Coronavirus et confinement: c'est dur, mais cette semaine est cruciale pour ne pas sombrer dans l'horreur italienne

Alors que la pandémie de Coronavirus fait redouter à l'Italie un scénario apocalyptique, la Belgique a mis en place des mesures ayant fait leurs preuves contre les épidémies en tout genre. Seule condition afin qu'elles fonctionnent, les respecter scrupuleusement! 

Parmi celles-ci, le confinement est sans aucun doute la plus importante afin de ralentir la propagation du SARS-CoV-2, le nouveau coronavirus entraînant le COVID-19. Ce n'est donc pas un hasard si les hasthtags et messages dans ce sens se multiplient un peu partout sur la planète, à travers les médias et les réseaux sociaux tels Facebook, Twitter, TikTok, etc.  

Mais pourquoi alors l'être humain a-t-il donc autant de mal à respecter ce confinement? Lui, qui est censé avoir hérité de son "passé animal" ce qui est communément appelé l'instinct de survie? Peut-être parce qu'avec le temps, une partie plus ou moins grande de cet instinct s'est transformé en intuition, en "intuition collective", partagée.

Les graphiques pour comprendre et espérer

Voix de la raison dans ce contexte anxiogène pour beaucoup, l'épidémiologiste Marius Gilbert multiplie les interventions et les partages de graphiques afin d'expliquer au Belge l'évolution du coronavirus, afin de l'aider à prendre la juste mesure des choses. Ni trop, ni trop peu. Pas d'alarmisme donc, ni d'optimisme hâtif. Un message posté ce vendredi sur son compte Twitter permet de mettre en lumière la justesse de ses analyses. Alors que les graphiques présents dans le post laissaient espérer que:

  • Même si les cas continuent d'augmenter de manière exponentielle (c'est une droite, ce qui en echelle logarithmique équivaut à une courbe exponentielle),
  • les hospitalisations, elles, semblaient commencer à ne plus suivre cette "explosion" exponentielle.
  • Idem pour les admissions en soins intensifs, cela "donnait l'impression de ralentir". 

C'était malheureusement juste une impression. La rationnalité et la prudence de Marius Gilbert lui avaient fait d'emblée relativiser la chose, tout en laissant comprendre que c'est vers cela que le confinement devrait nous mener, ce ralentissement. L'épidémiologiste avait donc ajouté qu'il est trop tôt pour parler de tendance réelle.

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas

Judicieuse remarque puisque quelques heures plus tard, dans l'un de ses derniers tweet, posté ce samedi 21 et incluant les derniers chiffres du centre de crise faisant état de 30 nouveaux décès et 568 nouvelles personnes testées positives, Marius Gilbert doit se résoudre à admettre l'absence de "confirmation d'un ralentissement", avant néanmoins d'ajouter "pour le moment".

"Pour le moment"

"Pour le moment". En effet, rester confiné devrait pouvoir, à court/moyen terme, de faire en sorte que la courbe des admissions en soins intensifs demeure sous la fatidique ligne rouge, celle au-delà de laquelle, le système sanitaire belge, aussi performant qu'il soit, risque de saturer et de ne plus pouvoir soigner indifféremment tous les Belges.


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Car en cas de saturation, les médecins belges se retrouveraient dans la même situation dramatique que vivent actuellement leurs collègues italiens dont les témoignages de dilemmes dans le traitement des patients se multiplient.

Qui sauver ? Qui abandonner à son triste sort ? Selon quels critères ? L'âge ? En Italie les personnes les plus touchées ont désormais entre 40 et 60 ans, et dans les hôpitaux les témoignages de jeunes pas encore trentenaires se multiplient donnant à cette pandémie un autre visage, une autre dimension. Les symptômes ne sont pas à négliger, le corona n'épargne au final personne, directement ou indirectement. 

C'est cet autre visage que les autorités belges veulent à tout prix éviter de voir débarquer chez nous, que les scientifiques ne veulent pas devoir constater, que les médecins, infirmières et autres membres du personnel soignant redoutent. Restez chez vous. Mieux vous le ferez, au plus vite nos vies pourront reprendre leur cours normal, ou presque. L'intuition dans pareille situation doit écouter les graphiques et ceux capables de les analyser.