Coronavirus en Belgique : pour Marius Gilbert, "si la responsabilité individuelle ne fonctionne pas, il y aura des mesures plus strictes"

Depuis plusieurs jours voire semaines, les chiffres du coronavirus augmentent en Belgique. Certaines zones du pays, notamment Anvers, sont particulièrement touchées. Mais la plupart des virologues et des experts pointent un relâchement du côté de la population, notamment plus jeune, qui semble moins enclin à adopter les gestes barrières et les mesures de sécurité au quotidien.

D’ailleurs, selon l’institut Sciensano c’est particulièrement la population active entre 20 et 60 ans qui est actuellement à l’origine du rebond de l’épidémie en Belgique. Et depuis deux semaines, ce sont les 20-30 qui sont particulièrement touchés. Les autorités cherchent à pouvoir informer directement cette population qui ne se retrouve pas forcément sur les canaux de communication traditionnels.


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Ce lundi, on compte 187 nouveaux cas, une moyenne de 154 cas par jour soit une hausse de 66% par rapport à la semaine précédente.

D’autant que, comme l’explique l’épidémiologiste, Marius Gilbert, si effectivement certaines parties du pays sont particulièrement touchées, l’augmentation des cas concerne toutes les régions.

Les politiques aussi tirent la sonnette d’alarme. Ils sont exprimés au cours du conseil de concertation de ce dimanche à ce sujet.

Et pour certains experts, si nous continuons comme ça, un reconfinement ne pourra pas être évité. C’est aussi ce qu’estime Marius Gilbert, en charge de l’exit strategy (le GEES).

On se donne quelques jours

Pour l’épidémiologiste, "le dispositif fait appel à la responsabilité des uns et des autres". Mais, dit-il, si les gens ne prennent pas dès maintenant leur responsabilité "des mesures plus réglementaires" pourront être adoptées. Cela pourra être la fermeture des cafés ou des restaurants plus tôt, "un nombre maximum de personnes de contact" limité, etc.

Surtout, ajoute-t-il, "cela pourrait aller très vite". L’idée aujourd’hui est de voir si "avec une bonne communication et par l’intermédiaire d’un meilleur suivi de contact, on parvient à inverser la tendance", mais si ce n’est pas le cas "on se donne quelques jours, voire une semaine mais on ne va pas attendre fin août pour réagir".

Marius Gilbert en appelle également à la population pour "sensibiliser" ses proches et ses contacts, pour pouvoir réagir au plus vite. Il considère, et "c’est dommage", dit-il, que "la norme s’est complètement déplacée dans les cercles sociaux, on s’embrasse à nouveau, etc. comme s’il n’y avait plus rien. Il faut ramener la norme vers quelque chose de beaucoup plus sûr en matière de transmission".

Le suivi de contact : une clé ?

Par ailleurs, Marius Gilbert explique que le dispositif de suivi de contact est indispensable pour casser les chaînes de contamination. Mais il le rappelle, c’est "un dispositif qui ne peut fonctionner que si tout le monde joue le jeu, que si chacun se dit 'on a une responsabilité collective'". Et d’ajouter, "si on est infecté il faut communiquer les contacts à risque sinon l’ensemble du système ne fonctionne pas".

Vers un vaccin ?

Ce lundi, on apprenait que deux vaccins produisaient une réponse immunitaire très importante. Une bonne nouvelle, surtout dans la mesure où le virus continue de se propager de façon importante à travers le monde. Certes, mais comme le rappelle l’épidémiologiste, "il y a toujours un certain délai entre la phase finale des tests et la commercialisation, on parle de plusieurs mois et en attendant l’épidémie pourrait encore faire des dégâts".

Marius Gilbert analyse les derniers chiffres de l'épidémie de coronavirus (JT du 20/07/2020)

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