Coronavirus : l'épidémie stoppe les parcours de procréation médicalement assistée

Coronavirus : l'épidémie stoppe les parcours de procréation médicalement assistée
Coronavirus : l'épidémie stoppe les parcours de procréation médicalement assistée - © Tous droits réservés

Faire une croix sur l’idée d’avoir un bébé encore en 2020… Pour les couples qui étaient en pleine procédure de procréation médicalement assistée… Les centres de PMA (centres de procréation médicalement assistée) sont à l’arrêt à cause de l’épidémie de coronavirus.

Plus de ponctions d’ovocytes, plus de transferts d’embryons

 

Plus de ponctions d’ovocytes, plus de transferts d’embryons… Dans les hôpitaux la priorité est donnée aux urgences et au covid-19… La priorité, c’est de limiter la propagation du virus mais pour ces femmes, ces couples la priorité c’est d’avoir un bébé et ce coup d’arrêt imposé par le coronavirus a un goût particulièrement amer… Au CHR de Namur, de nombreux couples doivent mettre leur rêve en stand-by. C’est le cas de Lucie et de son mari.

Lucie a 39 ans. Elle souffre d’endométriose. Elle a dû se faire opérer puis elle s’est lancée avec son conjoint dans un parcours de procréation médicalement assistée. Des injections, des stimulations, des ponctions… Il a fallu de très longs mois pour obtenir un embryon. Le transfert devait avoir lieu il y a quelques jours mais à cause du coronavirus tout a été annulé.

Son embryon restera congelé jusqu’à ce que le centre de PMA puisse reprendre son activité… Dans combien de temps ? Personne ne le sait… Et c’est douloureux. "Dire que c’est facile à encaisser, ce n’est pas vrai. Se dire que c’est reporté de trois, six mois ça peut paraître rien mais pour nous ça fait vraiment beaucoup". Dans son malheur, Lucie se sent encore "privilégiée" : "on essaie de rester positif, de se dire qu’il y a des gens qui vivent des situations bien plus tragiques… Et puis moi j’ai cette chance de savoir qu’il y a quelque chose qui m’attend d’ici quelque mois puisqu’on est arrivé au bout du processus, on a obtenu un embryon qui pourra être transféré. Je pense à toutes ces femmes qui ont du tout arrêté en plein parcours, en pleine stimulation et qui ,elles, devront tout recommencer à zéro".

Une question de bon sens mais une peine immense pour les couples

 

Des déceptions comme celles-là le CHR de Namur doit en gérer des dizaines Magali Verleysen, gynécologue responsable du centre PMA, le confirme. " C’est vrai que malheureusement les patientes sont déjà dans un parcours qui est tellement lourd psychologiquement et avec beaucoup d’espoir et donc potentiellement de passages de désespoir que, ici, c’est vraiment une déception immense de se dire que ce projet doit être mis à l’arrêt pour une durée pour l’instant incertaine".

Si les centres PMA des hôpitaux sont à l’arrêt c’est pour mettre les médecins et le personnel de santé totalement à disposition de la lutte contre l’épidémie de coronavirus mais il y a aussi d’autres raisons, explique le docteur Magali Verleysen : " il faut aussi éviter les complications liées aux techniques de procréation médicalement assistée, éviter aussi les potentielles complications liées aux coronavirus sur une potentielle grossesse. On sait qu’une infection peut augmenter le risque de fausse couche. Même si les données sont plutôt rassurantes on ne connaît pas non plus tous les impacts du coronavirus sur un fœtus".

Le bon sens, la prudence impose donc ce temps d’arrêt mais c’est une épreuve de plus dont ces couples se seraient sans doute bien passés.