Coronavirus en Belgique : Sciensano pourrait pister le Covid dans les eaux usées à l’échelle nationale

"La Belgique va pister le Covid dans les eaux usées", c’est ce qu’indique la revue médicale spécialisée belge "Le spécialiste". Dans une publication datée de ce vendredi 26 juin, la revue rappelle que le virus est déjà pisté en Flandre et en Wallonie. Mais, selon leurs informations, l’Institut de santé publique Sciensano va lancer un nouveau projet de surveillance global basé sur ces premières initiatives. L’outil devrait aider à pister une hausse sensible de l’infection dans une zone géographique donnée.


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Plusieurs pays pistent déjà le virus Covid-19 dans les eaux usées rejetées par leurs concitoyens avant leur arrivée dans le système d’assainissement. Cette analyse des eaux usées est jugée par la revue comme "un outil de gestion de la santé publique qui peut être précieux". En Italie, par exemple, les analyses ont indiqué que le Covid-19 était déjà présent dans des eaux usées en décembre 2019.

Et en Belgique ?

En Région wallonne, la Société publique de gestion des eaux (SPGE) mène actuellement une série de tests pour vérifier la présence et la toxicité du virus dans les eaux usées.

Du côté de la Flandre les eaux usées de toute la région ont aussi été analysées par Aquafin qui est chargé de l’assainissement des eaux au nord du pays.

A Bruxelles, les autorités ont repoussé cette possibilité indique encore la revue. Un choix motivé par le fait qu’il n’existe que deux stations de traitement des eaux usées, ce qui ne donnerait pas de résultat interprétable au niveau de l’épidémie.

Un programme fédéral devrait démarrer

Il n’existe donc pas encore de programme d’analyse du virus dans nos eaux usées à l’échelle fédérale. C’est pour cette raison que l’Institut de santé publique Sciensano indique qu’un projet de surveillance du virus à l’échelle nationale devrait démarrer dans les jours qui viennent.

"Différentes initiatives ont déjà été prises pour suivre la concentration du virus dans certaines stations de traitement des eaux du pays, en Flandre et en Wallonie, mais par d’autres acteurs que Sciensano ", explique Lydie Denis, porte-parole de Sciensano à la revue médicale spécialisée.

"La présence de SARS-CoV-2 dans les eaux usées n’est plus à démontrer. Les personnes infectées excrètent le virus dans leurs selles et celui-ci se retrouve dès lors dans les égouts. Par contre, il est à noter que le coronavirus n’est pas stable et est relativement vite dégradé, comparativement à d’autres virus, perdant ainsi son caractère infectieux", indique encore la porte-parole.

"Un indicateur précieux, rapide et peu coûteux"

Des échantillons ont donc déjà été prélevés sur le territoire belge et des traces d’acide ribonucléique (ARN) appartenant au coronavirus ont été retrouvées dans les eaux usées de toute la Flandre, selon une série d’échantillons prélevés par Aquafin.

"Le résultat ne dit absolument rien de l’aspect contagieux du virus, il renseigne seulement sur sa dispersion", souligne la chargée de communication, Anja De Wit. L’ARN subsiste en effet après que le virus a perdu sa charge contagieuse. Plus aucune trace du virus n’a par ailleurs été retrouvée dans les eaux après assainissement.


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Ces résultats sont conformes aux prévisions et sont comparables avec ce qui a été constaté aux Pays-Bas où le virus avait été repéré dans les eaux usées à Tilburg ainsi que dans les stations d’épuration.

Pourtant, les eaux usées pourraient se révéler de formidables indicateurs sur la circulation du virus dans nos populations. Les microbiologistes à l’UCLouvain, Claude Bragard et Jacques Mahillon estiment que ce serait théoriquement possible de tracer le virus grâce à ces analyses : "Cela se fait d’ailleurs pour d’autres maladies et même pour déceler la consommation de drogue, par exemple la cocaïne". Une surveillance pilotée par le Centre européen de contrôle des maladies (ECDC). "Mais avant que ces informations puissent aider les infectiologues et autres épidémiologistes en lutte contre le coronavirus, il reste de la marge. On ignore encore comment se comporte le Covid-19 dans un milieu aquatique, comment il se dégrade dans des eaux usées".

En Israël, la détection du virus de la polio dans les eaux usées avait permis en 2013 de relancer une campagne de vaccination et donc d’éviter des paralysies d’enfants, indique encore "Le spécialiste".

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