Coronavirus en Belgique : Moderna, la start-up au cœur de la stratégie de vaccination

Les actions Moderna se sont envollées en Bourse.
Les actions Moderna se sont envollées en Bourse. - © DAMIR SENCAR - AFP

Les 1000 premières doses du vaccin contre le coronavirus de la société Moderna sont arrivées ce vendredi à l’hôpital Middelheim d’Anvers. La campagne commence ce lundi avec la vaccination en priorité du personnel des unités Covid, de soins intensifs et des urgences de cet hôpital.

Pour la phase pilote, quatre hôpitaux ont chacun reçu 1000 doses, dont le site d’Ixelles des hôpitaux Iris-Sud. Après évaluation, il sera décidé la semaine prochaine si 1000 doses seront à leur tour fournies à quatre autres établissements.

Les livraisons de Moderna vont s’accroître au fur et à mesure pour atteindre 13.000 doses dans deux semaines et 31.000 deux semaines plus tard, assure Dirk Ramaekers. La Belgique a commandé 2 millions de doses du vaccin Moderna.

Moderna, ma petite entreprise…

Basée dans le Massachusetts, Moderna est une start-up du secteur "biotech" fondée en 2010 pour développer des recherches dans le domaine médical. La technologie-phare de l’entreprise développée durant ces dernières années consiste à utiliser un ARN messager (ARNm) pour déclencher les processus naturels du corps et induire la production de protéines à l’intérieur même des cellules humaines.


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Stéphane Bancel, un parcours sans faute dans le secteur pharma

A la tête de la société, on trouve le français Stéphane Bancel, diplômé en génie chimique et biomoléculaire. Après avoir dirigé le département marketing et vente chez Biomérieux, il a rejoint le groupe américain Eli Lilly début des années 2000.

C’est en 2011, au terme d’un nouveau passage chez Biomérieux, que Stéphane Bancel prendra la direction de la société Moderna. A ses côtés, on trouve un investisseur d’origine libano-arménienne, Noubar Afeyan, devenu citoyen américain et qui dirige un fond d’investissement "Flagship Ventures", spécialisé dans les biotechnologies.

Dans l’une des rares interviews accordées en avril 2020 lors de la première vague du Covid, Stéphane Bancel s’adressait aux anciens de son école parisienne, l’Ecole Sainte Geneviève de Paris, en prédisant ce qui allait se passer quelques mois plus tard : "Tant qu’on n’aura pas de vaccin pour la population, qui sera au plus tôt en 2021, la pandémie va durer et il y aura des périodes de reprise de cas, sans doute l’hiver prochain […] Tant qu’on n’a pas de vaccin, le virus ne va pas disparaître donc il va falloir commencer à s’habituer à vivre avec. C’est un virus qui va rester avec l’être humain toute la vie".

Une start-up dans la cour des grands

En moins d’un an la crise du coronavirus aura propulsé le cours de bourse de Moderna d’un peu plus de 20 dollars à 130 dollars avec un pic à 160 dollars par action au moment en décembre dernier où l’agréation de leur vaccin ARN était en passe d’être approuvée en procédure d’urgence par l’administration américaine. Les Européens ont suivi un mois plus tard. Pour les neuf premiers mois de 2020, le chiffre d’affaires de Moderna atteignait 232,7 millions de dollars contre 46 millions l’année d’avant, selon les données du groupe. Et les prévisions de Bloomberg pour les deux années qui viennent se chiffrent en milliards de dollars…

Pfizer et Moderna, même approche thérapeutique mais des différences

La technologie des deux vaccins est la même. Il s’agit de l’ARN (acide ribonucléique) messager. Une technologie étudiée depuis deux décennies, notamment à propos d’autres coronavirus comme le SARS ou le MERS. L’ARN est présent naturellement dans le virus.

La protéine Spike est la clé qui permet au SARS-CoV-2 de pénétrer dans nos cellules. Elle est en outre l’une des cibles de notre système immunitaire face à l’infection, et celle de vaccins actuellement en développement. Les scientifiques sont capables de fabriquer de façon synthétique dans des laboratoires l’ARN qui "code" pour la protéine "spike" du virus. Cet ARN messager sert donc de plan de construction, pour indiquer à nos cellules comment fabriquer elles-mêmes la protéine Spike du virus, qui, reconnue par notre système immunitaire comme un corps étranger, va provoquer une réaction de défense.


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Les dosages des deux vaccins ne sont pas les mêmes. Le vaccin Moderna comporte des doses d’ARNm plus de 3 fois plus fortes : 100 mcg (microgramme, soit 1/1.000.000e de gramme) contenues dans un volume de 0,5 ml, contre 30 mcg contenus dans une dose de 0,3 ml après dilution, pour le vaccin Pfizer.
Les deux types de vaccins exigent deux dosages, donnés à 21 jours d’écart pour Pfizer, 4 semaines pour Moderna.

Les conditions de température au cœur de la compétitivité des deux vaccins

La conservation des deux vaccins requiert des températures basses différentes ce qui a des conséquences sur la logistique de vaccination : le vaccin de Moderna doit être stocké entre -25 et -15 degrés Celsius. Il peut ensuite être conservé 30 jours au frigo entre 2 et 8 degrés. Le vaccin de Pfizer doit être stocké à une température bien plus basse, entre -80 et -60 degrés. Il peut ensuite être décongelé et conservé 5 jours à une température de maximum 8 degrés. Cette spécificité du vaccin de Pfizer le rend peu adapté à certaines formes d’environnement vu la logistique de transport à mettre en œuvre. Pfizer annonce travailler avec ses équipes pour permettre à terme de pouvoir transporter son vaccin à des températures plus élevées.

Clé de l'info: Les différences entre les vaccins Moderna et Pfizer (JT 06/01/2021)

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