Coronavirus en Belgique: soleil et chaleur ce week-end ont poussé certains à défier le confinement

Soleil et chaleur ce week-end ont poussé certains à défier le confinement (photo d'illustration)
Soleil et chaleur ce week-end ont poussé certains à défier le confinement (photo d'illustration) - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

Le soleil et la chaleur de ce week-end ont donné des envies de prendre l’air. A condition, bien sûr de respecter les règles du confinement et de la distanciation sociale.

Tous les ingrédients étaient réunis ce week-end pour qu’il y ait plus de laisser-aller chez les citoyens. Cela n’a pas forcément le cas, même s’il y a eu des abus.

Les zones de police du pays ont veillé au grain. A Bruxelles, par exemple, les parcs publics ont attiré du monde. Selon la porte-parole de la zone de police de Bruxelles, samedi a été une journée chargée pour les services de police.


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On ne parle pas ici de relâchement général de la part de la population. Cependant des procès-verbaux ont été dressés "Il y a eu des dizaines de procès-verbaux dressés", explique Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone de police de Bruxelles. "Mais il n’y en a pas eu plus que le week-end passé, une majorité des gens respecte et une minorité ne respecte pas", ajoute-t-elle. 

Certains endroits ont posé plus de problèmes que d’autres : "Par exemple, dans le Bois de la Cambre, il y avait beaucoup de monde et peu de respect. On a vu ça aussi à d’autres endroits, même à Neder-Over-Hembeek, où il fait en général très calme, il y avait aussi, dans les parcs, des rassemblements de jeunes et de gens qui ne respectaient pas vraiment les mesures prescrites". 

Des personnes ont ainsi organisé des pique-niques ou ont utilisé leur voiture pour des déplacements non-essentiels.

Des contrevenants au courant des interdictions

Même son de cloche du côté de la zone de police de Bruxelles-Sud : "Le week-end précédent, on a verbalisé des gens qui ne s’attendaient pas à l’être. Ce week-end-ci, on a plutôt verbalisé des personnes qui savaient très bien ce qu’elles faisaient. Les infractions commises étaient volontaires et donc, plus graves", explique Stéphanie Hugo, la porte-parole.


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Certains ont tenté de commettre des incivilités plus discrètement en profitant d’espaces verts plus reculés, impossibles d’accès aux patrouilles de police motorisées.

Ils ont parfois été dénoncés par d’autres personnes : "Certains citoyens nous envoient des photos d’espaces verts plus reculés où ne patrouillons pas de manière très régulière. Là, des gens s’installent sur les pelouses, prennent des bains de soleil, font des apéritifs. Dans ces cas-là, nous envoyons des patrouilles pédestres pour rappeler les règles et sanctionner", poursuit la porte-parole de la zone Bruxelles-Sud.

La police a aussi rencontré des difficultés par-ci, par-là avec les plus jeunes. "Nous avons constaté que dans les communes où il y a des venelles ou des parties piétonnes, les jeunes en profitent pour se rassembler et provoquer nos patrouilles en jouant au chat et à la souris", explique Stéphanie Hugo.

Un constat semblable dans la zone de police de Nivelles-Genappe. "Il existe une série de personnes qui, parce qu’elles en ont marre ou par provocation recommencent à avoir des activités qui sont encore proscrites", explique Pascal Neyman, le Chef de corps de la zone Nivelles-Genappe. 

Ce qui autorisé, c’est le petit noyau familial

Il donne comme exemple un rassemblement familial d’une quinzaine de personnes autour d’un barbecue. "Toute activité récréative privée est interdite. Le but est d’éviter un rassemblement d’un grand nombre de personnes. Cela peut être dix, quinze ou vingt personnes. Tout cela est interdit", poursuit Pascal Neyman.

"Ce qui autorisé, c’est le petit noyau familial. Donc, le couple et les enfants. Au-delà, avec des parents proches, des amis, des grands-parents, tout cela est interdit", conclut-il.

Pas toujours évident de respecter les distances

Dans les zones de police que nous avons contactées, la grande majorité des gens respectaient les mesures liées au Covid-19. Cependant, constate Stéphanie Hugo, porte-parole de la zone de police Bruxelles Sud, "vu le nombre de gens qui se rendent dans les parcs, cela devient de plus en plus compliqué de respecter les règles de distanciation. Les parcs sont assez anciens et mesurent 1,5 m de large. Donc, quand une famille de quatre ou cinq personnes en croise une autre, c’est difficile de respecter les règles. Dans ce cas-là, ce n’est pas volontaire, il n’y a pas d’infraction, donc pas de sanctions", conclut la porte-parole.

Des promeneurs auraient même suggéré que l’on mette les chemins et sentiers des parcs à sens unique… Impossible, répond la police.

On ne parle donc pas, dans les zones de police contactées, d’explosion de procès-verbaux, ce week-end. Cependant, on appelle à la vigilance et au respect des règles établies dans le cadre de l’épidémie de Covid-19, pour éviter que des mesures plus drastiques ne doivent être prises.

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