Coronavirus en France : comment les gîtes et campings aborderont l’éventuelle reprise du tourisme ?

Faut-il rouvrir les frontières cet été et laisser voyager les Européens ? Rien n’est encore décidé et les discussions se poursuivent entre dirigeants européens. Nous sommes allés prendre le pouls dans le Gard et au pied du Lubéron où les gérants de gîtes ou de campings vivent dans l’attente.

Le Gard est célèbre pour son pont mais personne n’y a accès actuellement. Le site et le parking sont fermés. Les villages sont presque déserts alors que la saison touristique aurait dû débuter il y a déjà deux mois.


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Dans un camping créé par des Belges près d’Alès, les campeurs sont absents et le gérant fait déjà ses premiers comptes. Il sait que la saison sera difficile : "Cette année, on a déjà perdu toute la période du printemps, ce qui représente à peu près 30% du chiffre d’affaires. Pour juillet et août, il serait réaliste de penser à une baisse de 50%. On va avoir un gros trou dans nos finances", explique François Maire, propriétaire du "Mas de Rey".

En plus, il vient de construire de nouveaux chalets pour accueillir une clientèle plus large. Pas question donc de faire de nouveaux investissements en 2021.

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Camping du " Mas de Rey " © RTBF

Comment gérer l’été sous l’ère Covid ?

Il suffit de déambuler dans ce site de 7 hectares pour comprendre que la distanciation sociale pourra être respectée. Les emplacements pour les tentes sont suffisamment grands et François a notamment prévu du gel et un nettoyage approfondi des sanitaires. Il pourrait aussi fermer le restaurant, mais il attend des instructions claires. "Si elles sont trop strictes, elles vont être chères à mettre en place et ça se calcule aussi."


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Si les étrangers ne peuvent pas venir, et notamment les Belges, il pourrait ne pas ouvrir. Pourtant, tout est prêt pour les accueillir. Il nous montre la piscine : "20 degrés, c’est tout à fait 'baignable'. Il ne manque plus que les transats et les clients", témoigne-t-il, un peu dépité.

Un brin d’optimisme dans le Luberon

Arrêt au pied du Luberon où la vie reprend progressivement, sauf chez les loueurs de gîtes et de chambres d’hôtes. Nous arrivons chez un couple de Belges qui restent plutôt confiants, même si pour le moment ils comptent plus d’annulations que de réservations. "On fera une demi-saison, mais ça vaut mieux que rien du tout".

"Moi, je suis optimiste pour juillet et août. Je pense que les clients vont revenir", témoignent Arièle et Etienne François, propriétaires du Lantana. Les Belges constituent 50% de leur clientèle.

Etienne a pensé aux aménagements possibles pour éviter les contacts, même si le risque zéro n’existe pas : "On ne va pas leur faire porter les masques tout le temps. Ils sont bien séparés et on peut espacer les petits-déjeuners. Nos gîtes, c’est comme des petites maisons où les familles sont seules. Il faudra juste faire attention à la piscine".

Il n’empêche, cette saison est déjà largement rabotée alors que d’importants investissements ont, là aussi, été réalisés cet hiver.

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Etienne François, propriétaire des gîtes du Lantana © RTBF

L’année 2020 est décidément bien compliquée pour les professionnels de cette région de Provence. Ils n’ont que quelques semaines pour sauver leur saison.