Coronavirus en Belgique : sur quels critères se base Sciensano pour établir le "taux de reproduction"?

Lors de la conférence de presse de ce mercredi, la porte-parole du centre de crise Covid-19 Frédérique Jacobs a tenu à donner des explications sur le "taux de reproduction". Ce taux donne une estimation du niveau d’infection, "mais qui dépend du comportement de chacun et des caractéristiques du virus. Il existe plusieurs taux de reproduction. Le plus souvent il s’agit du taux de reproduction de base, le 'R Zéro', qui correspond au nombre moyen de personnes qu’une personne malade va contaminer dans une population dans laquelle aucune mesure de protection n’a été prise, et qui n’est pas immunisée. C’est ce taux que l’on calcule au tout début de l’épidémie. Il va dépendre de trois facteurs : la durée de la contagiosité après infection, la probabilité d’une infection après un contact entre une personne infectée et une personne susceptible de l’être, et la fréquence des contacts humains. Ce R Zéro sera d’autant plus important que ces trois facteurs sont élevés. Par exemple, en Chine au début de l’épidémie, lorsqu’aucune mesure n’était prise, ce R Zéro a été estimé à 3,28. Une personne infectée avait en moyenne la capacité d’infecter 3,28 personnes".


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Actuellement il est question d’un autre taux de reproduction du virus : "le 'R T' ou 'R effectif'. C’est un taux de reproduction à un moment donné. Il évolue au cours de l’épidémie en fonction des mesures de contrôle. Ce taux peut être régulièrement recalculé avant d’estimer l’évolution de l’épidémie en fonction des mesures qui ont été prises. Si ce taux de reproduction reste inférieur à 1, cela veut dire que chaque personne infectée va contaminer moins d’une personne, et l’épidémie va progressivement disparaître. Mais si le R est supérieur à 1, chaque personne infectera plus d’une personne et l’épidémie se poursuivra. Le but des autorités est naturellement de faire baisser ce R T et de le maintenir en-dessous de 1 afin de contenir, puis de stopper l’épidémie".

Frédérique Jacobs poursuit : "Le taux R T est calculé principalement de deux manières complémentaires. Soit il est évalué sur base des hospitalisations, soit en fonction du nombre de cas positifs détectés. Pour l’évaluation au niveau national, Sciensano a choisi de se baser sur le nombre d’hospitalisations. Ce paramètre est considéré comme plus fiable parce que le nombre de cas est répertorié chaque jour. Le nombre de personnes détectées dépend du nombre de personne testées. Ce sont surtout les personnes âgées qui sont hospitalisées a une influence sur les chiffres".

"En fonction des mesures prises, le taux R national a fortement diminué, mais est récemment passé au-dessus de 1", comme le montre le graphique suivant :

"Si l’on calcule le R T en fonction du nombre de tests PCR positifs, cela est intéressant lorsque le nombre d’amissions est faible. Ce taux traduit mieux la propagation du virus dans la communauté, il est indépendant de la pyramide des âges. Sciensano a choisi ce mode de calcul pour la répartition des cas par province".

Voir ci-dessous :

"Il est important de comprendre que ce taux n’a pas été mesuré, mais il a été calculé en fonction de paramètres qui tentent de reproduire le comportement humain. Des modèles mathématiques complexes ont été utilisés. Et le taux est donné avec un intervalle de confiance entre une valeur faible et une autre plus élevée. Le taux de reproduction doit être apprécié au côté d’autres indicateurs".

"Si le taux de reproduction diminue, cela ne signifie pas que le potentiel de contagion du virus diminue. Si l’on réduit les mesures, on peut voir ce taux augmenter très rapidement", dit-elle encore.

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