Coronavirus : face au manque de masques, les médecins généralistes sont "déjà occupés à trouver des plans B"

Coronavirus: les médecins généralistes
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Coronavirus: les médecins généralistes - © DAMIEN MEYER - AFP

Alors que huit patients infectés par le virus Covid-19 ont été confirmés en Belgique, les médecins généralistes se mobilisent. Deux réunions ont été organisées ce lundi après-midi avec les autorités sanitaires afin de mettre en place une procédure unique. Qu’en est-il ressorti ? 

Ce matin, l’invité dans l’actu était Paul De Munck, le président du Groupement Belge de Omnipraticiens. Le président assure être prêt. Alors qu’on parle d’un risque d’avoir une contamination touchant 850 000 personnes, Paul De Munck ne veut pas que l'on tombe dans une psychose, et assure que les professionnels de la Santé vont suivre et intégrer les règles et les recommandations "des scientifiques, des virologues et des microbiologistes". Et de rappeler les trois mots-clés du groupement : science, conscience et bon sens.

 

Le président dit avoir conscience que les médecins généralistes puissent assumer leur rôle et leur responsabilité. "C’est d’ailleurs nous qui avons demandé aux deux ministres régionaux d’organiser une rencontre et nous sommes prêts, d’une certaine façon, à assumer notre responsabilité". Paul de Munck insiste aussi sur un certain "bon sens" selon lui : "nous n’aurons pas les masques pour examiner nos malades suspects, voire des malades éventuellement déjà contaminés. Nous n’avons plus en commerce des masques dans les grands centres de distribution de bricolage. Nous n’avons plus en pharmacie de masques et de gel désinfectant. Qu’à cela ne tienne ! Moi j’entends que les médecins généralistes, avec le bon sens qui les caractérise, sont déjà occupés à trouver des plans B".

 

Petit "recul" nécessaire

Et le président du groupement des omnipraticiens de préciser : "quand on demande à la ministre si on aura des masques, elle dit oui, mais elle ne sait pas nous dire quand. Nous devons nous adapter et prendre nos responsabilités et on va les prendre pour organiser au mieux la part qui nous revient dans la gestion de cette épidémie". Ainsi, les médecins devront faire très attention à leurs comportements pour ne pas être face à un malade qui tousse. "Si on doit faire un jour un prélèvement naso-pharyngé, donc dans le nez – vous vous rendez bien compte que ça fait tousser les gens —, et bien on prendra des mesures, un plan B, en nous écartant, en marquant un petit recul pour ne pas attraper tous les postillons de la toux dans la figure" détaille-t-il.

 

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Le gel désinfectant est aussi en situation de pénurie. "Moi je vois des médecins qui commencent à fabriquer leurs gels eux-mêmes". Et Paul De Munck de tendre la main aux pharmaciens. "Pourquoi ne peut-on pas imaginer demain que les pharmaciens de quartier qui travaillent avec les médecins généralistes puissent leur fournir du gel désinfectant ? Pourquoi pas le pharmacien ? C’est aussi la responsabilité des pharmaciens, c’est leur responsabilité sociétale". Le professionnel de la santé appelle aussi à une industrie qui pourrait très rapidement fabriquer des masques dans nos contrées, sans pour cela attendre la commande qui a été lancée en Chine.

 

Pas la fin du monde

Le président du groupe de généralistes dit souhaiter à l’avenir que "tous syndicats confondus" se réunissent le plus souvent possible avec les autorités et soient invités à être consultés. Il se veut rassurent : "on reste zen, lucides, constructifs et vigilants, mais pas naïfs. Mais il ne faut pas faire peur aux gens inutilement en disant que l’apocalypse et la fin du monde vont arriver et qu’il va y avoir des milliers de morts en Belgique. Ce n’est pas vrai. Personne ne peut affirmer ça pour l’instant".

 

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