Coronavirus en Belgique : reprise des cours en secondaire, la logique des silos pour les élèves, pas pour les profs ?

Covid-19 : Reprise des cours en secondaire : les profs en silos ou pas ?
Covid-19 : Reprise des cours en secondaire : les profs en silos ou pas ? - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le sujet a fait l’objet de discussions ces derniers jours dans le secteur de l’Enseignement, singulièrement à Bruxelles. Au centre des débats, une question, puisqu’il est prévu que les élèves du secondaire soient cantonnés dans des groupes, des silos, est-il possible qu’on fasse la même chose avec les professeurs ? La réponse est variable d’une école à l’autre, d’un pouvoir organisateur à l’autre.

Le point de départ est la circulaire 7550, du 25 avril 2020, émanant de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette circulaire établit les règles à suivre dans les établissements scolaires pour mettre en place les conditions de sécurité les plus optimales pour permettre une reprise partielle et progressive des leçons. Parmi les règles fixant les normes sanitaires strictes pour minimiser les risques de transmission, on peut lire " La logique de silos doit impérativement être respectée, en faisant en sorte que les groupes soient toujours composés de manière identique, et en évitant les mélanges d’élèves. Dans le secondaire, un groupe peut toutefois être en contact avec plusieurs enseignants mais en nombre le plus limité possible ".

Organisation des élèves en silos, répartition des profs : variable selon les écoles

Le principe du silo veut qu’un groupe d’élève d’une classe reste toujours le même pour chaque jour d’école. Dans l’enseignement primaire, il est plus simple de garantir que ce groupe d’élèves ne soit en contact qu’avec un enseignant, l’instituteur. C’est en revanche plus complexe dans le secondaire, où chaque matière est dispensée par un professeur différent. L’interprétation de la circulaire " Dans le secondaire, un groupe peut toutefois être en contact avec plusieurs enseignants mais en nombre le plus limité possible " a donc porté à discussion. Ce sont les mots " le plus limité possible " qui prêtent à interprétation.

Dans plusieurs écoles bruxelloises, les syndicats ont fait valoir auprès des pouvoirs organisateurs la nécessité de réorganiser les horaires pour éviter le plus possible que des professeurs ne soient en contact avec plusieurs " silos " d’élèves. Cela a été possible dans certains établissements. Là, on a revu les horaires pour garantir aux élèves et aux professeurs le cloisonnement. En revanche, d’autres établissements, dans d’autres communes ou dépendants d’autres pouvoirs organisateurs ne sont pas allés si loin. Certains, ont interprété à la lettre la circulaire dans laquelle il n’est pas fait mention de " silos " pour les professeurs et n’ont pas mis en œuvre d’alternatives.

Sujet du JT de ce lundi 18 sur la rentrée d'une jeune rhétoricienne: 

Le cabinet préconise la souplesse et le bon sens

Contacté, le cabinet de la ministre de l’Enseignement confirme qu’il faut, selon la circulaire, tout mettre en œuvre pour privilégier le principe d’un professeur par groupe d’élèves, tout en sachant que ce n’est pas facile dans le secondaire, vu la multiplicité des professeurs en fonction des matières enseignées. Il faut, dit-on au cabinet, faire preuve de " souplesse et de bon sens " pour limiter le nombre d’élèves par enseignant. Plusieurs enseignants par groupe d’élèves, c’est possible. Un professeur peut aussi enseigner dans plusieurs groupes, " en essayant de limiter " le nombre de groupes, explique-t-on au cabinet de la ministre Désir.
Une concertation est prévue chaque semaine entre l’administration, les pouvoirs organisateurs, les syndicats et les représentants des associations de parents pour évaluer le retour en classe et la mise en œuvre de la circulaire. Une rencontre entre ces acteurs est prévue mercredi, pour affiner, si besoin, le dispositif. " Souplesse, bon sens, tout en étant responsable " sont les mots d’ordre, conclut-on au cabinet de la ministre.