Coronavirus et variants : pourquoi les retours de vacances sont-ils problématiques selon les experts ?

Pourquoi les retours de vacances sont-ils problématiques ? Ils le sont en raison du variant du coronavirus. Ou plutôt des variants, qu’ils soient britannique, sud-africain ou brésilien. C’est le message qu’a voulu faire passer ce mardi le Centre de crise coronavirus lors de son point-presse mais également l’expert microbiologiste Emmanuel André.

Le screening des patients non-Covid dans les hôpitaux, testés pour voir s’ils sont porteurs du virus ou pas, donne un taux de positivité de 2,9%. Le taux de positivité des voyageurs, globalement, est de 3,8%.

Un taux de positivité de 2 à 12,5% en fonction des pays

"Ce taux est extrêmement variable et va de 2% pour certains pays jusqu’à 10 et 12,5% pour d’autres pays", souligne Yves Van Laethem, porte-parole du Centre de crise, en charge de la lutte contre le coronavirus. "Ce taux est variable en fonction du pays et de ce que l’on va faire dans ce pays, si on va simplement en vacances ou si on va par exemple pour retrouver de la famille pendant quelques semaines. Ce qui accentue clairement le risque."


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Le taux de positivité chez les patients asymptomatiques est de 12,6% et chez les contacts à haut risque de 12,9%.

"En dehors du nombre de cas qui peuvent être importés, il y a un autre facteur décisif qui met en lumière la raison pour laquelle il est important de faire ce screening, c’est le risque d’importer des souches que nous ne connaissons pas encore dans notre pays. Ces souches, pour certaines d’entre elles (comme celle liée à la Grande-Bretagne ou celle liée à l’Afrique du Sud et tout récemment la souche brésilienne) sont celles que l’on souhaite voir le plus tard possible, si possible pas du tout, sur notre territoire."

La seule manière de retarder cette arrivée, ajoute encore Yves Van Laethem, "c’est de réaliser ce type de screening pour éviter l’entrée et pour diminuer le risque d’avoir une situation semblable à celle que l’on a connu en février/mars 2020 avec des introductions multiples après des vacances et un flambage de la situation en quelques semaines de temps."

Il y a plus de variants qui circulent aujourd’hui en Belgique

Il y aurait plus de personnes contaminées par le variant britannique circulant aujourd’hui en Belgique, en plus des six cas officiellement déjà détectés. A ceux-là s'ajoutent deux cas de variant sud-africain. "Il est pratiquement certain que l'on sous-estime le nombre de cas", introduit Yves Van Laethem. "La première raison, c'est qu'on ne teste pas tout le monde", notamment les personnes qui reviennent de l'étranger. "Autre raison, lorsque l'on a un test PCR positif, on ne fait pas systématiquement l'arbre phylogénétique sur tous ces virus. On ne teste qu'une petite partie d'entre eux. Donc, il est fort possible qu'une partie d'entre eux ne soient pas identifiés."

Autre explication, selon Emmanuel André, microbiologiste à l’UZLeuven et invité sur Matin Première ce mardi, "le système de surveillance génomique qu’on utilise a par définition quelques semaines de retard sur la situation réelle par le simple fait que les gens doivent être testés, les échantillons doivent arriver, doivent être analysés… Tout cela prend du temps. C’est pour cela que ces mesures de prévention, ces mises en quarantaine et ces tests sont des mesures extrêmement importantes."

C’est cela, selon Emmanuel André, qui va faire "la différence. Et la surveillance génomique va nous permettre de mesurer l’impact ou la réussite de nos mesures préventives."

Eviter que ce virus arrive, sans qu’on s’en rende compte

Tous les variants dont la souche mise en évidence en Grande-Bretagne et qui a plongé Londres dans une situation sanitaire critique, "sont des phénomènes initialement d’importation. Ce qu’on veut éviter, c’est que ce virus arrive, sans qu’on s’en rende compte, que les gens propagent sur notre territoire et que ces souches deviennent majoritaires. C’est cela qui se passe en Irlande" avec des restrictions encore plus fortes imposées à la population.

Pour rappel, le variant est plus transmissible que la souche classique. Chez nous, si les mesures actuelles de confinement n’évoluent pas, "ce virus va pouvoir se transmettre plus efficacement", craint Emmanuel André. "Notre R, notre taux de reproduction, est à la limite de 1. Si ce virus s’introduit avec les mêmes mesures, on est clairement en phase exponentielle."

Autre impact, celui sur la couverture vaccinale. "Il faudra vacciner alors du coup plus de gens. Il faudra à chaque fois faire plus pour combattre un virus qui est plus fort."

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