Coronavirus en Colombie : la dernière guerilla active (ELN) propose un cessez-le-feu de trois mois

La dernière guérilla active en Colombie, l'Armée nationale de libération (ELN), a proposé un cessez-le-feu bilatéral de trois mois au gouvernement, en raison de la pandémie de Covid-19, dans un communiqué publié mardi.

L'organisation propose au président colombien Ivan Duque d'"accepter un cessez-le-feu bilatéral de 90 jours", en réponse à l'appel de l'Onu à stopper les hostilités dans les pays en conflit pour faciliter la lutte contre le nouveau coronavirus.

"Notre délégation au dialogue qui se trouve à La Havane est habilitée à traiter tous les détails opérationnels", a ajouté l'ELN dans son communiqué.

Dialogue de paix

Devant la propagation du virus, qui a fait plus de 4.300 morts dans le pays et contaminé 124.000 personnes depuis le 6 mars, l'ELN avait annoncé la suspension de ses opérations pendant tout le mois d'avril et proposé au gouvernement de négocier un cessez-le-feu, "une proposition qui a été négligée", selon la guérilla.

L'organisation affirme que la trêve "créerait un climat de détente humanitaire, propice à la reprise du dialogue de paix", suspendu depuis plus d'un an.

Le président Ivan Duque a répondu sur Twitter qu'il ne "manquera jamais au devoir constitutionnel de faire face à la criminalité sur tout le territoire", qualifiant l'ELN de "groupe terroriste".

L'ELN, inspirée de la révolution cubaine et apparue en 1964, compte quelque 2.300 combattants et est présente dans 10% des 1.100 municipalités colombiennes, selon des enquêtes indépendantes.

Oui mais sous conditions

Après la signature d'un historique accord de paix avec l'ex-guérilla des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) en 2016, des négociations avaient été entamées avec l'ELN l'année suivante par le précédent gouvernement, d'abord à Quito en Equateur, puis à La Havane.

Mais elles ont été interrompues par le président Duque après un attentat contre l'école de police à Bogota, lors duquel 22 cadets ont été tués en janvier 2019.

Le président colombien a conditionné son retour à la table des négociations à la libération des otages retenus par l'ELN et à la suspension de toutes ses "activités criminelles".

Capture par les autorités colombiennes de 8 rebelles de l'ELN accusés de l'attentat contre l'académie de police de Bogota

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