Coronavirus et santé mentale : comment les individus, les parents et les familles font face à la crise ?

La Semaine de la santé mentale se poursuit jusqu’au 17 octobre. Interrogée sur La Première, Julie Delbascourt, responsable de projets au CRéSaM, le Centre de référence pour la santé mentale, explique que cette Semaine de la santé mentale "est un peu une édition inédite, tant dans la façon dont on l’a organisée mais aussi par rapport à la thématique, puisque nous avons choisi de nous intéresser à la façon dont chacun et chacune fait face à la crise depuis le début, donc les ressources qu’il mobilise et les soutiens qu’il va chercher pour faire face. Nous sommes convaincus depuis le début que la santé mentale est un dénominateur commun à chacun et chacune, fait partie intégrante de notre santé. Il y a une prise de conscience cette année chez monsieur et madame Tout-le-Monde que cette santé mentale fait bien partie de nous. Je pense donc que les événements que nous vivons amènent à cette prise de conscience de façon plus importante cette année".

Burn-out parental

"Nous avons développé des focus en ligne, des conférences pour essayer que cette édition puisse rassembler et informer autour de thématiques importantes, comme la façon dont les équipes psychosociales font face depuis le début de la crise, mais aussi les familles. La conférencière Isabelle Roskam a abordé le thème du burn-out parental suite au confinement. Nous avons développé des focus en ligne qui sont disponibles sur notre site Internet, mais également des rencontres locales qui, malgré le contexte sanitaire, ont bien lieu cette année dans la sécurité bien sûr, en respectant les distanciations. Mais cette année, on a vraiment d’autant plus voulu marquer l’importance du lien en cette période où chacun et chacune peut se sentir extrêmement isolé. Cette crise a un peu atomisé les individus et on a justement voulu faire le pari que, malgré le contexte cette année, nous allions pouvoir continuer ces rencontres parce qu’elles permettent véritablement de mieux faire connaître les services d’aide et de soins, mais aussi de déstigmatiser, de changer les représentations que chacun et chacune peut se faire de la santé mentale".


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Le site internet trouverdusoutien.be a été lancé : il s’adresse aux particuliers et aux professionnels. "Ce site a pour objectif d’aiguiller davantage le citoyen par rapport aux ressources qu’il pourrait trouver à l’extérieur, chez des professionnels, mais aussi pour lui donner des outils, des astuces et des idées pour continuer à prendre soin de sa santé mentale en cette période. On le sait, maintenir le lien est extrêmement important. Il y a des personnes qui sont très isolées depuis le début de la crise et qui payent lourdement les dégâts, et donc on pense vraiment que cette plateforme peut aider le citoyen et la citoyenne à trouver de l’information. Toutes les initiatives qui seront mises en place par les services, qui seront soutenues par les différents secteurs dans cet objectif de maintenir le lien, permettront à chacun et chacune de continuer à faire face", poursuit Julie Delbascourt.

Nouveau public

"Cette crise a un caractère inédit, car on pensait tous au début que ça allait durer quelques semaines ou quelques mois et on voit qu’elle dure dans le temps. Il faut donc se donner le temps d’analyser les situations qui arrivent. En termes de nouveau public, il y a des observations qui remontent du terrain et qui mériteront d’être objectivées dans les prochains mois, mais on peut en tout cas dire qu’au niveau des hôpitaux psychiatriques par exemple, ils constatent une augmentation de 30 à 40% des demandes et des arrivées sous mesures de soins contraints, donc en mise en observation. Et pour tout ce qui est service ambulatoire, type service de santé mentale, équipes mobiles et maisons de quartier, on constate une augmentation des demandes, mais ils mettent aussi fort l’accent sur une complexification des demandes qui arrivent", conclut-elle.

Semaine de la santé mentale

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