Coronavirus et culture : où en est-on des concerts-tests en Belgique ?

Barcelone, Berlin ou encore Biddinghuizen, aux Pays-Bas : les expériences pour imaginer le retour des manifestations culturelles en extérieur s’organisent partout en Europe depuis plusieurs mois. Pourtant, en Belgique, toujours rien, malgré des projets qui ont fait parler d’eux, à Spa ou Liège. Alors que ce mercredi, le comité de concertation a repoussé le plan Plein air au 8 mai, certains s’agacent. "Je pense qu’on a raté le coche en Belgique, regrette Damien Dufrasnes, président de la Fédération des Festivals de Musique en Communauté Française. Il y a beaucoup de dossiers qui sont déjà sur les tables des politiciens et du Gems depuis plusieurs mois et ils n’ont pas été considérés."

Pourtant, la ministre francophone de la Culture, Bénédicte Linard (Ecolo) se veut toutefois optimiste. "J’ai entendu qu’on avait maintenant le feu vert pour des expériences pilotes, affirmait-elle ce jeudi matin au micro de La Première. On en a prévu six, avec l’idée de tester différentes formules : extérieur, intérieur, différentes modalités, différentes jauges. L’idée est de voir jusqu’où on pourrait aller avec ces expériences."


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Des tests qui auront lieu à partir du 26 avril, et que Damien Dufrasnes juge "intéressants", même s’il considère que beaucoup de temps a été perdu. "On nous amène six concerts-tests en FWB, qui seront organisés courant du mois d’avril ou début mai, à condition qu’ils soient validés par le Gems, et après il faudra une étude scientifique, rappelle-t-il. Donc je pense qu’on n’aura pas de résultats avant fin juin, début juillet." Trop tard pour les festivals de l’été.

A Barcelone, le concert de décembre s’est fait sans distanciation sociale, mais avec masques et test PCR négatif à l’entrée. Que pourrait-on imaginer en Belgique ? Pour Damien Dufrasnes, ça ne sert à rien de le faire si ce n’est pas en conditions réelles, c’est-à-dire "des concerts sans masque, sans distanciation sociale, avec 500 personnes, puis une quarantaine, des tests PCR et une analyse scientifique". "Là on verra comment les gens réagissent et on pourra démontrer que ce n’est pas dans ce genre de concerts qu’il y a le plus de risques", affirme le président de la Fédération.

On demande des protocoles clairs et de l’espoir

Mais les concerts-tests seront-ils suffisants pour une population privée de manifestations culturelles depuis un an et demi ? Damien Dufrasnes en doute : "ce que les gens attendent, c’est une réouverture posée, étudiée." Le président de la Fédération a déjà les yeux vers le prochain comité de concertation, fixé au 23 avril. "On demande vraiment que le gouvernement donne des protocoles clairs et de l’espoir, martèle-t-il. On espère aussi que le gouvernement décidera enfin d’annuler les festivals de juin et juillet", ajoute celui qui est aussi directeur du festival de Dour. "Ce sera un moment fondamental, non seulement pour l’été mais pour la reprise à l’intérieur", assure quant à elle Bénédicte Linard.


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Une question subsiste : pourquoi un tel retard ? "C’est un peu comme pour tout : on a trop de gouvernements en Belgique, ironise Damien Dufrasnes. C’est donc très compliqué entre la Flandre, la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et le gouvernement fédéral de faire quelque chose de national." Selon lui, tout aurait dû être géré au fédéral. Pourtant, Bénédicte Linard l’assure : cela fait plusieurs mois que le ministère Culture planchait sur ces expériences. "On avait bien avancé, puisqu’un des comités de concertation nous avait dit qu’on pouvait aller vers des tests-pilotes", affirme la ministre. Mais quelque chose a dû coincer lors des négociations au comité de concertation.

 

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