Le nombre de décès liés au coronavirus largement sous-évalué ? De nombreuses voix s'élèvent en Italie

Coronavirus : en Italie, des élus émettent de gros doutes sur le nombre réels de morts
Coronavirus : en Italie, des élus émettent de gros doutes sur le nombre réels de morts - © MIGUEL MEDINA - AFP

Des élus du Nord de l'Italie expriment de plus en plus ouvertement leurs doutes sur le bilan des morts du Covid-19, redoutant que les chiffres officiels soient fortement sous-évalués. Tout près de Bergame (nord), ville italienne la plus durement touchée par cette pandémie, la commune de Nembro qui compte près de 12.000 habitants "a officiellement enregistré 31 décès attribués au Covid-19", écrivent dans un article publié jeudi par le Corriere della Sera, Luca Foresti, un responsable médical local, et Claudio Cancelli, maire de cette municipalité.


►►► À lire aussi : Toutes les infos sur le coronavirus


"Quelque chose dans ce chiffre ne nous a pas convaincus et nous sommes allés voir les statistiques sur la moyenne des décès dans la commune pour les années précédentes pour la période janvier-mars", poursuivent les deux hommes.

"Le nombre de décès dans des conditions normales aurait dû être d'environ 35, or cette année nous en avons enregistré 158, c'est-à-dire 123 de plus que la moyenne et non 31", le nombre de décès officiellement attribué au coronavirus, ajoutent les deux hommes, physiciens de formation.

Des anomalies

Ils relèvent la même anomalie dans d'autres petites communes de la région, notamment Cernusco sul Naviglio, avec un nombre de décès "anormaux" de 6,1 fois supérieur à celui officiellement attribué au Covid-19. "Notre crainte est que non seulement le nombre de personnes infectées soit largement sous-estimé en raison du faible nombre de prélèvements et de tests qui sont effectués et donc de la "disparition" des asymptomatiques des statistiques, mais que ce soit aussi, données des Communes en main, le cas des morts. Nous sommes confrontés à un événement historique et pour le combattre, nous avons besoin de données crédibles sur la réalité de la situation, divulguées de manière transparente à tous les experts et aux personnes qui doivent gérer la crise de manière responsable. Sur la base de ces données, nous pouvons comprendre et décider de ce qu'il convient de faire, au moment où la crise l'exige." terminent les auteurs de la lettre au Corriere. 

Dès mercredi, le maire de Brescia, une autre ville du Nord de l'Italie durement touchée, avait estimé que le nombre de contaminations et de morts était supérieur à ce qui était officiellement annoncé. "Dans la région de Brescia les contaminations sont beaucoup plus nombreuses que ce que l'on dit. Le nombre de morts aussi est plus important car il y a beaucoup de malades chez eux et on ne sait pas comment ils vont", a déclaré Emilio Del Bono.

Avec 7503 morts et près de 75.000 cas, la péninsule reste le pays le plus cruellement frappé par la pandémie. Les chiffres officiels comprennent les décès dans les hôpitaux et dans les maisons de retraite.

Roberto Burioni, un virologue très connu en Italie, a lui aussi estimé que le nombre de personnes contaminées "n'est vraiment pas fiable" car il ne prend pas en compte les cas asymptomatiques.

Un véritable enfer

Un avertissement que le gouverneur de la région de Naples, la Campanie, reprend à son compte. La crise du Covid-19 "va exploser de manière dramatique" dans sa région qui "va vivre dans les 10 prochains jours un véritable enfer" car le gouvernement n'a envoyé aucun matériel médical et sanitaire de protection, a assuré Vincenzo De Luca. Dans le sud, le système hospitalier est beaucoup plus fragile que dans la région de Milan, la Lombardie, la plus touchée par la pandémie.

Bergame, la ville martyre qui ne compte plus ses morts (22/03/2020)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK
JT 19h30
en direct

La Une

JT 19h30