Coronavirus en Belgique : pour protester contre leur fermeture, les coiffeurs se mettent "à poil"

Des coiffeurs dans leur plus simple appareil fleurissent sur les réseaux sociaux français et belges depuis une semaine, accompagnés du hashtag #coiffeuràpoil. Une manière de réagir à ce qu’ils considèrent comme une injustice : le secteur de la coiffure n’est pas considéré comme non-essentiel, les salons sont donc toujours fermés. "Quitte à être mis à poil par l’Etat, je préfère le faire moi-même", déclare un coiffeur sur Facebook.

Parti du Havre, le mouvement a traversé la frontière, par le biais d’Eric Polain, coiffeur à Juprelle en région liégeoise. "Ce n’est pas de la nudité gratuite, explique-t-il. On fait un appel aux collègues qui se sentent comme nous, un peu mis à poil pour le moment par le fait de ne pas pouvoir travailler et d’être un petit peu dans cette incertitude. On a un petit peu du mal à digérer le fait d’être pris comme non-essentiel."


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Même son de cloche du côté de Tanina Dell’Utri, coiffeuse à Seraing. "Pour énormément de clientes, on est quasi-thérapeute, on est amies, très proches, raconte-t-elle. On est vraiment conscients que le covid est là, mais nous, on est là pour soutenir aussi ces gens." Et la coiffeuse de rappeler que parmi les clients, il y a notamment des personnes qui ont perdu des êtres chers, ou des soignants, qui peuvent trouver un peu de réconfort au salon. "Ils n’arrêtent pas de nous envoyer des messages dans ce sens-là : 'vous êtes essentiels à nos yeux', abonde Eric Polain. On a l’impression d’être un peu plus qu’un simple coupeur de cheveux."

Dans le cas d’Eric Polain, si son salon ne rouvre pas ses portes pour la période des fêtes, ce sera tout simplement la catastrophe. Il espère pouvoir rouvrir pour les deux dernières semaines de l’année. Le mouvement s’est d’ailleurs lancé dans un contexte particulièrement tragique, après le suicide d’Alysson Jadin, une jeune barbière liégeoise, qui avait tout perdu à cause du confinement.

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