Coronavirus en Belgique : record d’utilisation d’Internet, l’équivalent de plus d’un million de films téléchargés par heure le 21 mars

Depuis le début des mesures de confinement pour tenter de contenir la propagation du coronavirus, les Belges ont fait un usage massif et tout à fait spectaculaire d’Internet. Le 21 mars, la Belgique a d’ailleurs explosé son record du nombre de données téléchargées en une seule journée, selon des chiffres de Telenet et Proximus. L’opérateur Voo confirme également ce pic du 21 mars pour le sud du pays.

Que ce soit pour rester en contact avec sa famille, se divertir ou pour travailler, les services en ligne n’ont jamais connu un aussi large succès. Selon les analyses des opérateurs, le samedi du premier week-end du confinement, nous avons battu un record de nombre de données téléchargées. Avec 2,6 terabytes par seconde chez Telenet, et encore d’avantage chez Proximus, c’est l’équivalent de plus d’un million de films qui ont été téléchargés… par seconde.

Le samedi 21 mars 2020, le record du trafic total sur le réseau internet fixe a donc été battu. Les internautes ont pulvérisé ce record de téléchargement avec 2,6 terabytes par seconde, rien que chez Telenet. Cela signifie que tous les internautes, de l’opérateur actif principalement en Flandre, ont téléchargé ensemble plus de 2600 gigaoctets sur le réseau câblé en une seconde. Comme si vous téléchargiez plus d’un demi-million de films en une heure.

Pour l’opérateur actif principalement au nord du pays, ce nouveau record est de 30% supérieur au précédent qui date de début 2020, et de 50% supérieurs à la consommation normale d’un samedi. En principe, une telle augmentation se fait progressivement et prend en moyenne une année entière.

Du côté de Proximus, l’opérateur a noté un pic de 2,77 teraoctets par seconde en internet fixe le 21 mars. Si on additionne le volume de l’Internet fixe et les données mobiles, on remarque un pic de 4,81 terabytes par seconde lors de ce premier samedi de confinement.

Chez Voo, le record de trafic a été aussi enregistré le samedi 21 mars avec un volume de données largement supérieur à la moyenne.

Streaming, jeux, vidéoconférences

Et ce n’est pas réellement une surprise que ce record d’échange de données ait eu lieu pendant cette période de confinement plus stricte.

L’opérateur télécoms Telenet a analysé le réseau et le trafic téléphonique lors de ces mesures (mesurées du 13 mars au 3 mai) et est parvenu à un certain nombre de conclusions assez exceptionnelles. Il estime que nous téléchargeons 30 à 40% de données supplémentaires qu’en temps normal.

Avant les mesures mises en place pour lutter contre le coronavirus, le réseau connaissait un pic principalement le soir, le réseau est désormais occupé tout au long de la journée, indique l’opérateur.


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"Nous sommes tous allés en ligne en masse ces dernières semaines", explique Isabelle Geeraerts de Telenet à nos collègues de la VRT. "Nous constatons un trafic important lié au streaming et de jeux. Pour ce qui est des téléchargements, nous avons également constaté que beaucoup plus de fichiers étaient envoyés dans les deux sens. Cela est lié à tout le trafic supplémentaire lié aux conditions de travail : les téléconférences, les appels vidéo et, bien sûr, tout ce que les élèves téléchargent".

Chez Proximus, "l’Internet fixe a atteint un pic de +50% juste après le confinement, ensuite il se stabilise quelque peu mais reste élevé", indique son porte-parole Haroun Fenaux.

L’opérateur constate lui aussi une consommation importante tout au long de la journée, et pas seulement le pic habituel en soirée. "Les volumes totaux en avril (mois complet de confinement) étaient en hausse de 30% par rapport à la moyenne de février (mois complet sans confinement). En mars, le volume était en hausse de 24% à la moyenne quotidienne de février", indique encore Proximus.

Augmentation de la durée des appels classiques également

L’opérateur de télécommunications Proximus constate également une augmentation de l’utilisation d’Internet, bien sûr mais aussi de la téléphonie "classique". Les volumes de téléphonie "classique" ont aussi augmenté chez Telenet. En temps de crise, nous nous servons à nouveau de nos téléphones pour passer des appels, même sur la ligne fixe. Nous passons ainsi 30% d’appels en plus avec la ligne fixe que pendant la période avant le confinement.

Le vendredi 13 mars, au lendemain de la première conférence de presse du Conseil de sécurité et de l’annonce des mesures, nous nous sommes appelés en masse. Ce jour-là, plus de 4,8 millions d’appels ont été passés sur la ligne fixe, soit 65% de plus qu’un jour de semaine normal. Le nombre d’appels passés via les smartphones a également explosé, atteignant 25 millions, du côté de Telenet.

"Ce qui est frappant, c’est que lors de moments importants ces dernières années, nous avons connu un pic de trafic de données, car nous communiquons alors en masse via WhatsApp, etc., mais nous avons apparemment estimé qu’il était aussi important de pouvoir s’entendre au téléphone en ces temps troublés", explique Isabelle Geeraerts de Telenet à la VRT.

Les premiers jours qui ont suivi le 13 mars, le téléphone a particulièrement "chauffé". Le réseau fixe a vu passer deux fois plus de minutes d’appel, le réseau mobile 35% de plus. À partir du jeudi 19 mars, le nombre d’appels a de nouveau légèrement diminué.

Depuis le début du mois d’avril, le nombre d’appels sur les téléphones portables est toujours supérieur d’environ 3% à la normale avec une moyenne de quatre à cinq appels par client et par jour. Nous effectuons également des appels plus longs : depuis le début de la crise du coronavirus dans notre pays, les appels durent en moyenne deux fois plus longtemps qu’auparavant. Surtout le dimanche, car nous avons davantage de temps devant nous pour échanger avec nos proches.

Chez Proximus, on a également connu des pics de consommation au niveau du nombre d'appels avec une augmentation de l'ordre de 50 à 60% peu après le confinement, puis une stabilisation du nombre d'appels. "Il est toutefois à noter que la durée moyenne des appels est beaucoup plus longue. Un appel qui durait en moyenne 3 minutes en février a augmenté à plus de 5 minutes en moyenne en avril pour la téléphonie fixe, pour le mobile une évolution similaire d'un peu plus de 2,5 minutes à près de 4 minutes en moyenne", indique Haroun Fenaux.

Pas d’embouteillages sur les réseaux malgré une forte augmentation de la consommation

L’opérateur Telenet qui a livré de nombreux chiffres sur l’utilisation de ses services télécoms par les consommateurs ces dernières semaines, estime aussi qu’il n’y a pas eu de saturation sur le réseau et que les opérateurs ont été en mesure d’absorber cette augmentation marquée des réseaux.

"Le réseau fixe et le réseau mobile ont tous deux été en mesure de gérer parfaitement cet afflux soudain de trafic, de sorte qu’il n’y a jamais eu d'"embouteillage sur Internet". Grâce aux nombreux investissements réalisés ces dernières années, les voies numériques sont suffisamment larges pour gérer facilement tout le trafic supplémentaire pendant la journée".

D'ailleurs, chez Proximus, les équipes techniques sont restée largement mobilisées pour assurer la continuité des services télécoms pendant cette période clé : "Nos techniciens ont continué à se rendre chez nos clients pour des raccordements urgents et des réparations essentielles afin de leur permettre de continuer à profiter de leur connexion internet pour travailler, communiquer et se divertirDurant le confinement, entre le 18 mars et le 17 avril, nos techniciens ont réalisé entre 1000 à 1500 interventions chez nos clients par jour. Depuis le 20 avril, une moyenne de 2000 interventions chez nos clients. Il s’agissait principalement d’installation suite à un déménagement ainsi que de réparation pour assurer la qualité et la continuité de leur connexion internet", indique l'opérateur. 

Car globalement, cette croissance du nombre de données échangées est une tendance lourde ces dernières années et des investissements sont faits pour pouvoir y faire face. 

Début 2020, Telenet a franchi le cap des 2 térabits ou 2000 gigabits par seconde. Cela signifie que les utilisateurs consomment deux fois plus internet qu’il y a trois ans. De plus en plus de données, de photos et de vidéos sont visionnées sur de plus en plus d’appareils en même temps.

"En ajoutant 600 gigabits par seconde au trafic total en une journée, Telenet a obtenu un nouveau pic sur le réseau, qui était 30% plus élevé que le précédent, soit une consommation de 50% supérieure à la normale pour un samedi. Normalement, cette augmentation est progressive et il faudrait en moyenne une année entière pour y parvenir", indique encore l'opérateur.

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