Masques, gel hydroalcoolique: les conseils du Centre de crise pour recevoir des amis à la maison au temps du coronavirus

Trois fois par semaine, le Centre interfédéral de crise coronavirus tient sa conférence de presse. Ce mercredi 7 octobre, elle a donc fait à nouveau le point sur l’évolution de la pandémie de Covid-19 en Belgique. Elle a au lieu au lendemain de l’annonce par le Comité de concertation et les experts de nouvelles mesures pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Une conférence de presse attendue aussi vu la situation sanitaire qui inquiète les autorités. Selon les derniers chiffres de l’Institut de santé publique Sciensano le nombre moyen de nouvelles infections continue d’augmenter, avec 2088 nouveaux cas détectés en 24 heures, 104 nouvelles hospitalisations enregistrées en 24 heures et le nombre de décès quotidiens qui continue aussi d’augmenter avec un total de 80 morts pour la période entre le 27 septembre et le 3 octobre.


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Le porte-parole interfédéral Covid-19, l’infectiologue Yves Van Laethem a confirmé que la phase d’accélération de la contamination par le Covid-19 se poursuit en ce moment. Cela est vrai pour tous les types d’âges et pour tout le pays. Il rappelle cependant que l’augmentation est plus importante à Bruxelles et en Wallonie. Les 7 derniers jours, il a eu en moyenne 2466 nouveaux cas soit 57% de plus que la semaine précédente. L’infectiologue a rappelé qu’il y avait eu mercredi, jeudi et vendredi dernier plus de 3200 nouvelles infections en une seule journée.

Si les infections ont lieu dans tous les groupes d’âge, cela se déroule de façon majoritaire chez les jeunes dans la vingtaine qui représente 20% des nouveaux diagnostics. Du côté des personnes âgées, elles sont à présent plus souvent touchées. Les plus de 90 ans ont actuellement un taux de contamination qui a doublé par rapport à il y a 8 jours.

Bruxelles 2e sur le podium des capitales européennes

Yves Van Laethem a rappelé que Bruxelles-Capitale est toujours en tête en termes de contaminations avec 540 nouveaux cas diagnostiqués par jour. Ce chiffre correspond à 505 nouveaux cas pour 100.000 habitants pour 14 jours. "La capitale occupe actuellement la deuxième place du podium des capitales européennes entre Madrid et Paris", explique l’infectiologue.

Un scénario de visite à la maison

Après ces chiffres qui ne sont pas très bons, le porte-parole interfédéral Covid-19 a rappelé les nouvelles directives annoncées ? Au-delà de la cellule familiale, Yves Van Laethem est revenu sur les 4 personnes que nous pouvons recevoir à la maison, pour discuter ou pour un souper par exemple. Ces personnes ne sont donc pas des contacts étroits avec vous, elles ne pourront pas enlever le masque en face de vous et ne pourront pas vous embrasser et vous serrer la main. "Là, clairement, les précautions, la distance, le masque si nécessaire sont d’application", a-t-il insisté. "Cela ne veut pas dire que l’on doit se retirer dans une cellule et vivre comme des moines. Ça veut dire qu’il y a moyen de faire des choses en vivant à une époque de coronavirus en attendant que les choses aillent mieux et qu’un vaccin soit disponible".

Pour nous aider à mieux comprendre ce que l’on peut faire, le porte-parole interfédéral Covid-19 nous propose un scénario d’une visite à domicile émaillé partout des 6 règles d’or.

"Ce que vous allez essayer de faire en recevant des gens chez vous, c’est ce qui se passe actuellement dans un restaurant […] Toute visite à domicile de quelqu’un commence par une invitation et je pense que malheureusement on est à une époque des invitations, l’impromptu est quelque chose qui doit être en partie mis entre parenthèses".

Yves Van Laethem explique ensuite que l’on peut d’abord discuter avec le ou les personnes de la façon dont cette visite va se dérouler. Lui expliquer que l’on tient à respecter toutes les précautions actuelles pour éviter les risques de contamination. Et il rappelle cette règle : "On ne vient pas chez quelqu’un pour passer une soirée si on a des symptômes compatibles avec un Covid et vous savez qu’ils sont éventuellement variés. On ne vient pas chez quelqu’un si on est un contact à haut risque et qu’on va faire un frottis le lendemain ou qu’on l’a fait le matin et qu’on attend les résultats…". L’infectiologue rappelle que dans ce cas-là on se met en quarantaine.

Au moment de l’accueil de ces personnes chez vous, tout le monde doit porter le masque. On se dit bonjour sans se serrer la main ou se faire la bise. "Vous allez faire comme on fait maintenant, comme mes petits enfants m’ont appris, en se cognant le coude ou la cheville, c’est très gai aussi". Le scénario se poursuit avec le moment où chacun retire son manteau et le met au vestiaire, porte-manteau sans s’attarder dans le hall d’entrée qui est souvent petit et où l’on risque d’être très proches les uns des autres. On ira vers le lieu où doit se dérouler la soirée. "On va s’asseoir et on essayera d’y rester. On ne va pas déambuler dans tous les coins, chipoter dans bouquins, les disques ou autre chose […] on va rester le plus stable, comme on le fait actuellement au restaurant".

Pendant la soirée on garde également les distances. En essayant de garder le 1m50 recommandé. On peut enlever son masque lorsqu’on est assis au salon ou dans la salle à manger pour boire et manger. "Mais on ne va pas mettre son masque n’importe où". On peut proposer aux visiteurs des enveloppes dans lesquelles ils pourront mettre leurs masques, par exemple. Rappelons qu’après avoir manipulé le masque il faut se désinfecter les mains. On pourra mettre à table à côté des boissons du gel hydroalcoolique.

Eviter de chanter

La personne qui va servir le repas devrait porter le masque (comme au restaurant). "En tant qu’invité vous aurez l’occasion d’être impoli. Vous pourrez rester assis et ne pas aider", continu Yves Van Laethem. Cela afin d’éviter que les gens se croisent ou se touchent. Il faut aussi éviter les buffets, pour ne pas se croiser.

Lors des discussions, évitons de crier, de chanter ou de parler trop fort, cela afin de limiter les projections de particules et d’atteindre quelqu’un.

Aux toilettes, comme au restaurant, il faut qu’il y ait du gel hydroalcoolique ou du savon. Pour s’essuyer les mains, privilégions des serviettes en papier ou un rouleau de papier essuie-tout plutôt qu’un essuie-main.

La pièce où se déroulera la soirée sera ventilée en entrebâillant, si possible, deux fenêtres qui se font face, mais en évitant les courants d’air. Yves Van Laethem, poursuit : "Ce ne sera pas évident, mais il vaut mieux avoir un peu froid et une bonne ventilation, que bien chaud et une transmission du virus".

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