La maire de Guayaquil empêche l'avion qui devait les rapatrier d'Equateur d'atterrir: ces Belges se sentent "abandonnés"

Des centaines d’Européens sont bloqués à Guayaquil, victimes d’une guerre ouverte entre le gouvernement équatorien et le maire de cette ville, la plus touchée par l’épidémie de coronavirus. Parmi eux, un groupe de 27 Belges, qui ont vu jeudi l’avion qui devait les rapatrier faire faire demi-tour, empêché d’atterrir par la police locale !

Une flotte de véhicules de la police locale a en effet été déployée sur la piste de l’aéroport international José Joaquín de Olmedo afin qu’un avion Iberia ne puisse pas atterrir dans la capitale côtière.

Et ce alors que l’avion voyageait… à vide : il s’agissait d’un vol extraordinaire qui cherchait à rapatrier des citoyens espagnols et européens.

Parmi ceux-ci, 27 Hainuyers partis avec "les amis de l’Europe", sous la conduite de Luc Partouche, qui raconte leur calvaire : "Nous sommes partis le 7 mars vers l’Equateur. Le début du voyage s’est très bien passé. Puis le 14 mars à 15h, nous avons appris que frontières se fermaient. On ne pouvait plus bouger. Nous avons alors quitté Quito pour Guayaquil, qui offrait en principe plus de possibilités de rapatriement. Depuis samedi 15h, tous les musées, tout est fermé, on est cloîtré à l’hôtel, et on cherche des solutions pour rentrer. On nous avait promis un avion qui devait nous ramener ce vendredi soir mais la maire de Guayaquil a refusé l’atterrissage de l’avion Iberia ! "

Les voyageurs ont fait appel aux affaires étrangères et à l’Europe pour qu’ils fassent pression, sans résultat pour le moment. Le SPF nous a confirmé travaillé avec les autres pays européens, l’Espagne dans ce cas-ci, pour trouver des solutions.

"On essaie de trouver des solutions, un avion KLM ou Air France devrait atterrir bientôt, mais ils sont presque complets, et on nous propose des prix de 3500 euros par passager pour revenir à Paris ou Amsterdam !" explique Luc Letouche.

"On est dans l’expectative. Beaucoup devaient reprendre le boulot, certains craignent de ne plus avoir de médicaments. On attend l’ambassadeur de Belgique à Lima et le consul à Quito. On a des messages de M. Goffin, mais on se sent un peu abandonnés. Je fais le point 3 fois par jour avec les participants. On ne peut pas sortir de l’hôtel, on ne peut pas utiliser leurs services, sous peine d’amende de 6000 dollars."

Entre-temps, les avions peuvent à nouveau atterrir mais sont déjà remplis : "On nous propose des prix de 3500 euros par passager pour revenir à Paris ou Amsterdam".

Et ce vendredi soir, cruelle désillusion: "Après 4 jours d'intervention, le ministère des Affaires etrangères nous envoie un formulaire précisant que ces informations auront pour but exclusif de nous accompagner dans notre démarche de tentative de retour en Europe".

Autrement dit, débrouillez-vous... et dérouillez.

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