Coronavirus et pauvreté : "Il faut de nouvelles mesures pour les familles", affirme Christine Mahy

Sur 11 millions et demi d’habitants, 2,3 millions vivent dans la pauvreté. Un chiffre qui date d’avant la crise du Covid et qui ne va certainement pas s’arranger. Pour Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau Wallon de lutte contre la pauvreté, interrogée ce mercredi matin par Pascal Claude dans Matin Première, de nouvelles couches de la population s’effondrent actuellement : indépendants, chômeurs temporaires…


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"On dit souvent que les Belges ont beaucoup d’épargne stockée – 20 milliards d’euros – mais savez-vous que 25% de la population n’a pas d’épargne du tout ? Et 37% en Wallonie ! Et ceux qui en avaient l’ont mangée avec cette crise et rejoignent ceux qui sont abandonnés dans la pauvreté et n’ont pas accès à tous les droits dans notre société."

Interrogée au sujet de l’opération Viva For Life de la RTBF, la secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté souligne qu’un enfant n’est pas pauvre isolément : c’est sa famille qui est pauvre.

Agir sur deux leviers

Et il faut agir sur deux leviers : aider les familles, en collaboration avec celles-ci, mais surtout agir sur les revenus du travail et des allocations sociales. "Et puis supprimer ce foutu statut de cohabitant, qui appauvrit les familles ! Cela permettrait des regroupements familiaux, une solidarité et empêcherait des jeunes de quitter le foyer prématurément par exemple."


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Et Christine Mahy ajoute qu’on ne peut pas se contenter de faire du caritatif : "Pour moi cette opération Viva For Life est problématique. Tant mieux si des gens se rendent compte de la situation, mais cela ne doit pas faire passer dans la tête de la population qu’on va régler ainsi des problèmes structurels fondamentaux, à savoir l’abandon d’une partie de la population. Il ne faut pas laisser penser que la pauvreté a une légitimité dans un Etat organisé. C’est sur la fiscalité qu’il faut agir ! Moi j’aimerais qu’à côté d’un Viva for Life, il y ait un Viva pour la Sécurité Sociale ! Être solidaire, c’est avoir envie de contribuer dans une assiette commune pour que chacun quand il en a besoin puisse aller puiser, sans tendre la main".

Les pauvres, ils veulent faire partie de la solution

Au cours de cette crise, Christine Mahy regrette que le gouvernement ne se soit pas adressé à toute la palette des familles. Celles qui sont monoparentales, qui vivent dans des logements de moindre qualité, dans des quartiers très peuplés, aux jeunes qui ne sont pas tous des universitaires, qui n’ont pas accès à internet…

"Bien sûr le gouvernement nous écoute, même s’il faut parfois forcer les portes. Je le dis toujours : les pauvres, ils demandent à faire partie de la solution, pendant cette crise, mais aussi en tout temps pour sortir de la pauvreté. Mais pour cela, il faut que l’Etat décide de créer à travers tous les droits organisés des conditions d’accès à tous".

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