Coronavirus en Belgique : pour se réinventer, le livre se délivre par téléphone ou email

Ce jeudi 16 avril, nous faisons un petit détour par le monde du livre et les librairies. Confinement oblige, elles sont fermées, mais certaines d’entre elles travaillent encore sur commande, par téléphone ou bien encore par e-mail.

Commandes préparées en librairie avant d’être envoyées par livreurs, ou bpost. Classique donc. Ce qui l’est moins, c’est la période. Ça n’aura échappé à personne, puisque le concurrent de nos libraires, l’épouvantail Amazon, a suspendu la vente de livres papier, pas les e-books.

Pour le patron de la librairie Filigranes à Bruxelles, Marc Filipson, c’est une excellente nouvelle. "Depuis le début du confinement, Amazon a principalement travaillé sur ses stocks, puisque la plupart des éditeurs ont fermé leurs plateformes. Je ne sais pas si vous le savez, mais je crois que ça va faire au moins deux semaines qu’Amazon a dit qu’ils arrêtaient de fournir les livres. Ils arrêtent de fournir les livres non pas pour gagner du temps ou pour économiser de l’argent, mais parce qu’ils n’ont pas le stock. Ils n’ont donc plus pu répondre à leur merveilleuse communication, livré dans les 24 heures, etc. Pour nous, ce n’est donc que du bon. Ils ne sont donc pas infaillibles".

Pas infaillibles, encore faut-il que nos libraires soient capables de proposer une offre alternative, raison pour laquelle Marc Filipson a avancé de plusieurs mois le lancement de sa plateforme de commerce en ligne, avec un millier de références.

Pour Marc Filipson "ce sont des références qui ont été collectées une à une, ce ne sont quasi que des coups de cœur libraires, avec des résumés, quelques capsules – je crois qu’il y a à peu près 300 capsules face caméra qui expliquent les bouquins et les coups de cœur. Et pour le reste, nous proposons une permanence téléphonique entre 12 heures et 17 heures avec des vrais libraires qui répondent aux demandes des clients, qui conseillent et qui leur conseillent un autre livre s’ils n’ont pas le livre qu’ils voulaient principalement pour leurs enfants, puisque beaucoup de parents veulent faire lire les enfants. La bande dessinée cartonne, et les mangas par-dessus tout".

L’objectif est de basculer sur le site de vente en ligne les 180.000 références de la librairie.

Une boutique en ligne permet aux libraires de compenser cette fermeture ou pas ?

Filigranes réalise 10 à 15% de son chiffre d’affaires habituel avec ce système. C’est mieux que rien, évidemment, et c’est d’ailleurs parce que c’est mieux que rien qu’une série d’autres libraires à Bruxelles et en Wallonie proposent eux aussi un service de commande et de livraison de livres, alors que le Syndicat des libraires francophones de Belgique, coprésidé par Yves Limauge, recommande, lui, de fermer boutique totalement pour des raisons sanitaires. "On doit protéger non seulement nos employés, nos clients et les livreurs. Au mieux on respectera ces mesures de confinement, au plus vite on pourra rouvrir nos librairies. Alors, oui, ça va bien entendu poser des problèmes de trésorerie, comme tous les commerces qui doivent fermer. Maintenant, on a des aides de nos fournisseurs avec des reports d’échéances, on a pu mettre nos employés au chômage temporaire".

Pour Marc Filipson, par contre "c’est totalement inconscient de dire, surtout ne cherchez pas à vous débrouiller pour rentrer de l’argent ".

Deux libraires, oui, mais aussi deux manières très différentes d’aborder les défis du confinement.

 

 

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