Coronavirus en Belgique: "On va droit dans le mur, le confinement est la seule option qu'il nous reste", prévient Emmanuel André

Emmanuel André : "On est dans une situation où ça déborde"
Emmanuel André : "On est dans une situation où ça déborde" - © Tous droits réservés

Emmanuel André était ce mercredi l’invité du journal télévisé de 13 heures. Le médecin microbiologiste s’est exprimé dans un contexte tendu. Les chiffres de l’épidémie de Coronavirus sont toujours en augmentation et les hôpitaux sont fortement sollicités.

"On s’attend à atteindre la barre de 1000 patients dans les hôpitaux à la fin du mois, 2000 mi-novembre", a en effet déclaré Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, lors de la conférence de presse du centre de crise.

"Aujourd’hui, on doit parler de reconfinement. C’est le seul outil qu’on a devant nous", a prévenu Emmanuel André. Et d’ajouter : "On ne doit plus se poser la question de ce qu’on doit fermer. On doit se poser la question de ce qu’on laisse ouvert."

Pour Emmanuel André, "la marge de manœuvre est très réduite. On doit se focaliser sur le fait de faire fonctionner le système de santé. Il faut permettre à ceux qui travaillent dans les hôpitaux de travailler dans de bonnes conditions". Il s’agit notamment d’organiser comment les soignants vont faire garder leurs enfants, comment le secteur va être soutenu.

"On va droit dans le mur"

L’ancien porte-parole de la lutte contre le Covid-19 enfonce le clou, estimant qu’on "va droit dans le mur". Dès lors, "il reste un tout petit peu d’espace pour faire des choix de société. Quelles sont les choses qu’on autorise moralement comme maintien d’activité ?"

Le constat est là : "C’est beaucoup plus simple de décider parce qu’on a plus le choix. Ce confinement est nécessaire. Il n’a pas encore été nommé par le monde politique. Il est aujourd’hui la seule option qu’il nous reste."

Il y a urgence pour le médecin. Il rappelle que "chaque jour compte" dans la mesure où "un confinement est d’autant plus efficace qu’il est mis en place rapidement".

Pour Emmanuel André, ce qui rend les choses plus graves aujourd’hui, c’est l'"hésitation". Il dénonce "ce temps nécessaire pour convaincre qu’il faut agir. Quand une partie de la population s’est laissée convaincre par des messages qui remettent en question des fondamentaux, ça a un impact sur comment on peut réagir".

La liberté individuelle, de nouveau, s’arrête aujourd’hui.

Emmanuel André alerte aussi sur la situation dans les hôpitaux. "On est dans une situation où ça déborde. Les gens doivent se rendre compte que quand leurs proches seront hospitalisés, la qualité sera amoindrie parce qu’on est déjà très loin", ajoute le spécialiste.

Reste à convaincre la population qui "a eu énormément de mal à jauger où devait se situer son effort personnel, individuel. Il y avait des messages d’espoir".

Le médecin fait cette conclusion : "Chacun doit se rendre compte que personne n’avait envie de cette situation, on aurait peut-être pu l’éviter. On n’a plus le choix. La liberté individuelle, de nouveau, s’arrête aujourd’hui."

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