Coronavirus en Belgique : "Si vraiment ce variant continue à se propager, on va devoir reconsidérer notre stratégie à l’école et à l’extérieur", estime Marius Gilbert

Une semaine après avoir été invité sur le plateau du JT de la Une, l’épidémiologiste de l’ULB Marius Gilbert y était de nouveau ce dimanche soir. Et cette fois, il est "plus inquiet", admet-il. Il faut dire qu’entre les contaminations qui augmentent dans les écoles, l’accélération de la propagation du variant britannique du covid-19 et la baisse de l’adhésion du public, la période est "un moment très compliqué à gérer", dit-il.

Face à la propagation des variants, la Belgique est-elle encore en position de contrôle ? "Par rapport à la situation antérieure, on réagit beaucoup plus vite, beaucoup plus fort, en testant tout le monde, de façon à essayer de circonscrire ces foyers le plus tôt possible avant qu’ils ne se propagent, explique Marius Gilbert. Mais ce qu’on voit, inéluctablement, c’est que la proportion d’échantillons dans lesquels on trouve ce variant ne fait qu’augmenter." Une augmentation qui était lente au mois de décembre, mais qui s’accélère depuis une semaine.


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A en croire le biostatisticien de la KUL Geert Molenberghs, un quart des nouvelles contaminations seraient dues au variant britannique. "Je pense que c’est une fourchette haute, parce que ça peut être un biais d’échantillonnage, mais ce n’est pas totalement irréaliste non plus, et c’est ça qui est vraiment problématique pour le moment", reconnaît l’épidémiologiste. Dans le même temps, d’autres indicateurs, comme les hospitalisations ou le taux de positivité, sont également à la hausse.

Selon Marius Gilbert, la conjoncture est loin d’être favorable, notamment au point de vue social. "On arrive dans une situation extrêmement tendue, affirme-t-il. On pourrait avoir d’un côté une acceptation sociétale qui est très basse, parce qu’on est au cœur de l’hiver, que c’est long et que c’est dur, et de l’autre côté, un retour en force de la transmission qui nous appelle à devoir éventuellement reprendre des mesures encore plus fortes."


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Concernant les contaminations dans les écoles, qui ont poussé certains établissements à suspendre les cours en présentiel, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a évoqué la possibilité de mieux appréhender les contaminations chez les enfants, et donc potentiellement revoir la politique actuelle. "La position sur les écoles a toujours résulté d’une estimation des coûts et des bénéfices, précise Marius Gilbert. On ne peut pas empêcher totalement la transmission dans les écoles, mais on estime que le dispositif actuel est un coût bénéfice raisonnable entre qualité pédagogique, de vie pour les jeunes enfants en particulier et contribution à la transmission."

Ça, c’est pour la situation actuelle. Mais si la transmission augmente, cette équation coût/bénéfice risque d’en être affectée. "Il faut intégrer cette réflexion dans un tout, c’est-à-dire que si vraiment ce variant continue à se propager, on va devoir reconsidérer notre stratégie générale, école et à l’extérieur", conclut l’épidémiologiste, qui rappelle que le testing et le séquençage sont deux outils très importants.

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