Coronavirus : faut-il continuer à servir à boire et à manger dans les avions ?

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Coupes de champagne servies à bord d'un avion © Belga

Un air renouvelé toutes les trois minutes, un système de filtration aussi performant que celui d’un bloc opératoire ou encore une profusion de masques, gants et gels désinfectants à bord, l'avion ne manque pas d'arguments pour convaincre les voyageurs de s'envoyer en l'air en toute sécurité. A condition toutefois de ne pas avoir un voisin de siège qui a un petit creux.

C'est un retour de vacances dont elle se serait bien passée. Sur son vol Ryanair qui la ramenait de Sardaigne, Christine Champagne a eu la surprise de constater que des snacks étaient proposés à la vente. "Normalement on ne peut pas retirer son masque pendant la durée du vol, mais la personne juste devant moi l'a retiré pour manger et pour boire", s'étonne-t-elle. D'autant qu'à l'aller, sur une autre compagnie aérienne, aucune collation ne lui a été proposée. "J'ai trouvé ça normal, surtout par les temps qui courent, et sur des vols de courte distance."

Ryanair entend "faire rentrer un peu d'argent"

Choqué par la situation, le compagnon de Christine Champagne interpelle alors le steward. "Il s'est montré particulièrement insouciant, prenant la situation à la légère et ne voyant aucun danger à retirer les masques à bord", regrette Mme Champagne. Pour elle, Ryanair entend "faire rentrer un peu d'argent", quitte à favoriser la propagation du virus.

Ces "ventes additionnelles" réalisées à bord sont en effet une source de revenus non négligeables pour la compagnie low cost qui, par conséquent, n'envisage pas de s'en priver. Sur son site internet elle précise maintenir "un service limité à bord, consistant en des collations et des boissons emballées." Des transactions qui se réalisent sans argent liquide pour limiter les contacts physiques. Illustration sur cette vidéo promotionnelle mise en ligne.

Son principal concurrent dans la guerre des low costs, Easy Jet, lui a, dès le mois de juin, emboité le pas. Barres chocolatées, chips et sodas sont proposés à bord. Une offre "bistro", accessible uniquement par carte bancaire et consultable via son smartphone, les brochures étant proscrites en cabine.

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Carte des collations disponibles à bord des vols Easy Jet © EasyJet

Les compagnies low cost ne font pas exception

Les compagnies low cost sont-elles les seules à maintenir un service de restauration à bord ? Pas vraiment. "On a arrêté les ventes de duty-free, mais on maintient l'offre d'un repas par vol", assure Sarah Saucin, la porte-parole de Tui.

Chez Brussels Airlines, les consignes sont claires. Pas de distribution de collations sur les vols court et moyen-courrier, seuls les long-courriers, au delà de 6 heures de vol, font exception. "Des repas soigneusement emballés", précise Kim Daenen, la porte-parole de la compagnie belge. Une politique adoptée également par les grandes compagnies nationales. Que ce soit Emirates, United Airlines ou encore British Airlines, les snacks préemballés sont préférés aux repas complets servis dans une assiette. 

Compte tenu de la résurgence limitée du virus ces derniers jours, faut-il continuer à servir à boire et à manger dans les avions ? Jean Luc Gala, professeur à l'UCLouvain et spécialiste des maladies infectieuses apporte une réponse sans ambiguïté. "Il ne faut pas tomber dans le fantasme et imaginer qu'en retirant son masque quelques secondes on va infecter toute la cabine" souffle-t-il, "c'est peut être vrai dans les films d'horreur, pas dans la réalité." 

Contrôles de température et filtrage de l'air à bord

Pour Jean-Luc Gala, l'avion reste un moyen de locomotion sûr. D'abord parce que chaque passager subit un contrôle de température avant de monter à bord, et qu'une fois en altitude, un système de filtration de l'air réduit drastiquement les risques de propagation du virus. "Toutes les 2-3 minutes l'ensemble des particules dans la cabine sont renouvelées donc on peut sans risque enlever son masque pour se restaurer", assure l'infectiologue.

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