Coronavirus en Belgique : les hôpitaux constatent-ils vraiment une augmentation ? Oui, mais dont l'intensité est variable

Coronavirus en Belgique : une situation variable dans les hôpitaux
Coronavirus en Belgique : une situation variable dans les hôpitaux - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Les chiffres de l’Institut de santé publique Sciensano mis à jour ce samedi matin montrent une brusque hausse des nouvelles hospitalisations.


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Il y a eu 204 nouvelles hospitalisations sur la seule journée de ce vendredi 26 février, un chiffre qui n’avait plus été aussi élevé depuis le 29 décembre (208), alors que la moyenne quotidienne des admissions avoisinait les 120 au début de la semaine dernière. Dans ce contexte, le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbrouck (sp.a) a demandé aux hôpitaux de basculer en phase 1B. Cela implique de réserver la moitié des lits en soins intensifs pour des patients Covid-19.

Comment cela se traduit-il sur le terrain au sein des hôpitaux ? Nous avons contacté quelques hôpitaux.

Région bruxelloise

En Région bruxelloise, l’hôpital Erasme confirme cette tendance à la hausse, mais estime qu’il est trop tôt pour en tirer des conclusions. Aucun chiffre n’a été communiqué pour l’instant.

Dans les hôpitaux du groupe Iris-Sud, le médecin chef Philippe Peetrons a lui constaté entre mardi et vendredi de cette semaine une hausse importante des patients entrés en soins intensifs. Si avant cette date la moyenne des patients Covid-19 était de 20 à 30%, elle est depuis jeudi soir de 50%. Vu la situation, une nouvelle salle dédiée aux patients Covid-19 a été ouverte (elle avait été fermée juste avant les vacances de Carnaval) depuis mercredi de cette semaine.

Pour ce qui est de l’explication, Philippe Peetrons constate qu’il y a souvent une hausse après les vacances : "Mais nettement moins fort et moins rapide que cette fois-ci. Je pense que c’est une combinaison des retours de vacances […] et de la présence aussi du mutant anglais qui est beaucoup plus rapidement contagieux que le précédent". Cet expert constate d’ailleurs que la plupart des patients testés dernièrement ont été contaminés par le variant britannique.

Namur

Dans la province de Namur, le directeur médical du CHU Mont-Godinne, Benoît Rondelet confirme une hausse importante des nouvelles admissions. Il y aurait une double explication, selon cet expert. Tout d’abord, une première origine des contaminations auprès de patients internes, fragiles. Et puis : "On a quand même noté une augmentation du nombre de patients qui passent par les urgences et qui viennent en parallèle avec le taux de contaminations en Belgique".

Charleroi

Au CHU de Charleroi, alors que depuis la mi-janvier l’hôpital avait constaté un plateau au niveau des nouvelles admissions de patients Covid-19, avec entre 15 et 25 personnes au total dans les unités Covid et 2 ou 3 patients Covid-19 en soins intensifs, depuis quelques jours (2-3) ce nombre a augmenté avec ce matin 7 patients en soins intensifs, nous confirme Frédéric Dubois, responsable communication. Il rappelle néanmoins que la situation n’est pas celle du mois novembre où il y avait eu jusqu’à 47 patients Covid-19 en soins intensifs et plus de 230 personnes hospitalisées dans les unités Covid au CHU de Charleroi. Une situation jugée inquiétante pour cet homme en regard de la situation nationale au niveau des hospitalisations.

Liège

A Liège, Philippe Devos, le médecin chef adjoint de l’Unité des soins intensifs au MontLégia constatait ce vendredi 26 février une situation stable dans la province, "avec une progression modeste de 15 à 17% des lits de soins intensifs pour la semaine qui vient de s’écouler".

Pour ce spécialiste, les situations sont différentes selon les lieux en Belgique. "Par contre, en Flandre orientale et occidentale la situation est beaucoup plus compliquée. On a déjà atteint les 25% d’occupations en soins intensifs. Et 6 hôpitaux en Belgique ont déjà dépassé les 50% d’occupation en soins intensifs avec des patients Covid. Donc, certains hôpitaux sont en train de monter très vite et très fort dans certaines régions du pays. Il y a donc, visiblement, des clusters des nouveaux variants dans ces endroits-là qui mettent en difficulté déjà le système des soins de santé actuellement".


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Pour conclure, Philippe Devos comprend que certains hôpitaux soient préoccupés, notamment ceux qui atteignent plus de 50% de patients Covid-19. Pour les autres : "La situation est encore tout à fait gérable et on pourra aider ces 6 hôpitaux en difficultés sans aucun problème actuellement".

Quant au choix du Comité de concertation de reporter les décisions d’une semaine, le spécialiste estime : "On est dans une phase où il est prudent d’observer encore une semaine, ça me semble logique. Surtout que la volonté c’est quand même d’essayer de lever les mesures. Et donc, se donner une petite semaine d’observation pour voir où on va me semble raisonnable puisque, pour le moment même les modèles mathématiques ne nous permettent pas de prédire avec une probabilité élevée là où on va".

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