reportage du Journal Télévisé samedi. " C’est très important qu’on ait une cohérence dans les opinions qui sont émises par les instances internationales parce que beaucoup de pays, notamment en Afrique et en Asie écoutent la voix de l’OMS. C’est pour ça que, avant le 5 juin, quand l’OMS, comme le gouvernement belge d’ailleurs, prétendait que le masque n’avait aucune importance, c’était scandaleux parce que ces pays-là, où les populations sont très vulnérables, écoutaient l’OMS et c’était un discours discordant en termes de santé publique. Ici, au moins, même s’ils sont une guerre en retard, ils rattrapent le temps perdu ", estime Jean-Luc Gala.

Plus de 23 millions de personnes auraient été infectées par le nouveau coronavirus et près de 800.000 en sont mortes, selon un décompte réalisé par l’agence de presse Reuters.

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