Coronavirus en Belgique : quand dois-je me soumettre à un test ? Réponse ici

Jusqu’à ce week-end, le recours au testing était très large. Avec le tracing, c’était d’ailleurs une des bases de la lutte contre le coronavirus : il fallait tester le plus grand nombre de personnes pour pouvoir identifier les porteurs du virus et avertir les autres afin qu’ils se protègent. Mais pour cela, il faut une très large capacité de prélèvement et de traitement de ces tests PCR (gorge-nez) et c’est à cette exigence que notre système de prévention s’est heurté.

Bien sûr, le nombre de tests a augmenté de manière spectaculaire, passant de quelques milliers par jour en mars à près de 50.000 aujourd’hui avec même des pointes à 70.000 mais ce n’est plus suffisant, il en faudrait 90.000. En attendant que cela augmente, notamment grâce à l’achat de machines supplémentaires ou au développement de méthodes alternatives, il a fallu prendre des mesures. Plusieurs ministres se sont penchés sur la question, nous avons analysé leurs décisions.

Règle 1 : pas de symptômes = pas de test

Les centres de test étant saturés et les délais pour avoir les résultats étant de plus en plus longs, les différents ministres de la santé ont donc convenu ce lundi de réduire le nombre de personnes priées de se faire tester. Le principal changement, c’est que les personnes asymptomatiques, c’est-à-dire celles qui ne présentent aucun signe de la maladie ne doivent plus se faire tester, même si elles ont eu un contact à haut risque avec une personne positive (en général, on estime qu’il y a haut risque quand on a passé plus de 15 minutes à moins d’1,5 mètre ou sans protection avec une personne positive).

Ces personnes suspectes peuvent avoir été prévenues par le centre de tracing ou par la personne positive elle-même. Elles sont dans la même catégorie que les voyageurs qui reviennent d’un séjour de plus de 48 heures dans une zone rouge.


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Jusqu’à présent, on leur demandait à tous et toutes de subir un test sans tarder, un centre de prélèvement mobile avait même été installé à la sortie de Brussels Airport pour que les passagers puissent se faire dépister dès leur descente d’avion. Mais tout cela c’est désormais du passé : fini les tests pour ceux qui ne manifestent aucun symptôme sérieux, étant établi qu’un simple éternuement ou un léger mal de gorge ne constitue pas un symptôme alarmant mais en cas de doute, la question doit bien sûr être posée à son médecin.

C’est d’ailleurs lui qui va juger de la suite des événements. Car l’absence de test ne signifie pas que la vie continue comme un long fleuve tranquille, au contraire.

Règle 2 : pas de test mais une quarantaine de 10 jours

Si les personnes ayant fréquenté une personne positive ou revenant d’une zone rouge sans symptômes ne doivent pas subir de test, elles doivent par contre observer une quarantaine de 10 jours. C’est la règle gouvernementale mais cette quarantaine reste néanmoins du ressort du médecin traitant. C’est lui qu’il faut contacter à distance et c’est lui qui fournira l’indispensable certificat de quarantaine qu’il faudra transmettre à son employeur comme on le ferait avec un certificat médical classique.


Coronavirus en Belgique : le récapitulatif de toutes les mesures actuellement en vigueur chez nous contre le Covid-19


Une quarantaine de 10 jours, c’est quoi ? C’est une période pendant laquelle on est censé rester dans un endroit isolé, généralement chez soi, sans sortir sauf en cas de nécessité pour des soins médicaux urgents, pour aller à la pharmacie ou pour faire des courses alimentaires si vraiment personne ne peut le faire à sa place.

Il faut au maximum éviter les contacts avec les autres personnes, y compris celles qui habitent avec soi. Idéalement, il faudrait porter le masque, même avec son mari et ses enfants, ce qui représente un fameux défi.

Certains doutent d’ailleurs du bien-fondé de cette recommandation dans la mesure où les membres de la famille ont souvent eu des relations proches voire intimes avant même que le centre de tracing prévienne qu’il y a un souci et qu’une des personnes doit s’isoler.

Mais retenons que la règle de base est de limiter les contacts surtout à l’extérieur du domicile.

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Règle 3 : le travail continue mais à domicile quand c’est possible

A priori, la quarantaine n’interrompt pas le travail, il peut continuer puisque la personne suspecte n’est pas malade mais cela doit se faire via le télétravail quand c’est faisable. Sinon, à moins que l’entreprise prenne le congé en charge, c’est le chômage temporaire qui s’applique, avec une inévitable réduction de salaire puisque le travailleur ne touchera que 65% de son salaire brut avec un plafond de 2750 euros.

Si l’entreprise est reconnue comme victime du coronavirus, l’indemnité monte à 70% du salaire brut et s’y ajoute une prime de 5,63 euros par jour. La durée de l’absence est théoriquement de 10 jours à partir du jour du contact suspect ou du retour de voyage mais le médecin peut évidemment adapter cette période en fonction de l’individu ou de la situation.

Règle 4 : les tests sont réservés aux publics prioritaires

Si on décourage les personnes asymptomatiques de faire un test, c’est pour désengorger les centres de prélèvement et les labos mais c’est aussi pour laisser la priorité à d’autres catégories de personnes qui en ont vraiment besoin à savoir les personnes malades bien sûr, mais aussi le personnel des hôpitaux et des maisons de repos ainsi que les personnes fragiles et âgées de plus de 65 ans qui représentent la cible la plus vulnérable du Covid19. Sont aussi considérés comme prioritaires les institutions qui ont ce qu’on appelle un foyer infectieux, c’est-à-dire au moins deux cas positifs, par exemple une école ou un home.

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Règle 5 : candidats au voyage, bonne chance !

On l’a dit et répété, les voyageurs qui reviennent de zones rouges ne doivent pas se faire tester s’ils ne sont pas souffrants. Mais quid de ceux qui veulent partir ? Certains pays comme la Grèce et l’Italie exigent que les candidats au voyage produisent un test négatif pour embarquer ou débarquer d’un avion. Ils ne sont évidemment pas prioritaires mais bien qu’ils soient asymptomatiques, ils doivent quand même subir un test, à moins de renoncer à leur voyage. Pour eux, c’est le royaume de la débrouille. L’aventure du voyage commence par la recherche d’un centre disponible et surtout capable de garantir un résultat en moins de 72 

heures, le délai habituellement exigé par les destinations qui se méfient des visiteurs belges. Cela dit, des récits circulent qui racontent comment des touristes ont remué ciel et terre pour dénicher ce test faisant figure de passeport pour le soleil mais qui n’ont jamais dû exhiber le document ni au départ ni à l’arrivée de l’avion, ce qui est pour le moins démobilisateur.

Règle 6 : augmenter la capacité de testing

Depuis le début de la crise, médecins, scientifiques et politiques insistent sur la nécessité de tester les pans les plus larges de la population pour mesurer la progression du virus, le localiser, le combattre et protéger les plus vulnérables. Or, plus de 7 mois après le déclenchement de l’alerte, nous manquons toujours de moyens pour traiter le nombre de tests nécessaires.

On ne reviendra pas sur l’annulation cet été d’une importante commande de machines à tester par un fonctionnaire zélé des Finances, regardons plutôt vers l’avenir. Il y a deux raisons d’espérer. Quatre nouveaux centres de test vont ouvrir ces prochains jours en Wallonie (Namur, Ottignies, Charleroi et Andenne) et d’autres devraient suivre.

Et puis, des méthodes alternatives pointent le nez à l’horizon, notamment ces tests salivaires développés à Liège. Recalés temporairement par le ministre fédéral de la Santé pour manque de fiabilité et difficulté de les inscrire dans la logistique du système actuel mais ils pourraient bien revenir sur le devant de la scène si la crise se poursuit et que la situation exige toujours plus de testing. Personne ne le souhaite bien sûr mais ce virus nous a déjà appris à ne pas l’enterrer trop vite…

 

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