Coronavirus en Belgique : "On peut enfin voir se dessiner le pic de cette deuxième vague", estime Yves Van Laethem

Comme chaque vendredi à 11 heures, le Centre de crise a tenu son point de presse pour faire l’état de la situation de l’épidémie de coronavirus en Belgique. Cette conférence de presse est un peu spéciale, c’est la 100e du genre depuis le début de la crise sanitaire dans notre pays.

Ce vendredi, les chiffres communiqués par Sciensano indiquent que le nombre de personnes actuellement hospitalisées a diminué pour la deuxième journée consécutive. On est ainsi passé de 7405 à 7282 patients hospitalisés des suites d’une infection au Covid-19 en Belgique. Ce chiffre reste toutefois en hausse dans certaines provinces, comme celle d’Anvers par exemple.


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Le nombre d’admissions à l’hôpital reste important (556 en 24 heures), mais il est inférieur à celui enregistré vendredi dernier (673). Par ailleurs, le nombre de lits occupés en soins intensifs continue, lui, d’augmenter légèrement, passant de 1412 à 1428 patients dans ces unités. Même si un ralentissement est observé.

"Les chiffres évoluent dans le bon sens", estime Yves Van Laethem

Les porte-parole du centre interfédéral de lutte contre le coronavirus ont estimé que ces "chiffres évoluent dans la bonne direction" et "on peut enfin voir se dessiner le pic de cette deuxième vague", a estimé Yves Van Laethem.

Le nombre total de contaminations diminue pour toutes les catégories d’âge de la population en dessous de 70 ans. Les plus de 90 ans restent les personnes les plus touchées.

Cette diminution globale est également observée géographiquement dans toute la Belgique sauf dans la province de Namur.

Graphique à l’appui, le Centre de crise indique que si cette tendance à la diminution des cas se poursuit, le mardi 27 octobre (il y a une dizaine de jours) pourrait rester comme le "pic de la deuxième vague" avec 22.171 nouvelles infections rapportées en une seule journée.

Ces chiffres encourageants n’empêchent cependant pas que le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes reste "extrêmement élevé dans notre pays".

Concernant le nombre de nouvelles admissions à l’hôpital, ce chiffre diminue, lui, pour la première fois sur les deux derniers jours. "Cependant le nombre de patients en soins intensifs continue d’augmenter", indique Yves Van Laethem même si c’est à "un rythme moins rapide".

"Le nombre de décès est toujours très élevé, mais là aussi, il y a un léger ralentissement", a précisé le porte-parole francophone. Il a également évoqué le nombre particulièrement élevé des décès rapportés le lundi 2 novembre et les 196 personnes qui sont décédées en 24 heures des suites du coronavirus.

Il faut maintenir le rythme actuel d’observation des mesures pendant encore de longues semaines

Un bilan plutôt rassurant mais très vite tempéré par M. Van Laethem : "La réelle diminution de la courbe est encore devant nous, et pas juste devant nous. Il faut maintenir le rythme actuel d’observation des mesures pendant encore de longues semaines avant que l’on puisse être en relative sécurité, ce n’est évidemment pas le moment de baisser les bras".

Par ailleurs, la situation générale dans les maisons de repos se dégrade depuis plusieurs semaines.

Appel à se faire soigner via son médecin ou à l’hôpital pour les pathologies hors Covid

Un appel a également été lancé à la population qui est malade ou qui nécessite des soins mais qui hésite à consulter son médecin ou à se rendre à l’hôpital. Le Centre de crise indique recevoir des indications de la part des médecins et des hôpitaux sur une situation "anormalement calme". Pas à cause du coronavirus, mais bien pour ce qui concerne le traitement d’autres maladies ou pathologies.

Cette hésitation serait présente pour une partie des personnes qui sont malades qui penserait que les médecins et les hôpitaux sont débordés, un peu à l’image de la situation en mars-avril dernier. "Nous craignons que les personnes qui ont des plaintes de perte de poids, de sang dans les selles, d’expectorations purulentes avec du sang par exemple ne se présentent pas chez leur médecin traitant", soit par crainte de ne pas être reçu, soit d’être contaminé.

L’appel de Steven Van Gucht et Yves Van Laethem est clair : "Ne laissez pas votre santé s’altérer" et n’hésitez pas à consulter votre médecin ou à vous rendre à l’hôpital si nécessaire.

Rappel sur le port correct du masque

Constatant que le masque n’est pas toujours porté de façon adéquate, Steven Van Gucht et Yves Van Laethem rappellent que le masque doit être porté lorsque la distance de sécurité de 1,5 mètre ne peut pas être respectée en permanence. Cependant ceux-ci doivent être mis convenablement pour être efficace/

"Les mettre mal, les manipuler de façon inadéquate, les rend d’une par moins efficaces et d’autre part, dans certaines circonstances, peut poser un problème de santé", rappelle Yves Van Laethem. Il précise également :

  • Le masque devrait s’appeler masque facial plutôt que masque buccal car il doit couvrir à la fois la bouche mais aussi le nez pour être efficaces. "Nous voyons trop de personnes dont le nez dépasse significativement", ajoute-t-il.
  • Il faut éviter que le masque "baille", soit qu’il laisse de larges espaces sur les côtés. Une observation qui se manifeste plus avec les masques en tissus qui sont parfois plus éloignés de la peau et laissent des interstices plus importants que les masques chirurgicaux. Il ne faut pas croiser les élastiques des masques pour éviter ce phénomène.
  • Eviter les manipulations "hasardeuses", c’est-à-dire manipuler les masques après s’être lavé les mains. Il faut éviter de toucher le masque à pleine main et éviter de toucher son visage, même si c’est un réflexe inconscient pour de nombreuses personnes.
  • Pour ajuster un masque avec des rubans, il faut commencer par poser le masque correctement au niveau du visage, au-dessus du nez, puis à fixer les rubans du haut au niveau du crâne puis tirer vers le bas pour qu’il passe en dessous du menton avant de fixer les rubans du bas.
  • Ajuster un masque avec des élastiques se fait en le prenant pas le bas de celui-ci, en tirant avec deux doigts le bord du masque en le tirant sous le menton et au-dessus du nez et enfin en pinçant la petite attache qui s’y trouve probablement.
  • Un masque est là pour maximum une journée pour un emploi "paisible", quatre heures si vous parlez plus par exemple.
  • Il ne faut pas laisser traîner son masque et prévoir un endroit adéquat pour le conserver.
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