Coronavirus en Belgique : "On ne contrôle pas suffisamment ce qui est en train de se passer", selon Michel Goldman (ULB)

Les décisions prises ce jeudi par le conseil national de sécurité seront-elles suffisantes pour contenir le Covid-19 ? Pour Michel Goldman, professeur d’immunologie à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), "les mesures prises étaient nécessaires, même indispensables, face à une situation qui devient vraiment préoccupante".

Interviewé dans le journal télévisé de 19h30, Michel Goldman rappelle que la Belgique se trouve "pratiquement au niveau de l’Espagne". Et ce alors que d’autre pays, comme l’Allemagne, s’en sortent beaucoup mieux face au coronavirus.

Selon lui, "la taille des bulles sociales [actuellement fixée à 15 personnes, NDLR] va devoir être reconsidérée [...] Les moments de réunion entre amis et en famille sont des moments à très haut risque de transmission", insiste celui qui est aussi membre de l’Académie royale de médecine.

Mais les citoyens accepteront-ils encore longtemps les règles imposées ? Pour Michel Goldman, "il faut revoir la manière dont on informe la population", aller au-delà des chiffres et expliquer davantage les conséquences d’une recrudescence des contaminations.

"Nous ne savons pas quelles vont être les conséquences à long terme de cette infection"

"Dans plus de la moitié des cas, le virus ne va pas affecter la santé - en tout cas en apparence - de celui qu’il infecte", reconnait-il. Mais les personnes contaminées deviennent "un réservoir d’individus qui vont permettre au virus de survivre et de se multiplier". C’est pourquoi "il est essentiel de repérer ces individus et de les isoler".

Et d’ajouter : "Nous ne savons pas quelles vont être les conséquences à long terme de cette infection, y compris chez les jeunes qui se pensent protégé."

D’où l’intérêt du suivi de contacts. Celui-ci va être renforcé puisque les personnes qui se rendent dans un restaurant ou dans un café devront laisser leurs coordonnées, pendant que les Belges de retour de vacances à l’étranger seront dans l’obligation de remplir un formulaire. Sans oublier la mise en place d’une application "qui arrive tard", estime ce spécialiste.


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Sans se risquer à des prédictions pour les prochaines semaines Michel Goldman se dit "très préoccupé" par la reprise de l’épidémie. "Aujourd’hui, on ne contrôle pas suffisamment ce qui est en train de se passer", affirme-t-il. […] C’est une responsabilité collective. [Pas uniquement] des autorités politiques. Il faut retrouver la situation du confinement où chacun comprenait qu’il devait faire preuve de solidarité et contribuer à la lutte contre le virus."

Le défi est de taille, d’autant que contrairement aux mois de mars et avril, "on voit beaucoup moins la maldie, on ne voit plus ces images dramatiques dans les hôpitaux, cela explique pourquoi la population veut passer à autre chose et se pose des questions sur la nécessité de toutes ces mesures dans un climat général où il y a une certaine défiance."

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