Coronavirus : l'humidité peut-elle influencer la propagation du virus ?

Un taux d’humidité entre 40 et 60% serait nécessaire
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Un taux d’humidité entre 40 et 60% serait nécessaire - © Erica Montgomery - Getty Images

La réponse est oui ! En l’occurrence, un taux faible d’humidité dans l’air combiné à une basse température joue un rôle important dans la propagation des virus respiratoires et donc du Sars-CoV-2. Cette conclusion, documentée par une dizaine d’études internationales, émane d’un groupe indo-allemand (TROPOS et le CSIR National Physical Laboratory). L’étude a été publiée dans la revue Aerosol and Air Quality Research.

Un taux d’humidité entre 40 et 60% limiterait la propagation

"Il y a une plus grande diffusion du virus si l’air est sec. Mais le manque d’humidité ne suffit pas. Il faut aussi des basses températures. Dans ces conditions, le virus diffuse plus, reste plus, est moins éliminé que quand l’air est plus humide" explique Dr Naima Deggouj, professeure ORL aux Cliniques universitaires Saint-Luc.

Lorsqu’une personne parle, elle projette des gouttelettes d’eau. Certaines sont lourdes et tombent au sol rapidement. C’est d’ailleurs pour éviter d’être en contact avec ces projections qu’une distance physique d’1m50 voire 2 m est recommandée ainsi que le port du masque.

D’autres gouttelettes, plus petites et émises lors de la respiration, peuvent rester en suspension dans l’air pendant près de neuf minutes.

Si l’air est sec, celles-ci peuvent être absorbées par la muqueuse nasale. "Si l’air est trop sec ou trop froid, vous allez avoir une irritation de la muqueuse nasale donc une inflammation avec un risque plus grand d’entrée virale" explique Dr Naima Deggouj.

Quand l’air est humide, en revanche, ces microgouttelettes s’agglomèrent à d’autres et s’alourdissent et tombent plus vite. "Dans la recherche sur les aérosols, on sait depuis longtemps que l’humidité de l’air joue un rôle majeur : plus l’air est humide, plus l’eau adhère aux particules et ainsi les particules peuvent croître plus rapidement et restent moins longtemps en suspension" explique l’étude.

De nouvelles normes dans les bureaux ou lieux publics fermés ?

L’aération des lieux fermés est un enjeu important mais aussi le taux d’humidité. "Une réflexion doit être entamée" estiment les auteurs de l’étude pour la prévention de futures épidémies virales.

Un argument interpellant car, qu’il s’agisse d’une climatisation enclenchée ou d’un chauffage allumé, l’air est asséché et les gouttelettes restent, par conséquent, plus longtemps en suspension dans l’air. Le risque de propagation augmente alors.

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