Coronavirus en Belgique : "On veut une date de réouverture entre le 1er septembre et le 1er octobre", demande le monde de la nuit

L’événement Club Open Air commence ce soir à Bruxelles. C’est une initiative lancée par la Ville et la Région en collaboration avec le monde de la nuit bruxellois : 11 dates en août et en septembre, en plein air, sur le site de la Cité administrative, pour soutenir les acteurs du monde de la nuit.

Le projet est porté par Brussels by Night, fédération qui regroupe des acteurs du monde de la nuit à Bruxelles. Lorenzo Serra, qui en est le fondateur, était invité ce vendredi sur La Première. Il revient sur ces longs mois de fermeture à cause de la pandémie de coronavirus.

L’idée est de renflouer les caisses

"Il y a donc 11 dates. On a lancé un appel d’offres aux organisateurs de la nuit, clubs et organisateurs de soirées, pour nous proposer un projet. On a reçu 33 propositions et on en a sélectionné 11", précise-t-il.

"L’idée est de renflouer les caisses. Pour les clubs, ce sera une goutte dans un océan. Pour les organisateurs, ça peut évidemment être beaucoup plus. Le montant est évidemment le même, mais c’est clair que proportionnellement, ça représente plus d’argent et ça peut permettre à des organisateurs de refaire un fonds pour booker un artiste, faire un fond de caisse et payer les premières factures au moment où ils pourront enclencher leur première soirée".


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On encadre les risques

Mais pour lui, au-delà des revenus, c’est aussi le signe que les autorités s’intéressent au monde de la nuit, fermé depuis de longs mois à cause de la pandémie de coronavirus.

"C’est très symbolique parce qu’on est soutenus par la Région et par la Ville, donc ça veut dire que ces deux entités ont compris l’importance du secteur de la nuit dans l’écosystème régional. Et donc, oui, ce n’est qu’un début et on espère que ce sera plus qu’un début et qu’on va pouvoir aller plus loin et rouvrir en septembre ou octobre en indoor".

Y a-t-il déjà des perspectives pour le secteur ? "Pour l’instant, non. Ça fait 16 mois qu’on nous mène en bateau. On parlait de considération, c’est clair qu’il y en a très peu, on a très peu parlé de la nuit dans les Codeco et CNS successifs".

Or, pour Lorenzo Serra, le monde "de la nuit" a un rôle essentiel à jouer. "Notre métier est de mettre en fête, mais c’est aussi de prévenir les risques. Tout ce que les gens ne voient pas et ce que le public ne voit pas, c’est qu’on encadre les risques, comme le harcèlement, comme la prise de drogues, comme la surconsommation d’alcool, comme l’accompagnement des gens quand ils rentrent chez eux. Il y a énormément de choses sur lesquelles le monde de la nuit travaille, comme la mobilité nocturne, et peu de gens savent tout ça. Donc, c’est clair qu’on fait partie de la solution, et notamment la solution des contaminations, parce que si on rouvre la nuit avec un certain protocole, on va beaucoup mieux gérer les contaminations auprès d’un public plus jeune".

Pour lui, la solution est lCovid Safe Ticket, le pass sanitaire "à la Belge", qui devrait bientôt entrer en vigueur pour les grands événements.

On veut une date de réouverture

Dans d’autres pays européens, les boîtes de nuit ont déjà rouvert, avec de nombreuses contaminations à la clé. Elles ont déjà dû refermer en Espagne et aux Pays-Bas. Une source d’inquiétude pour le monde de la nuit belge ?

"La problématique, c’est que chaque pays est unique et a son taux de vaccination qui est plus ou moins élevé. Si on prend le cas de l’Espagne, c’est clair que la vaccination est beaucoup moins avancée. […] Je pense qu’il y a eu des défauts, mais on voit bien que l’Angleterre est ouverte aujourd’hui de cette manière, Berlin s’y prépare, donc c’est clair que c’est la solution : la vaccination et le passeport vaccinal, dans une exception temporelle, parce qu’il ne faudrait pas que ça devienne la règle non plus. On ne veut pas rentrer dans une dictature chinoise. C’est donc très clair que nous sommes pour le passeport vaccinal ou le Covid Safe Ticket dans une parenthèse, parce que c’est évident que l’automne et l’hiver qui nous arrivent vont sans doute être une période compliquée et il va falloir apprendre à vivre avec le virus et ne pas courir tous aux abris à chaque fois que quelqu’un éternue".

Le prochain comité de concertation aura lieu fin août, et le monde de la nuit attend maintenant une date. "On veut une perspective, on veut une date entre le 1er septembre et le 1er octobre, parce qu’il y a des dizaines et des centaines de milliers de jeunes qui reviennent, qui vont rentrer à l’université et qui vont vouloir faire la fête. Faire la fête, c’est naturel, c’est un besoin humain".

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