Coronavirus en Belgique : "Nous sommes en phase finale de l’épidémie mais ça ne veut pas dire que c’est la fin", indique Yves Van Laethem

Après une pause estivale, ce mardi, les experts du centre interfédéral de crise, Yves Van Laethem, et la task force vaccination, avec Sabine Stordeur, tiennent un point presse à la veille de la rentrée. Objectif : faire le point sur la situation épidémiologique dans le pays alors que les retours de vacances commencent à s’achever et que la rentrée scolaire et au travail constituent des moments critiques pour les autorités dans la lutte contre la propagation du virus.

Pour l’heure, si la Belgique a connu un léger regain de l’épidémie ces dernières semaines, les courbes tendent à se stabiliser.

Ainsi, il semble que l’on se dirige vers un plateau. Par ailleurs, ce regain de l’épidémie, prévisible en raison d’une plus grande mobilité de la population et d’une reprise des activités sociales, a été gardé sous contrôle. Au cours des dernières semaines, "nous avons connu une augmentation lente et continue" des courbes de l’épidémie. Cependant, "et ça, c’est un point favorable, depuis peu le nombre de contaminations s’est stabilisé autour de 2000 par jours et le nombre des hospitalisations s’est stabilisé autour des 60 par jour", pointe Yves Van Laethem.

Cependant, la situation est très diverse lorsque l’on y regarde de plus près. A Bruxelles, où la vaccination est à la traîne, la situation épidémiologique y est bien moins bonne qu’en Flandre ou encore qu’en Wallonie. Pour Yves Van Laethem, "après un an et demi, nous sommes en phase finale de l’épidémie mais cela ne signifie pas que c’est fini, la pandémie est encore présente".

A la veille de la rentrée scolaire, quelles sont les précautions nécessaires pour éviter une quatrième vague alors que le variant Delta est largement dominant, voire monopolistique en Belgique ?

Contaminations principalement chez les enfants

Il faut dire que l’un des points qui pourrait faire craindre un regain de l’épidémie est le fait que la plupart des contaminations ont lieu chez les enfants et les jeunes adultes. Actuellement "20% des contaminations ont lieu chez les enfants de moins de 10 ans", indique le porte-parole du centre interfédéral de crise. "Dans ce même groupe d’âge, le nombre de tests positifs s’élève à 11,3% alors qu’il est de 5,4% pour le reste de la population. C’est un chiffre élevé", indique le porte-parole du centre de crise.

Et d’ajouter, "il faut donc s’attendre à des risques de transmissions sur les bancs de l’école qui vont être à nouveau fréquentés par nos enfants. Il est donc important de rappeler que les différentes activités doivent être organisées soit dans des lieux bien ventilés soit de préférence à l’extérieur". Il faudra donc respecter au maximum les bulles de classes, insiste Yves Van Laethem.

Disparités importantes entre les Régions

Si la situation n’est pas catastrophique ni alarmante, on observe cependant d’importantes différences entre les Régions. Il y a 674 personnes dans nos hôpitaux dont 200 en soins intensifs. En effet, "la situation dans les hôpitaux n’est pas problématique, d’autant que l’on compte la majorité des cas de contaminations chez les jeunes, qui sont moins sujets aux hospitalisations". Et d’ajouter, "c’est une chance, dans notre pays, la plupart des personnes âgées ou avec des comorbidités sont entièrement vaccinées".


►►► A lire aussi : Coronavirus : les indicateurs de l’épidémie se stabilisent mais la situation à Bruxelles ne s’améliore pas


Oui mais voilà, cela fait plusieurs semaines déjà que les indicateurs montrent que tant pour les contaminations et les hospitalisations que pour ce qui est de la vaccination, la situation dans la capitale est loin d’être optimale. "Un quart des nouvelles admissions du pays se trouvent à Bruxelles et un tiers de tous les patients Covid en soins intensifs se trouvent à Bruxelles. On sait que Bruxelles a beaucoup d’hôpitaux, cela biaise partiellement les résultats mais cela montre qu’il y a une quantité disproportionnée de patients Covid avec des formes sévères à Bruxelles. Cela entraîne une occupation de 25% du total des lits de soins intensifs bruxellois et cela reflète plus que probablement les différences de proportion de vaccination qu’il y a entre les différentes parties du pays".

Quant à la situation des décès, il y a environ 6 décès par jour actuellement. C’est une augmentation par rapport au mois de juillet. Mais cela reste relativement limité, notamment lorsqu’on compare aux autres pays. "9/10 des décès sont chez des personnes de plus de 75 ans et peu viennent des maisons de repos", précise Yves Van Latethem.

Quid de la rentrée ? Peut-on éviter une quatrième vague ?

On le sait, nous l’avons déjà expérimenté au cours de la précédente rentrée, cette période de retour de vacances, de reprises des activités après une période de relâchement et alors que l’automne va rapidement pointer le bout de son nez nous conduisant à privilégier les activités intérieures, tout cela constitue une période tendue pour pouvoir éviter une nouvelle vague de contaminations. Un crash test aussi pour nous permettre de vivre avec le virus.

C’est pourquoi, indique le centre de crise, le maintien de certains gestes barrières et de la vigilance dans nos comportements doivent être maintenus.

Une nouvelle vague est possible

Ce mardi, Yves Van Laethem a présenté des modèles qui indiquent ce qu’une reprise de nos contacts à risque pourrait donner. Certes, "les modèles ont leurs limites". Néanmoins, les modèles à court terme, "nous montrent que la remise en place des structures sociales au niveau des écoles et du travail devrait entraîner dans les semaines qui viennent une augmentation des contaminations et des hospitalisations. D’autant plus à Bruxelles qu’en Wallonie et qu’en Flandre où on pourrait se retrouver face à une stabilisation. Cette différence est à trouver, encore une fois, dans les différences des taux de vaccinations. Dans ce contexte une nouvelle vague est possible".

Alors à quoi peut-on s’attendre d’ici à l’automne prochain ? Eh bien cela dépendra de nos comportements et de "la manière dont nous allons gérer la situation de la reprise de l’activité et donc de la reprise d’un certain nombre de contacts sociaux et contacts à risque", précise Yves Van Laethem.

Pour ce dernier, c’est précisément là-dessus que nous pouvons agir : "Si nous augmentons de 50% nos contacts à risque en septembre par rapport à l’été on pourrait avoir une augmentation des admissions qui atteindrait jusqu’à 400 admissions par jour. On pourrait avoir une augmentation des hospitalisations en soins intensifs qui pourrait attendre ou dépasser les 1000 patients en octobre ou novembre. Si c’était le cas, ce serait une vague. Et qui toucherait principalement les zones moins vaccinées comme Bruxelles".

Alors, bien sûr, avec la rentrée et la reprise des activités, l’augmentation de nos contacts est inévitable. Mais si nous parvenons à maîtriser cette augmentation, en évitant de multiplier les contacts, cela pourrait avoir un impact. Par exemple, si au lieu d’une augmentation de 50%, nous augmentons de 30% nos contacts sociaux "nous aurions une diminution de 50% de ces chiffres impressionnants", pointe Yves Van Laethem. Autrement dit, nous pourrions nous attendre à 200 admissions par jour à l’hôpital, environ et moins de 500 personnes en soins intensifs.

Ainsi, plaide le porte-parole du centre de crise, c’est la différence dans nos comportements sociaux qui pourra faire une différence sur une éventuelle quatrième vague au cours de l’automne.

Extrait de notre 13h:

Ainsi, il semble que l’on se dirige vers un plateau. Par ailleurs, ce regain de l’épidémie, prévisible en raison d’une plus grande mobilité de la population et d’une reprise des activités sociales, a été gardé sous contrôle. Au cours des dernières semaines, "nous avons connu une augmentation lente et continue" des courbes de l’épidémie. Cependant, "et ça, c’est un point favorable, depuis peu le nombre de contaminations s’est stabilisé autour de 2000 par jours et le nombre des hospitalisations s’est stabilisé autour des 60 par jour", pointe Yves Van Laethem.

Cependant, la situation est très diverse lorsque l’on y regarde de plus près. A Bruxelles, où la vaccination est à la traîne, la situation épidémiologique y est bien moins bonne qu’en Flandre ou encore qu’en Wallonie. Pour Yves Van Laethem, "après un an et demi, nous sommes en phase finale de l’épidémie mais cela ne signifie pas que c’est fini, la pandémie est encore présente".

A la veille de la rentrée scolaire, quelles sont les précautions nécessaires pour éviter une quatrième vague alors que le variant Delta est largement dominant, voire monopolistique en Belgique ?

Contaminations principalement chez les enfants

Il faut dire que l’un des points qui pourrait faire craindre un regain de l’épidémie est le fait que la plupart des contaminations ont lieu chez les enfants et les jeunes adultes. Actuellement "20% des contaminations ont lieu chez les enfants de moins de 10 ans", indique le porte-parole du centre interfédéral de crise. "Dans ce même groupe d’âge, le nombre de tests positifs s’élève à 11,3% alors qu’il est de 5,4% pour le reste de la population. C’est un chiffre élevé", indique le porte-parole du centre de crise.

Et d’ajouter, "il faut donc s’attendre à des risques de transmissions sur les bancs de l’école qui vont être à nouveau fréquentés par nos enfants. Il est donc important de rappeler que les différentes activités doivent être organisées soit dans des lieux bien ventilés soit de préférence à l’extérieur". Il faudra donc respecter au maximum les bulles de classes, insiste Yves Van Laethem.

Disparités importantes entre les Régions

Si la situation n’est pas catastrophique ni alarmante, on observe cependant d’importantes différences entre les Régions. Il y a 674 personnes dans nos hôpitaux dont 200 en soins intensifs. En effet, "la situation dans les hôpitaux n’est pas problématique, d’autant que l’on compte la majorité des cas de contaminations chez les jeunes, qui sont moins sujets aux hospitalisations". Et d’ajouter, "c’est une chance, dans notre pays, la plupart des personnes âgées ou avec des comorbidités sont entièrement vaccinées".


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Oui mais voilà, cela fait plusieurs semaines déjà que les indicateurs montrent que tant pour les contaminations et les hospitalisations que pour ce qui est de la vaccination, la situation dans la capitale est loin d’être optimale. "Un quart des nouvelles admissions du pays se trouvent à Bruxelles et un tiers de tous les patients Covid en soins intensifs se trouvent à Bruxelles. On sait que Bruxelles a beaucoup d’hôpitaux, cela biaise partiellement les résultats mais cela montre qu’il y a une quantité disproportionnée de patients Covid avec des formes sévères à Bruxelles. Cela entraîne une occupation de 25% du total des lits de soins intensifs bruxellois et cela reflète plus que probablement les différences de proportion de vaccination qu’il y a entre les différentes parties du pays".

Quant à la situation des décès, il y a environ 6 décès par jour actuellement. C’est une augmentation par rapport au mois de juillet. Mais cela reste relativement limité, notamment lorsqu’on compare aux autres pays. "9/10 des décès sont chez des personnes de plus de 75 ans et peu viennent des maisons de repos", précise Yves Van Latethem.

Quid de la rentrée ? Peut-on éviter une quatrième vague ?

On le sait, nous l’avons déjà expérimenté au cours de la précédente rentrée, cette période de retour de vacances, de reprises des activités après une période de relâchement et alors que l’automne va rapidement pointer le bout de son nez nous conduisant à privilégier les activités intérieures, tout cela constitue une période tendue pour pouvoir éviter une nouvelle vague de contaminations. Un crash test aussi pour nous permettre de vivre avec le virus.

C’est pourquoi, indique le centre de crise, le maintien de certains gestes barrières et de la vigilance dans nos comportements doivent être maintenus.

Une nouvelle vague est possible

Ce mardi, Yves Van Laethem a présenté des modèles qui indiquent ce qu’une reprise de nos contacts à risque pourrait donner. Certes, "les modèles ont leurs limites". Néanmoins, les modèles à court terme, "nous montrent que la remise en place des structures sociales au niveau des écoles et du travail devrait entraîner dans les semaines qui viennent une augmentation des contaminations et des hospitalisations. D’autant plus à Bruxelles qu’en Wallonie et qu’en Flandre où on pourrait se retrouver face à une stabilisation. Cette différence est à trouver, encore une fois, dans les différences des taux de vaccinations. Dans ce contexte une nouvelle vague est possible".

Alors à quoi peut-on s’attendre d’ici à l’automne prochain ? Eh bien cela dépendra de nos comportements et de "la manière dont nous allons gérer la situation de la reprise de l’activité et donc de la reprise d’un certain nombre de contacts sociaux et contacts à risque", précise Yves Van Laethem.

Pour ce dernier, c’est précisément là-dessus que nous pouvons agir : "Si nous augmentons de 50% nos contacts à risque en septembre par rapport à l’été on pourrait avoir une augmentation des admissions qui atteindrait jusqu’à 400 admissions par jour. On pourrait avoir une augmentation des hospitalisations en soins intensifs qui pourrait attendre ou dépasser les 1000 patients en octobre ou novembre. Si c’était le cas, ce serait une vague. Et qui toucherait principalement les zones moins vaccinées comme Bruxelles".

Alors, bien sûr, avec la rentrée et la reprise des activités, l’augmentation de nos contacts est inévitable. Mais si nous parvenons à maîtriser cette augmentation, en évitant de multiplier les contacts, cela pourrait avoir un impact. Par exemple, si au lieu d’une augmentation de 50%, nous augmentons de 30% nos contacts sociaux "nous aurions une diminution de 50% de ces chiffres impressionnants", pointe Yves Van Laethem. Autrement dit, nous pourrions nous attendre à 200 admissions par jour à l’hôpital, environ et moins de 500 personnes en soins intensifs.

Ainsi, plaide le porte-parole du centre de crise, c’est la différence dans nos comportements sociaux qui pourra faire une différence sur une éventuelle quatrième vague au cours de l’automne.

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Modèle court terme pour les hospitalisations © D.R.
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Modèle court terme patients en soins intensifs © DR
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Modèle court terme pour les contaminations © D.R.

A cet égard, il rappelle donc la nécessité de conserver nos comportements de vigilance. "La prudence et l’application des mesures déjà connues feront la différence et empêcheront la saturation des hôpitaux", déclare-t-il.

  • Privilégier les activités en extérieur
  • "Ventilation, ventilation, ventilation", martèle Yves Van Laethem : notamment dans l’Horeca, les écoles, les lieux de travail. Il faut ouvrir les fenêtres ou utiliser des détecteurs de CO2.
  • Profiter du fait que l’on puisse se faire tester : soit nous-même soit en pharmacie dès que l’on a un doute.
  • Les masques ne vont pas disparaître. Penser à le porter dès que l’on sent une situation potentiellement problématique, "cela peut faire la différence".
  • "Globalement la vaccination reste la seule solution pour sortir de cette situation, même face au variant Delta, il a une bonne protection pour les formes graves. Si on regarde les personnes entièrement vaccinées qui sont hospitalisées se sont des personnes âgées en moyenne de 82 ans. Un chiffre qui tombe à 64 ans pour les personnes non vaccinées", précise Yves Van Laethem.
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