Coronavirus en Belgique : que signifie le pic récent de cas en Wallonie et à Bruxelles ?

Coronavirus en Belgique : que signifie le pic récent de cas en Wallonie et à Bruxelles ?
2 images
Coronavirus en Belgique : que signifie le pic récent de cas en Wallonie et à Bruxelles ? - © Tous droits réservés

Depuis quelques jours, le nombre de cas reportés en 24h (à bien différencier du nombre de cas selon la date de diagnostic) explose en Belgique : + 745 cas ce 1er août, +671 cas la veille, +673 cas le 30 juillet, des chiffres bien plus élevés que les jours précédents.

Pour comprendre cette hausse significative de ces chiffres, il faut sortir de la logique de moyenne sur sept jours, et se concentrer sur les chiffres de cas quotidiens des derniers jours, consolidés ou non. Sciensano base ses moyennes sur des chiffres consolidés, ce qui donne un aperçu de la situation avec un retard de 3 à 5 jours. Cette méthodologie permet d’avoir un aperçu bien plus juste de la situation réelle, mais efface les effets de pics récents. Il est donc important d’à la fois considérer les moyennes, et les chiffres absolus journaliers.

Depuis la mi-juillet, les cas quotidiens sont en croissance constante pour la Flandre, et si les deux autres régions ont également vu leurs nombres de cas quotidiens augmenter, cela restait proportionnellement limité, même en considérant que la Flandre représente 60% de la population belge.

Ces 28 et 29 juillet, cependant, le nombre de cas a soudainement augmenté pour la Wallonie et Bruxelles : respectivement 159 et 123 cas, ainsi que 76 et 81 cas. Des chiffres qui font quasi le double de la moyenne des cas sur les deux semaines précédentes (qui tourne autour de 20-30 pour Bruxelles, et 50-60 pour la Wallonie). Simple rebond limité dans le temps, ou amorce d’une résurgence qui pourrait suivre le même chemin que la Flandre ?

Remarque : les décès et hospitalisations semblent actuellement être des indicateurs peu valables de la propagation du virus, vu le nombre élevé de cas auprès des jeunes, beaucoup moins exposés à une aggravation de la maladie.

Wallonie : propagation plutôt diffuse du virus

Un début de vague épidémique se caractérise par l’apparition de foyers localisés, il est donc important d’avoir une idée des chiffres à plusieurs niveaux géographiques, du pays jusqu’à la commune. Du niveau des régions, passons à celui des provinces et des communes. Une augmentation moyenne des cas est constatée dans toutes les provinces, avec plus ou moins d’importance.

La province d’Anvers a été identifiée depuis une bonne semaine comme une des zones où le virus est le plus actif, des mesures particulièrement contraignantes ont dû être mises en place pour limiter la mobilité de ses habitants. Vu son nombre de cas très élevés, la Ville d’Anvers est considérée par certains experts et politiques comme un potentiel épicentre belge de l’épidémie. Fêtes entre jeunes et réunions de famille sont identifiés comme les principales raisons de la propagation du virus à Anvers. La Flandre occidentale est la deuxième province flamande la plus touchée, sans pour autant atteindre les niveaux d’Anvers.

Du côté wallon, trois provinces sont sur la corde raide : d’un côté, Namur et Liège, ou le nombre de cas a sensiblement augmenté ces derniers jours, et de l’autre le Hainaut, où l’augmentation est plus progressive mais bien présente.

  • A Namur, alors que le nombre de cas ne dépassait plus les 5 par jour depuis début juin, le nombre de cas a passé un premier cap en dépassant les 10 cas le 22 juillet, puis encore un palier les 28 et 29 juillet, avec à chaque fois 22 cas. Presque la moitié de ces cas concernent la Ville de Namur, qui comptabilise 10 cas le 28 juillet, et 8 cas le 29. Le reste des cas namurois des derniers jours se distribue principalement dans les communes de Dinant, Mettet, Floreffe, Eghezée, Ohey, chacune de ces communes rapportant moins de cinq cas quotidiens.
  • A Liège, un pic de 72 cas a eu lieu le 28 juillet, alors qu’on ne comptait en moyenne qu’une trentaine de cas la semaine précédente. C’est la commune de Verviers qui explique ce pic, où 23 cas ont été recensés au 28 juillet. Autrement, la Ville de Liège, Seraing et Saint-Nicolas sont les communes où l’on cumule le plus de cas sur plusieurs jours, sans qu’un pic conséquent ne soit constaté (Liège se rapproche ponctuellement des 10 cas journaliers).
  • Dans le Hainaut, l’augmentation est progressive depuis deux semaines, pour atteindre 55 cas ce 29 juillet. Cette hausse n’est pas due à une commune en particulier, une grande majorité de celles qui répertorient de nouveaux cas en comptent moins de cinq par jour. Seules Charleroi, en certaines dates, et Montigny-le Tilleul, le 29 juillet, dépassent les 5 cas quotidiens, en restant sous la barre des dix. La propagation du virus semble donc plus diffuse dans le Hainaut.
  • Concernant le Luxembourg, un pic de 20 cas a eu lieu le 15 juillet (à cause d’un foyer à Aubange), mais n’a pas été l’amorce d’un réel rebond du virus dans le sud du pays.
  • Du côté du Brabant Wallon, le pic de 15 cas le 28 juillet ne s’explique pas par une commune en particulier : la circulation du virus semble faible et diffuse dans la province brabançonne.

La capacité de dépistage et l'efficacité du suivi de contact sont des paramètres qui n’ont pas pu être intégrés dans cette analyse, vu la pauvreté des données et informations partagées par les autorités autour du sujet.

Bruxelles : la crainte d’une forte résurgence

En région de Bruxelles, une partie des politiques voient dans le pic du 28 et 29 juillet la possible apparition d’une nouvelle vague, qui pourrait être dû aux retours de vacances. Alain Maron a ainsi annoncé que les capacités de testing seront augmentées, et deux députés N-VA et CD&V ont demandé une réunion d’urgence de la commission Santé du parlement bruxellois.

L’analyse par commune ne permet pas d’identifier clairement des foyers dans des communes particulières. Schaerbeek et Bruxelles-Ville tournent autour des 10 cas journaliers, et Ixelles dépasse depuis quelques jours les 5 cas journaliers. Quelques cas ont été reportés dans différentes maisons de repos de la région.

Seuls les chiffres des prochains jours pourront valider, ou non, l’hypothèse d’une forte résurgence du virus dans la capitale.


Données utilisées pour ces analyses, extraites et traitées depuis les données brutes mises en accès libre par Sciensano :


Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK