Coronavirus en Belgique : vers une réouverture partielle de l’Horeca le 8 juin ? Voici ce que l’on sait à l’heure actuelle

Depuis le début de la crise du coronavirus en Belgique, l’Horeca est l’un des secteurs le plus touché. Forcés de fermer leurs portes aux clients depuis le 14 mars, les hôtels, cafés, discothèques, cantines et restaurants subissent lourdement la crise. L’Horeca, qui a été l’un des premiers secteurs à devoir arrêter ses activités, perd plusieurs millions d’euros pas jour et sera en principe l’un des derniers à pouvoir reprendre le travail.

Si certains restaurateurs tentent malgré tout de sauver leur activité en proposant, par exemple, un service de livraison de plats ou à emporter, c’est un pan entier de notre économie qui tire la langue. Et qui attend des annonces claires concernant une éventuelle réouverture qui, on le sait, ne devrait pas avoir lieu avant le 8 juin prochain.


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En effet, ce 8 juin devrait signer l’entrée dans la phase 3 du déconfinement. Cette phase 3, encore très hypothétique, devrait permettre une éventuelle réouverture des bars, restaurants, cafés…

Lors du dernier Conseil National de Sécurité, la Première ministre Sophie Wilmès a rappelé que la possibilité de relancer l’Horeca sera examinée d’ici le 8 juin et que des discussions auraient lieu avec les différents secteurs. Mais la Première a aussi mis en garde : "Il faut cependant souligner à quel point cette troisième phase est délicate à appréhender", indiquait Sophie Wilmès.

Un "livre blanc" pour l’Horeca, qui n’en est pas vraiment un

En l’absence de directives précises, c’est tout un secteur qui se pose de nombreuses questions. Si des initiatives prises à l’étranger comme l’installation de serres sur des terrasses d’Amsterdam ou l’utilisation de tentes sur des parkings aux États-Unis permettent d’alimenter la réflexion, des mesures concrètes sont attendues de pied ferme afin de pouvoir se préparer à une reprise, qui, on le sait aussi, sera partielle.

Dans le brouillard actuel, une publication a retenu l’attention des professionnels. Horeca Magazine a publié un "livre blanc" reprenant diverses mesures prises à l’étranger pour la réouverture au public du secteur. Ce document se base donc "sur les lignes directrices déjà publiées en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne, en Autriche et dans d’autres pays".

Mais si ce magazine s’adresse aux professionnels de l’Horeca, il ne le représente pas pour autant et les mesures détaillées dans l’article ne sont pas à prendre pour argent comptant dans le cadre d’une reprise des activités en Belgique. C’est ce qu’explique Fabian Hermans, administrateur de la fédération Horeca Bruxelles : "C’est un amalgame de tous les plans qui sont un peu tirés tous azimuts".

En coulisses, ça s’active

Mais où en sont les discussions annoncées par la Première ministre avec les secteurs en vue de la reprise éventuelle du 8 juin ?

"Nous sommes aujourd’hui occupés à préparer le guide du déconfinement", explique Fabian Hermans. Une fois prêt, "il va être remis également aux syndicats pour qu’ils puissent voir ce qu’il en est". La volonté du secteur est donc de mettre "tout le monde autour de la table" dans le cadre de la convention paritaire 312.

Les discussions ont donc lieu actuellement entre les représentants du secteur. Ceux-ci vont tenter de se mettre d’accord pour formuler une série de recommandations qui seront détaillées dans un guide. Ce guide fera l’objet de discussions avec les représentants syndicaux du secteur. Ensuite, ce guide sera présenté au groupe d’experts (le GEES). "On va devoir aussi travailler avec le gouvernement pour pouvoir mettre en place ce plan de déconfinement", ajoute le représentant de la fédération bruxelloise de l’Horeca.

Avec quels délais ? "On y est. On va mettre en place les discussions dans les heures, voire les jours à venir", ajoute le représentant du secteur. "On est en contact avec tout le gouvernement aujourd’hui. Donc, que ça soit du côté néerlandophone comme francophone, nous sommes en relation avec les différents membres du gouvernement et les différents experts. Nous avons des réunions aujourd’hui qui sont prévues avec eux. On est occupé, on travaille dessus".

Car le temps presse. Si le Conseil National de Sécurité décide de maintenir sa volonté de rouvrir les établissements le 8 juin, le secteur aura besoin de réponses rapides sur les modalités pratiques de ces réouvertures afin de s’organiser et de prendre les bonnes dispositions, le plus vite possible.

Quelles mesures ?

Quant à savoir quelles sont les recommandations précises qui sont sur la table, nous n’en saurons pas plus pour l’instant. Il est encore trop tôt pour s'avancer.

Fabian Hermans préfère d'ailleurs ne pas évoquer de mesures concrètes afin de préserver les discussions en cours et permettre d’ouvrir "dans le meilleur système possible", de préférence "rapidement", mais aussi "dans la plus grande sécurité" pour tous.

Plusieurs éléments alimentent cependant très certainement les discussions en cours comme la distance entre les clients et la capacité d’accueil des établissements avec des distances minimums requises entre les clients. Dans ce débat, il y a évidemment la possibilité d’installer des panneaux en plexiglas entre les tables ce qui permettrait d’augmenter le nombre de clients qui pourront être servis, mais cette option sera-t-elle validée par les experts ?

Il y a aussi le port du masque pour le personnel. Sera-t-il rendu obligatoire ? S’il l’est, comment s’assurer que tous les travailleurs du secteur puissent y avoir accès ?

Et puis, il y a aussi "les gestes barrières" comme la désinfection des mains des clients qui pourrait se faire avec un gel hydroalcoolique plutôt que de demander à chaque visiteur de se laver les mains à l’eau et au savon avant d’entrer dans l’établissement. Ou la désinfection et le nettoyage des lieux après occupation, comme pour les chambres d’hôtels ou les salles de réunion.

Mais ce n’est pas tout, car le secteur de l’Horeca est un secteur de contact avec les personnes, d’échanges, de services avec des normes d’hygiène déjà très strictes qui devront certainement être adaptées.

Il y a aussi des questions à régler sur des "détails" comme la gestion des paiements ou des accessoires de table comme les serviettes, nappes, salières, poivriers, etc. avec le risque d’avoir énormément de "consommables à usage unique".

La question de la rentabilité

Enfin, une fois que le secteur aura trouvé un accord sur ces dispositions et qu’elles seront validées par le gouvernement fédéral, il faudra encore que les établissements fassent leurs comptes. Plus de dépenses en raison des mesures spécifiques à prendre, mais aussi moins de rentrées avec une capacité d’accueil limitée.


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"Aujourd’hui, il faut savoir qu’un établissement, si vous ne mettez que 20 couverts là où il y a normalement de l’espace pour 30 personnes, au vu du nombre de personnel, il n’y a pas de rentabilité. Donc il ne faut pas oublier aussi ce point de vue là. On doit garder la possibilité du chômage de force majeure pendant une plus longue période", insiste l’administrateur de la fédération Horeca Bruxelles.

Beaucoup de questions qui restent en suspens alors qu’en coulisses les discussions se poursuivent. Le secteur espère que, comme pour les coiffeurs ou les centres d’esthétiques qui ont pu rouvrir ce lundi 18 mai, des réponses à ces nombreuses questions arriveront rapidement afin de se préparer activement à rouvrir ses portes le 8 juin, et reprendre progressivement une activité "normale".