Coronavirus : l'Espagne en zone rouge à partir de vendredi 16 heures, quelles conséquences pour les voyageurs ?

A part Ténérife, toute l’Espagne sera en zone rouge à partir de ce vendredi 16 heures. Cela signifie que les autorités belges interdisent les déplacements vers ce pays, sauf exceptions. Les voyageurs qui reviendront d’Espagne devront se mettre en quarantaine et se faire dépister. Ce passage en zone rouge a aussi de multiples conséquences pour ceux qui prévoyaient de voyager en Espagne au cours des prochains jours.

Un peu plus de 24 heures avant le passage effectif de l’Espagne en zone rouge, l’aéroport de Bruxelles enregistrait encore quelques voyageurs qui partaient pour l’Espagne, souvent par nécessité : "Je travaille en Belgique. Je vais rejoindre ma famille qui vit là-bas, il y a mes enfants, la rentrée scolaire, je dois aller aider", explique un voyageur. Pour d’autres voyageurs, l’annonce subite du passage de toute l’Espagne en zone rouge ne leur a pas laissé le temps de changer leurs plans : "Si j’avais su ça avant, j’aurais probablement annulé mais hier soir, c’était un peu tard", explique une dame au comptoir d’enregistrement.

Des contrôles possibles avant l’embarquement

A partir de ce vendredi, seules quelques exceptions permettront encore de se rendre en Espagne au départ de la Belgique : y aller pour une raison nécessaire, comme le travail, devoir s’y rendre pour raisons de santé ou pour motif familial. Dans les autres cas, comme le tourisme, ce sera interdit. Des contrôles pourront être effectués : "Les compagnies aériennes et la Police fédérale peuvent contrôler que vous voyagez effectivement pour des raisons essentielles. La Police fédérale, c’est surtout au niveau des passeports pour les vols non Schengen. Les compagnies aériennes, c’est directement pour tous les vols vers les zones rouges. Il vous faut un document qui prouve que, effectivement, vous pouvez voyager vers le pays en question, ou éventuellement, un passeport du pays en question", explique Nathalie Pierard, porte-parole de Brussels Airport.

Revenir d’Espagne : rapatriement organisé ou débrouillardise ?

A partir de vendredi 16 heures, tous les voyageurs qui reviendront d’Espagne vers la Belgique seront tenus de se mettre en quarantaine et de réaliser un test de dépistage du Covid-19.

Plusieurs milliers de Belges sont actuellement en Espagne. A lui seul, le groupe TUI compte, pour le moment, 6500 clients belges en Espagne. 2000 ont réservé un forfait et 4500 autres n’ont acheté que leur billet d’avion auprès du Tour-opérateur TUI. Dès aujourd’hui, et jusqu’au 10 septembre, TUI entame le rapatriement de ces clients. En tant que tour-opérateur, Tui est responsable du rapatriement de tous ses clients ayant réservé un voyage forfaitaire.

Ceux dont le périple devait se terminer après le 10 septembre "devront interrompre leurs vacances. Nous cherchons une place sur tous les vols prévus pour les ramener en Belgique", explique un porte-parole de TUI. Selon la compagnie, "tous les vols se dérouleront comme prévu, tout le monde pourra rentrer à la maison dans la semaine à venir".

Pour les clients qui n’avaient réservé que leur billet d’avion auprès de TUI, la compagnie offre la possibilité de s’installer à bord des vols déjà prévus, jusqu’au 10 septembre. Il reste des places libres, mais ces vacanciers doivent contacter eux-mêmes la compagnie aérienne.

Le tour-opérateur Tui entame jeudi, jusqu’au 10 septembre, le rapatriement de quelque 2000 touristes belges en vacances en Espagne (sauf Ténérife, seule région espagnole à ne pas passer au rouge), indique un porte-parole.

Dès le 11 septembre, et au moins jusqu’au 22 septembre, Tui ne reliera plus l’Espagne, sauf à destination d’Alicante et Malaga, qui conserveront trois vols hebdomadaires. La suite dépendra des avis de voyage des Affaires étrangères.

Chez Brussels Airlines, on ne prévoit pas, pour le moment de modifier le planning des vols prévus entre l’Espagne et la Belgique au-delà de ce qui a déjà été décidé. "Nous n’allons pas directement annuler tous les vols parce que nous avons une responsabilité par rapport aux clients qui veulent encore revenir et par rapport à ceux qui doivent partir pour des raisons essentielles", explique-t-on chez Brussels Airlines. Les clients de la compagnie aérienne qui seraient actuellement en Espagne devraient donc conserver une place sur un vol retour. Il est cependant probable que la compagnie aérienne doive adapter la capacité de ses vols à la demande et supprimer certains vols.

Voyages en zone rouge interdits : quels remboursements possibles ?

Autre Tour-opérateur, Neckermann. Celui-ci ne compte en ce moment que peu de clients belges en Espagne. Pour les touristes qui devaient partir là-bas jeudi ou vendredi, le tour-opérateur prévoit toutefois trois options : un bon d’achat, un remboursement ou une programmation du séjour à une autre date, a-t-il fait savoir jeudi.

Les clients de Brussels Airlines qui devaient s’envoler vers l’Espagne lors des prochains jours pour des raisons non essentielles et qui doivent annuler, puisque le voyage en zone rouge est interdit, pourront, même si le vol est maintenu, compter sur une certaine flexibilité de la part de la compagnie aérienne.

Comme c’est le cas depuis le début de la crise du Covid-19, il est possible de garder la valeur du billet acheté et de changer, gratuitement, de destination, de date de voyage, jusqu’à la fin de l’année 2021. En principe, demander un remboursement de son billet n’est pas possible si le vol est maintenu.

Dans ces cas-là, Brussels Airlines explique examiner les demandes de remboursement au cas par cas… Si le vol est annulé par Brussels Airlines, alors le client est en droit de demander le remboursement de son billet.

Test Achats demande au gouvernement d’aider les voyageurs

Depuis l’annonce des Affaires étrangères, de placer l’Espagne, sauf Ténériffe, en zone rouge, les voyageurs sont face à toute une série de questions. Test Achats est l’un des interlocuteurs qui peuvent en témoigner. Dans une situation exceptionnelle comme celle-ci, l’application des droits du consommateur est particulièrement compliquée et floue. 

Pour les voyageurs qui avaient réservé un package, auprès d’un tour-opérateur, la situation est plus simple, avec l’obligation pour le Tour-opérateur de prendre en charge les clients, de les rapatrier, de prévoir un remboursement le cas échéant. Pour les clients qui ont organisé eux-mêmes leur voyage, réservant séparément transport et séjour, c’est plus compliqué. C’est la raison pour laquelle l’organisme de défense des consommateurs s’est adressé à la Première ministre, ce jeudi, demandant des solutions pour les voyageurs.

"Test Achats s’interroge donc sur l’action du gouvernement vu l’absence de toute mesure d’accompagnement. Personne ne vient en aide aux citoyens et consommateurs concernés. Les seuls cas où l’accompagnement a lieu concernent la réservation de voyages à forfait qui imposent les obligations d’information, d’assistance et, le cas échéant, de remboursement, ce qui pose également de sérieux problèmes aux professionnels du secteur. Toutes les autres prestations de type individuel et autres réservations ne sont couvertes par aucun système d’assistance, d’information et d’annulation. C’est le royaume de la débrouille. Test Achats intervient d’ailleurs dans bon nombre de ces dossiers. La question est donc ouverte de savoir ce que le Ministère des Affaires étrangères mais aussi l’ensemble du gouvernement sont prêts à faire pour aider ces personnes, en concertation notamment avec Test Achats , a écrit Test Achats à la Première ministre, Sophie Wilmès.

Test Achats demande ainsi que les autorités puissent délivrer un document officiel attestant de la force majeure de la situation et le mettre à la disposition du voyageur. "Cela permettrait au consommateur de négocier plus facilement avec un prestataire de services (transport aérien, hôtel, etc.) en vue d’obtenir un remboursement ou une autre solution", estime Test Achats.

Les voyageurs belges qui seront contraints de ne plus partir en Espagne à partir de ce vendredi 16 heures, devront s’armer de patience et de persévérance pour espérer obtenir un remboursement de la part d’un hôtelier ou d’un prestataire local. Il faudra, probablement, compter sur la bonne volonté de ces derniers.

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