Coronavirus: "Il faut veiller à la santé mentale du personnel soignant", pas toujours formé à accompagner la mort

Le personnel soignant fatigué physiquement et psychologiquement
Le personnel soignant fatigué physiquement et psychologiquement - © JOHN THYS - AFP

Alors que la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus déferle dans notre pays et que les hôpitaux sont débordés, le personnel soignant continue son travail sans relâche pour soigner, sauver un maximum de patients atteints du Covid-19. Pourtant, ces infirmiers, ces médecins sont fatigués. Une fatigue physique, mais aussi psychologique car cette crise sanitaire dure depuis de long mois.

Trois questions à Pauline Chauvier, psychologue clinicienne  aux cliniques universitaires Saint-Luc

Pourquoi la fatigue du personnel est-elle aujourd'hui plus importante que lors de la première vague ?

- "Elle est plus importante car une partie du personnel n’a pas eu le temps de recharger ses batteries. Et d’autres n’ont tout simplement jamais arrêté depuis le début de la crise."

Il faut aussi désormais former du personnel qui n'était pas habitué jusqu'ici à affronter la mort ?

- "Oui, un infirmier est venu me trouver car dans son quotidien, son rôle c’est avant tout d’accompagner les patients à retrouver la vie. Ici, il faut former le personnel soignant pour un accompagnement de fin de vie, en cas de détresse respiratoire ou d’angoisse, mais aussi dans ses contacts avec les familles."

Vous aussi, vous avez appris de la première vague, notamment sur le soutien psychologique à apporter à ce personnel hospitalier.

- "Pendant la première vague, de nombreux psychologues ont été aux côtés des victimes et des familles. Désormais, on sait qu’il faut veiller aux équipes. Qu’ils aient un moment pour se concentrer sur leur vécu des choses. Prendre du recul et démontrer à quel point ils ont été utiles et tout ce qu’ils ont pu apporter pendant les hospitalisations. C’est très important pour leur épanouissement professionnel."

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